Texte libre

                                

« Il n’arrive pas fréquemment qu’on puisse dire : "Si je n’avais pas vu cela, je ne l’aurais pas cru". Cette impression, on l’éprouve en Chine ; elle incite à témoigner. »

(Alain Peyrefitte, Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera)

         

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Vendredi 8 juin 2007

Ce lundi, la rubrique économique du Temps publiait une analyse très pertinente de Charles Wyplosz, professeur à l’Institut de Hautes Etudes Internationales (IUHEI) sur le taux de change du renminbi et le danger qu’il représente pour la stabilité du dollar. On y apprend notamment que :

 

-          Il est possible que la « manipulation » du taux de change du renminbi par la Chine soit une cause de la chute du dollar, mais ce n’en est aucun cas la cause principale (qui est à chercher dans la gestion étasunienne elle-même) ; la Chine est ici une fois de plus utilisée comme bouc émissaire par le gouvernement américain et ses agents à la Bourse.

 

-          En réponse aux réformes protectionnistes prises par Pékin, Washington ne trouve rien de mieux pour réagir et se protéger que... imposer de nouveaux droits de douane ! Ce qui montre encore une fois que les chantres de l’ultralibéralisme sont assez malins pour prôner leur idéologie économique dans le monde entier mais pas assez fous pour l’appliquer réellement chez eux lorsqu’ils sont au pouvoir...

 

-          Des réaction en chaîne dans plusieurs pays du monde en direction d’une intervention plus grande des Etats sur les marchés, c’est aussi ça la nouvelle révolution chinoise – et les travailleurs américains peuvent dire merci.

 

-          Une consommation élevée semblait être la recette miracle de la prospérité dans la logique libérale (cette consommation qui semblait être le point faible de la Chine où le mentalité de l’épargne était trop profondément ancré dans les habitudes de la population) mais elle pourrait s’avérer, du côté américain,  un des facteurs qui perdra le dollar, comme quoi une remise en question de nos certitudes s’impose...

 

-          Comme le relève M. Wyplosz, la croissance chinoise a permis de sortir de la misère de centaines de millions de personnes et c’est un fait unique dans l’histoire, mais n’oublions pas tout de même (et il le relève aussi) que la formidable épargne chinoise n’a été possible que grâce (à cause plutôt) à un manque sérieux dans le domaine des services sociaux ; là aussi certaines réformes s’imposent-

 

« Après avoir été maintenu rigoureusement accrochée au dollar, la devise chinoise, le renminbi, a été «libérée» en juillet 2005. Libération est un grand mot pour un taux de change qui reste sous l'œil vigilant des autorités chinoises, dont on sait qu'elles savent exercer un contrôle lorsqu'elles le souhaitent. Réévalué de 2% lors de sa libération, le renminbi est désormais fixé vis-à-vis d'un panier de monnaies, dont la composition est un secret d'Etat. Par rapport au dollar, il s'est apprécié de 6%, en deux ans.


A Washington, on s'étrangle de rage. Les Etats-Unis, il est vrai, connaissent un déficit externe impressionnant. Pendant le même temps, la Chine est dans la situation inverse : son compte courant est très largement positif et semble prospérer au fil du temps. Le parallélisme entre ces deux situations est irrésistible pour les parlementaires américains qui ont décidé que c'est la Chine qui est la cause du déficit américain. Leur raisonnement est limpide : un pays qui a un déficit externe voit sa devise se déprécier, c'est ce qui arrive au dollar, donc un pays qui a un surplus devrait voir sa devise s'apprécier. Or non seulement le renminbi ne bouge pas vraiment par rapport au dollar mais il accompagne ce dernier dans sa chute. La conclusion est évidente : la Chine manipule son taux de change. [...] L'affaire est entendue. La Chine pratique une politique de sous-estimation systématique pour se donner un avantage compétitif inexpugnable et venir concurrencer les producteurs américains et autres à des prix irrésistiblement bas. La solution est évidente : le Congrès se prépare à imposer des droits de douane conséquents pour rétablir une concurrence supportable.  [...]


Tout ceci ressemble furieusement à une farce, et c'en est une. Côté américain, le dollar baisse depuis quatre ans, mais auparavant il montait, malgré un déficit persistant. Le déficit américain date de l'arrivée de Bush à la Maison-Blanche et résulte avant tout d'un effondrement de l'épargne des ménages dont la soif de consommation n'a d'égal que les dépenses militaires de l'administration, lutte contre le terrorisme oblige. La Chine peut être un excellent bouc émissaire, comme le fut le Japon dans les années 1980 lorsque Reagan avait déjà admirablement creusé le déficit externe, mais on ne voit pas ce qu'une appréciation du renminbi peut faire.


Côté chinois, le renminbi est à l'évidence contrôlé, et l'idée de prendre le moindre risque compétitif en le laissant s'apprécier librement est totalement exclue. Les petits changements sont destinés à donner des arguments aux diplomates, pas à changer la situation. La vraie source du surplus chinois et de l'accumulation de réserves est symétrique de la source du déficit américain : collectivement, les Chinois épargnent près de la moitié de leurs revenus. Parce qu'ils n'ont ni assurance chômage, ni assurance maladie, ni caisses de pension. Leurs revenus ont beau avoir augmenté de près de 10% par an depuis près de vingt ans, ils ont de bonnes raisons de mettre une bonne part de leur nouvelle richesse de côté. [...]


Une appréciation du renminbi ou l'imposition par les Etats-Unis de droits de douane ne changera rien à tout cela, sauf à casser la croissance économique de la Chine qui, en permettant de sortir de la misère des centaines de millions de personnes, est sans doute aucun le plus grand succès mondial de lutte contre la pauvreté. Accessoirement, ce succès est ce qui maintient au pouvoir l'un des régimes politiques les plus répressifs du monde ; les dirigeants chinois ne sont pas prêts à prendre le moindre risque avec une politique économique qui a si bien marché. [...]


Que dira le Congrès américain quand la Chine cherchera à acheter et contrôler des entreprises américaines ? »

par David L'Epée publié dans : économie
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 13 mai 2007

Pour clore notre réflexion sur le nouveau protectionnisme chinois, examinons encore quelques dernières petits éléments complémentaires.

 

Une affaire récente illustre très bien le climat économique tel que nous l’avons décrit ces dernières semaines. Danone, le célèbre géant français, fait peser actuellement de très fortes pressions sur Wahaha, un producteur chinois de boissons, dans le but de le racheter. Zong Qinhou, le patron de Wahaha, n’a pas mâché ses mots pour renvoyer ces indésirables à leurs affaires. Voici ses paroles, citées par Le Monde du 11 avril :

 

« Je leur ai dit de manière solennelle que les Chinois sont désormais debout, que nous ne sommes plus à l'époque de l'invasion par la Chine des huit alliances étrangères. [...] La Chine a sa propre souveraineté, sa propre personnalité, mais vous continuez à nous parler de manière menaçante, ce qui accroît notre indignation. [...] J’appelle le gouvernement à édicter des règles pour protéger les entreprises nationales d'acquisitions malveillantes. »

 

Tout est dit. La nouvelle posture de l’économie chinoise me semble résumée dans ces quelques mots. Affirmation forte des entreprises nationales sur les marchés et tendance générale à réclamer l’intervention de l’Etat dans le travail de protection de ces entreprises face à la concurrence étrangère. L’ironie de l’histoire, bien sûr, c’est qu’en France, c’est-à-dire sur ses terres, Danone avait justement elle-même fait figure il y a quelques années de porte-étendard du protectionnisme...

 

Le blog Cinq Ans en Chine de Pierre Haski, qui vient par ailleurs de quitter le navire il y a quelques jours seulement, lançait il y a peu un débat intéressant sur cette affaire que vous pouvez encore consulter ici.

 

Pour les entrepreneurs étrangers désireux de conquérir les marchés chinois, cette attitude problématique énerve au plus haut point, et nombreux sont ceux à appeler arrogance ou présomption une chose aussi simple que la préférence nationale ou la revendication de vrais contrats, c’est-à-dire des contrats gagnant-gagnant, entre partenaires égaux, et non plus entre maîtres et esclaves. Ainsi, le 19 avril, Le Temps, dans un article intitulé « Pékin construit vite et pharaonique » écrivait :

 

« A vouloir faire travailler en priorité des entreprises nationales, pas forcément au point techniquement pour réaliser de tels travaux [les chantiers olympiques] et désirant aller vite pour limiter les dépenses en personnel, les ratés se sont multipliés. Rien d'inhabituel dans l'industrie chinoise du bâtiment. »

 

C’est une réaction claire à la question du protectionnisme chinois dans le domaine de l’architecture que nous avions présenté dans le premier volet de notre réflexion. Il m’est difficile de juger le bien-fondé de ces reproches mais il ne serait pas étonnant qu’une certaine rancoeur des entrepreneurs occidentaux y soit pour quelque chose...

 

Erik Izraelewicz avait très bien compris cela il y a quelques années dans son livre Quand la Chine Change le Monde alors qu’il parlait du rôle fort des gouvernements dans le développement des économies asiatiques. Il écrivait alors ceci (p.68) : 

 

« Certains évoquent [...] un modèle asiatique de développement. Et effectivement, il est frappant de constater de grandes similitudes dans les strategies adoptées par les trois premières generations d’ “oies volantes”. Rien à voir avec un quelconque modèle liberal : l’Etat y est le veritable pilote des operations ; il joue la carte d’une croissance tirée par les exportations ; il compte sur une épargne domestique massive, forcée si nécessaire, pour en assurer le financement ; il protège autant qu’il le peut son marché intérieur ; il développe l’éducation de ses sujets. »

 

J’irais quant à moi plus loin encore en disant que, dans le cadre de la mondialisation qui est celle que nous connaissons, ces modèles économiques-là sont des modèles de résistance. A la dérégulation globale et généralisée, ils opposent la barrière de l’Etat-nation, avec tout ce qu’elle représente de sûreté, d’équilibre et de souveraineté. Les pays européens feraient bien de s’en inspirer s’ils ne veulent pas devenir demain les vassaux impuissants du rouleau compresseur US...

 

Autres articles de la série :

 

-          Le Réveil en Force du Protectionnisme Chinois (I)

-          Le Réveil en Force du Protectionnisme Chinois (II)

-          Le Réveil en Force du Protectionnisme Chinois (III)

par David L'Epée publié dans : économie
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 22 avril 2007

Pour notre troisième volet sur l’actualité du protectionnisme en Chine, je vais m’arrêter un peu sur une des réformes les plus importantes de la dernière session de l’Assemblée Populaire Nationale (APN) – outre la nouvelle loi sur la propriété privée – qui est celle de l’égalisation fiscale pour les entreprises chinoises et étrangères.

 

Rappelons que jusqu’à très récemment, les entreprises chinoises devaient payer un impôt de 33% sur le revenu alors que les entreprises étrangères ne versaient en moyenne que 15% ! Ces privilèges avaient été décidés par le gouvernement pour favoriser l’investissement étranger en Chine et ainsi doper la croissance du produit national brut. Mais la première période de l’ouverture, celle de l’expérimentation, arrivant à son terme, ces privilèges ne sont plus du tout justifiés : la Chine est devenu, au niveau mondial, un marché si attractif pour les entreprises de la planète entière qu’il n’est plus nécessaire de les appâter par des cadeaux fiscaux. Conscient de cette évolution de la situation et du mécontentement bien compréhensible des entreprises nationales, l’Etat chinois a décidé de faire le pas. C’est ce qu’expliquait une dépêche Xinhua le 5 mars :

 

« Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a indiqué lundi que le moment était venu et que les conditions étaient réunies pour unifier les impôts sur le revenu des entreprises domestiques et des entreprises à capitaux étrangers afin "d'équilibrer le terrain de jeu". [...] Le taux unifié d'impôt sur les sociétés permettra d'encourager un système fiscal plus juste, plus conforme et plus transparent pour tous les types d'activités, et d'améliorer la qualité et les normes de l'utilisation de l'investissement étranger en Chine, a déclaré dimanche Jiang Enzhu, porte-parole de la session annuelle de l'Assemblée populaire nationale (APN). "Le projet de loi n'aura pas de forte influence sur les sociétés étrangères et n'affectera pas leur enthousiasme à investir en Chine", a indiqué Jiang.

 

Le projet suggère un taux d'imposition unique de 25%, selon les rapports précédents. Le processus législatif, initié en décembre dernier, vise à calmer les critiques sur l'injustice ressentie par les entreprises nationales de la structure d'origine à deux taux d'imposition . [...] Beaucoup de gens pensent qu'une telle politique [l’ancienne politique] handicape les sociétés domestiques qui doivent faire face à une concurrence plus dure depuis l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce en 2001. La réforme de l'impôt sur les sociétés démontre la maturité de l'économie de marché socialiste de Chine, a indiqué Shi Yaobin, directeur du département de la politique fiscale relevant du ministère des Finances.

 

Le 11 mars, la même agence de presse rencontre le professeur Liu Jianwen, président du Centre d’étude du droit financier et économique et professeur à la faculté de droit de Bei-Da (l’Université de Pékin). Il explique en quoi cette nouvelle loi s’inscrit dans le développement logique de l’économie socialiste de marché, une économie où la supervisation étatique occupe une place importante et où la préférence nationale sera amenée à s’affirmer de plus en plus, à mesure que la mondialisation s’étendra, et pour équilibrer cette dernière sur les plans économique et social.

 

« Interviewé le 9 mars dans la matinée par China.org, le professeur Liu Jianwen a expliqué le projet de la Loi de la République Populaire de Chine relative à l'impôt sur le revenu des entreprises, qui attire maintenant une attention générale. Il s'agit là, a déclaré le professeur Liu, d'une loi importante engageant la situation générale du développement économique et social du pays, si l'on veut perfectionner le système de l'économie de marché socialiste et établir un système juridique réglementant cette économie. [...]

 

Dans ce domaine, a-t-il poursuivi, la Chine a toujours appliqué deux lois : la « Loi relative à l'impôt sur le revenu des entreprises investies par des hommes d'affaires étrangers et des entreprises étrangères » et la Réglementation provisoire concernant l'impôt sur le revenu des entreprises, destinée aux entreprises nationales. D'où une grande différence des charges fiscales entre les entreprises avec ou sans participation étrangère. [...] Selon le professeur Liu, ce n'était qu'une politique temporaire, et non de long terme. Sa raison d'être est qu'elle peut, durant une certaine période, attirer des capitaux étrangers et promouvoir le développement économique. Mais cette différenciation fiscale des entreprises avec ou sans participation étrangère ne saurait exister longtemps. Sous un système d'économie socialiste de marché, elle ne doit et ne peut pas exister longtemps. [...]

 

Depuis l'application de sa politique de réforme et d'ouverture, à partir des années 1980, la Chine a accordé des préférences fiscales à des investissements directs étrangers afin d'attirer des capitaux étrangers et de développer l'économie. Cela a contribué beaucoup à remédier au manque de capitaux, à introduire des technologies avancées et à promouvoir le développement économique. Mais à la suite de l'expansion de l'économie chinoise, notamment après l'accession de la Chine à l'OMC, puis après la fin de la période transitoire du protocole d'accession, les limitations imposées aux investisseurs étrangers en Chine ont diminué considérablement. Il n'est donc absolument plus nécessaire de recourir à une politique fiscale préférentielle pour attirer des capitaux étrangers.

 

D'autre part, après la pénétration de capitaux étrangers dans le secteur chinois des services, les entreprises nationales sont confrontées à une forte concurrence avec les entreprises à investissements étrangers. La stabilité sociale et politique de la Chine , le coût relativement faible de sa main-d'œuvre et son marché immense sont devenus les facteurs décisifs dans l'introduction de capitaux étrangers. Les mesures fiscales ont perdu leur importance. [...] Enfin, a conclu le professeur Liu, la Loi unifiée relative à l'impôt sur le revenu des entreprises est une loi moderne conforme aux conditions actuelles de la Chine. [...] Cette loi revêtira une importance historique pour le perfectionnement du système de l'économie de marché socialiste en Chine. »

 

Trois jours plus tard, le 14 mars, Le Quotidien du Peuple a demandé leur opinion à des députés de l’APN et de la CCPPC. Outre l’évidence de l’argument économique, on apprend que la question écologique pourrait bien aussi se trouver au coeur du débat.

 

« Yan Xinyuan, député à l'APN, a déclaré de son côté que la "compétition de délaissement d'avantages" pour attirer les capitaux étrangers a permis à des firmes étrangères d'introduire en Chine des projets à haute consommation d'énergie et extrêmement polluants. [...] Il estime que la Chine a dépassé la phase transitoire du début de la réforme et de l'ouverture sur l'extérieur où les fonds et les capitaux lui manquaient énormément. [...] Hao Ruyu, membre du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), a indiqué que cela signifie la fin d'une époque révolue et le commencement d'une toute nouvelle époque : le comportement de la Chine envers les capitaux étrangers est passé de son ancienne attitude de "qui a faim mange tout pain" et de "faire bon accueil à tout venant" à "se permettre d'être pointilleux et tatillon sur les choix". »

 

Pour ceux que la question intéresse, je vous conseille la lecture d’un éditorial explicatif du Quotidien du Peuple qui revient plus précisément sur les tenants et aboutissants de cette réforme. La semaine prochaine, nous parlerons de la nouvelle loi sur la propriété privée.

par David L'Epée publié dans : économie
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 1 avril 2007

Nous avons parlé dimanche passé, dans la première partie de cette réflexion sur le protectionnisme en Chine, de deux domaines parmi d’autres ou l’opinion publique semblait réclamait plus de contrôle économique de la part de l’Etat et une politique de préférence nationale plus marquée : l’achat de matériel par le gouvernement et la construction des édifices publics.

 

Je publie aujourd’hui un article datant de quelques semaines tiré de la revue économique  L’Expansion et qui poursuit sur ce sujet : patriotisme économique, contestation de la politique d’ouverture, revendication de la préférence nationale, refus des capitaux étrangers... Il semblerait que l’économie chinoise soit à la veille d’un tournant historique. 

 

Les investissements étrangers sont accueillis avec de plus en plus de méfiance, voire d'hostilité, en Chine. Les groupes occidentaux craignent un durcissement de la législation et déplorent de ne pouvoir lutter à armes égales avec leurs concurrents chinois.

 

« Il est dangereux d'autoriser les participations malveillantes d'entreprises étrangères dans des sociétés chinoises. » La phrase est signée Li Deshui, président de l'Office national de statistique. Elle illustre un phénomène en plein essor en Chine : la montée d'un vrai patriotisme économique. En question, la place que les Chinois doivent laisser aux investisseurs occidentaux. Certains conservateurs, à Pékin, estiment en effet que les wai guo ren, les étrangers, prennent une trop grande importance dans l'économie chinoise.

 

Les chiffres sont éloquents : les entreprises à « capitaux étrangers » représentent 22% du PIB chinois, 59% du commerce extérieur, 1/4 des nouveaux investissements et 2/3 des brevets déposés en Chine. Place Tian An Men, les détracteurs ont su se faire entendre : de nombreuses mesures, coercitives pour les investisseurs étrangers, ont été prises depuis l'été. Parmi elles, le décret du 8 septembre 2006, qui remet en cause les acquisitions de sociétés chinoises par des étrangers. Désormais, un rachat peut être interdit s'il a des répercussions sur la sécurité économique nationale ou s'il fait passer sous pavillon étranger une marque célèbre. Du coup, de nombreuses acquisitions se retrouvent bloquées par l'administration chinoise, quand elles ne sont pas annulées.

 

Seb, Alstom Power, Schneider Electric, Carlyle… De nombreuses multinationales se retrouvent ainsi prises dans les filets de l'administration chinoise. A Pékin, on tempère toutefois l'ampleur du problème. « Vous aussi, en Occident, vous prenez des mesures protectionnistes », se défendent les Chinois, qui soulignent que leur économie est « plus ouverte que celle des Japonais ou des Coréens ». Il n'empêche. Ce raidissement dans la vie des affaires inquiète les diplomates français et américains, qui craignent que le ton se durcisse encore jusqu'au XVIIème Congrès du Parti, en octobre prochain. « L'ouverture n'est pas vraiment remise en cause, mais elle se fait à la chinoise, commente un consultant qui tient à rester anonyme. On donne d'une main, on reprend de l'autre… » [...]

 

La flambée de nationalisme trouve une forte résonance dans la population. La présence d'un café Starbucks dans la Cité interdite provoque un véritable tollé à Pékin. Tout commence en janvier 2007, lorsqu'un journaliste-vedette de la CCTV 9, Rui Changgang, s'interroge sur son blog sur la présence d'un café Starbucks dans l'enceinte de la Cité interdite. Dans les jours qui suivent, des milliers de Chinois se connectent sur son site. Les débats font rage, le sujet prend une ampleur démesurée. « Ce qui est étonnant, c'est qu'il existe depuis quatre ans, ce café », commente un consultant français, qui s'étonne que ce procès ait eu lieu « quelques semaines après que Starbucks ait gagné un procès pour contrefaçon contre une enseigne shanghaïenne… » Quoi qu'il en soit, beaucoup voient dans cette campagne, et dans le succès qu'elle a rencontré, une confirmation de cette poussée patriotique.

 

Révélateur, également, l'affaire Baidu. Que penser en effet de cette publicité du Google chinois, Baidu, visible sur YouTube, dans laquelle un Chinois vient perturber le mariage d'un Occidental et d'une Chinoise, pour finalement ravir la promise et terrasser le méchant étranger, qui se retrouve à terre, ensanglanté ? Crispation passagère ? Crise plus profonde ? Quoi qu'il en soit, les prochains mois seront très instructifs. Et suivis de près par les industriels Occidentaux qui tentent depuis tant d'années d'être « Chinois en Chine. »

 

Que pensez-vous de cette évolution ? Vous paraît-elle plutôt encourageante ou inquiétante ?

 

 

 

Sur le même sujet :

 

-          Le Réveil en Force du Protectionnisme Chinois (I)

-          Un Chinois Part en Croisade contre Starbucks

-          Boycott des Dessins Animés Occidentaux

par David L'Epée publié dans : économie
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 25 mars 2007

Pour des raisons d'actualité, la rubrique littéraire du blog sera suspendue pendant les trois prochaines semaines, et les trois dimanches à venir à partir de celui-ci seront consacrés à la rubrique économique. En effet, certaines nouvelles lois votées par le gouvernement chinois, certaines revendications de la CCPPC et, de manière générale, certains mécontentement exprimés dans la population ces derniers temps méritent que l'on s'y arrête et qu'on y consacre quelques pages de ce blog.  

 

Je veux parler de l’aspiration actuelle du peuple chinois vers une politique économique basée sur un peu plus de protectionnisme et d’interventionnisme et un peu moins de libre marché et de dérégulation. Les réformes de Deng Xiaoping, comme on le sait, si elles ont permis dans un premier temps une amélioration du niveau de vie général, ont aussi laissé se développer une nouvelle forme de gestion économique qui ferme les yeux sur l’accroissement des inégalités sociales et a tendance à sacrifier un peu trop à la croissance. Toute la difficulté du problème actuel tient donc à trouver un équilibre entre développement économique et justice sociale.

 

Face au grand mouvement de privatisation lancé en son temps par Jiang Zemin (privatisation de nombreuses entreprises d’Etat, de certains services, etc.), la population chinoise, qui n’avait jamais porté ce président-là dans son coeur, s’est mobilisée à plusieurs reprises et a clairement exprimé ses désaccords quant aux excès de cette politique d’ouverture. Une opinion partagée par beaucoup semble être que Jiang Zemin, en se réclamant des principes de Deng Jiaoping, les a corrompus, et que sa gestion de l’économie ne prenait pas en compte les impératifs d’équité et de justice sociale réclamés par l’esprit du régime. Maintenant qu’il ne dirige plus le pays, les langues se sont déliées et il semble que plus personne ne souhaite le voir revenir au pouvoir, ni lui ni l’un de ses camarades de l’aile libérale du Parti.

Ce que semble donc aujourd’hui exprimer une grande partie de l’opinion chinoise, à la fois dans la population et au sein de la classe politique, c’est le désir d’un réveil du protectionnisme, ou du moins d’un contrôle plus grand de l’Etat sur l’économie. Parce que les délocalisations, les licenciements abusifs, la concurrence déloyale avec les entreprises étrangères, ne sont plus considérés comme des maux nécessaires. Parce que les Chinois se sont déjà suffisamment sacrifiés pour permettre les réformes commencées en 1978 et qu’il est maintenant temps que l’Etat reprenne ses responsabilités et intervienne là où on l’attend.

 

Ces attentes ne sont pas restées lettre morte, et petit à petit, de nouvelles réformes sont mises en place à travers le pays, qui promettent de satisfaire le besoin de sécurité du travailleur chinois. Espérons que ces mesures énergiques portent leurs fruits. A titre d’exemple, je commencerai cette série par deux cas précis. Tout d’abord dans le domaine de l’architecture. Une dépêche Reuters datée du 5 mars nous apprend que pour lutter contre le problème de la concurrence entre architectes chinois et étrangers et limiter les coûts de construction de certains projets étrangers jugés fantaisistes et coûteux, le Ministère de la construction a décidé de favoriser les architectes chinois, moins chers et plus classiques, plus proches des goûts esthétiques de la population :

«  La Chine compte sévir contre le recours aveugle aux architectes étrangers pour la conception d'importants bâtiments publics afin de mettre un terme aux dérives onéreuses constatées dans ce domaine, rapportent les médias officiels. Le  Ministère de la Construction a présenté de nouveaux règlements visant à dissuader des responsables de soutenir l'édification de bâtiments se distinguant par une gabegie d'argent ou d'électricité, rapporte l'agence de presse Chine Nouvelle.

 

Un porte-parole du ministère a estimé qu'un enthousiasme excessif pour les concepts en vogue à l'étranger était en partie responsable de cette dérive. « Ces dernières années, il y a eu dans certains endroits une frénésie d'appels d'offres internationaux pour l'édification d'importants bâtiments publics, a déclaré le porte-parole. Certains architectes étrangers ne connaissent rien aux conditions nationales de la Chine et recherchent de manière obsessionnelle le nouveau, l'étrange et l'unique. »

On remarquera qu’outre l’aspect purement économique, il y a derrière cette problématique un enjeu culturel. Le goût de l’avant-garde des architectes occidentaux – « le nouveau, l’étrange, l’unique » – recherché « de manière obsessionnelle » s’inscrivent en portafaux à l’égard d’une certaine conformité demandée en Chine pour ce genre de travaux. Mais ce n’est pas là notre sujet.

Autre problème : la concurrence entre les fournisseurs de matériel acheté par le gouvernement. Il semble évident que c’est le devoir des autorités nationales d’acheter ce dont elles ont besoin à des producteurs nationaux. Mais le libre marché a fait que cela ne s’est pas toujours imposé comme une évidence. L’Assemblée Populaire Nationale (APN) a décidé de débattre du problème, comme nous le rapporte une dépêche Xinhua datée du 11 mars :

« Le gouvernement doit acheter  davantage de produits nationaux afin de renforcer la capacité  d'innovation des entreprises chinoises, ont déclaré des députés à  l'Assemblée populaire nationale.  Zhu Jian, un député issue de l'Université du Zhejiang, a appelé le gouvernement à accorder des politiques préférentielles aux  entreprises nationales lors des achats d'équipements pour des  projets importants. [...] Il a souligné que le gouvernement devait jouer un rôle  exemplaire et améliorer la reconnaissance publique d'une marque  nationale et stimuler le développement des entreprises chinboises. » 

 

L’aspect exemplaire doit être relevé : il ne s’agit pas seulement de favoriser les entreprises nationales à court terme mais d’inviter ainsi tous les consommateurs chinois, grands ou petits, entreprises ou particuliers, à acheter chinois.

 

Ce sont là deux exemples que je voulais vous donner pour illustrer le fort besoin de protectionnisme ressenti actuellement dans les différentes strates de la société chinoise, et les réformes politiques qui s’ensuivront nécessairement pour satisfaire ce besoin. Le maître mot de ces changements semble tenir en deux mots : préférence nationale.

 

Nous verrons dimanche prochain que derrière ce qui pourrait apparaître comme des discriminations se cache parfois de simples mesures d’équité, comme dans le cas de la nouvelle loi sur l’égalité fiscale des entreprises chinoises et étrangères. Je vous en parlerai la prochaine fois.

par David L'Epée publié dans : économie
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Jeudi 7 décembre 2006

Aux dires de certains, la Chine serait un paradis économique pour les entrepreneurs étrangers, qui y trouveraient la possibilité d’employer de la main d’oeuvre bon marché et sans protection sociale et de manoeuvrer avec un cadre légal très souple. C’est à la fois vrai et faux. C’est vrai, car c’est quelque chose qui existe encore et qui constitue une des sources principales du problème social chinois. Mais c’est faux, car ce phénomène commence à s’estomper avec le développement du pays sur tous les plans et son affirmation de grande puissance avec laquelle il faudra désormais traiter d’égal à égal et non plus de maître à esclave.

 

Les choses changent, donc, et certains patrons étrangers semblent avoir de la peine à saisir la nouvelle donne, comme Claude Bébéar, le président du conseil de surveillance du puissant groupe d'assurances français AXA, qui a fait il y a deux semaines la déclaration suivante lors d’un voyage d’affaires au Japon :

 

« Je pense que la Chine a beaucoup d'ennuis devant elle. D'abord ce n'est pas une démocratie. Ensuite, ici (au Japon), nous pouvons faire des affaires. Nous sommes respectés. Tant que nous respectons votre civilisation, nous pouvons faire quelque chose avec vous. La Chine est différente.

 

Les Chinois sont très nationalistes. Ils veulent que nous leur apportions des technologies, et après ça je ne suis pas sûr qu'ils veuillent continuer à faire des affaires avec nous. Ils veulent conquérir le monde, ils ne veulent pas jouer avec nous. »

 

Esprit colonial, quand tu nous tiens...

 

M. Bébébar, représentant typique du grand patronat français libéral, révèle ici à la fois sa bassesse, sa naïveté et sa profonde malhonnêteté. Sa bassesse parce qu’il attend d’être au Japon pour faire une telle déclaration, ce qu’il pense être sans doute une très bonne idée pour brosser ses partenaires du moment dans le sens du poil en rallumant leurs vieilles haines. Sa naïveté – qui n’est sans doute qu’une fausse naïveté – parce qu’il voudrait vraiment nous faire croire que la configuration coloniale des rapports commerciaux aurait pu durer indéfiniment et toujours au profit des Occidentaux. Sa malhonnêteté parce que c’est exactement ce qu’il aurait souhaité, et qu’il n’hésite pas à brandir le vieil épouvantail rapiécé du péril jaune pour justifier les relents esclavagistes de son discours.

 

Lorsqu’il appelle à la démocratie (mais qui ne le fait pas ? c’est le lieu commun le plus répandu aujourd’hui dans le discours politique), c’est l’étatisme qu’il attaque. Lorsqu’il fustige le nationalisme, c’est le protectionnisme qu’il vise. Lorsqu’il accuse la Chine de vouloir conquérir le monde, c’est pour mieux nous faire oublier que ce sont justement les gens issus de sa caste qui sont en train de le conquérir et ce au moyen du marché libre et mondialisé.

 

La Révolution n’aura pas suffi à la Chine pour s’extirper entièrement des rapports coloniaux avec l’étranger. Il aura fallu attendre qu’une autre condition se réalise, une condition qui commence seulement à se concrétiser : l’enrichissement du pays et sa montée en puissance. C’est une triste réalité géopolitique, mais c’est ainsi : on n’asservit pas les peuples puissants.

 

M. Bébébar et les autres se remettront assez vite de leurs émotions, je pense, et quand ils auront compris ce qui est train de se produire en Chine, ils délocaliseront tous en choeur vers l’Inde – « car là, il n’est pas trop tard, il y a encore du blé à faire ! »

 

Seulement, un jour aussi, les Indiens n’auront plus envie de « jouer avec vous »...

par David L'Epée publié dans : économie
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Jeudi 12 octobre 2006

Après l’exemple de la protection accordée par le gouvernement chinois à l’industrie nationale du dessin animé (voir article précédent), en voici un autre, et cette fois bien plus essentiel : l’immobilier. En effet, le gouvernement est en train de revoir ses priorités suite à l’explosion de la bulle immobilière due à l’action de certains spéculateurs étrangers qui mettent en déséquilibre la situation du logement. Ce déséquilibre est grave, car il menace jusqu’à la possibilité pour un Chinois moyen de trouver un endroit où se loger !

Yi Xianrong, Directeur du Bureau de recherche sur le développement financier de l’Institut des finances de l’Académie des Sciences sociales de Chine (en voilà un long titre !) répond à des investisseurs étrangers, notamment américains, qui se plaignent de ce que les nouvelles lois chinoises les empêchent de spéculer librement dans l’immobilier. Les droits des locataires valent plus que la spéculation étrangère ; tel semble être, en substance, son message. Voici ce qu’il déclare dans les colonnes du Renmin Jibao :

 

Ces derniers temps, le Business Week des Etats-Unis a publié des articles qui affirment qu'un sentiment d'aversion et de haine contre les capitaux étrangers est en train de naître et de grandir parmi les Chinois et que la politique qui encourage les capitaux étrangers à entrer en Chine va rétrograder et faire marche arrière. Un grand nombre de médias et de personnalités des milieux concernés de pays étrangers m'ont contacté sans arrêt pour me demander : « Est-ce que cela veut dire que la politique de réforme et d'ouverture sur l'extérieur appliquée depuis plus de deux décennies en Chine rétrograde et revient en arrière ? » Je leur ai tout de suite affirmé que la politique en question non seulement n'a pas fait marche arrière, et qu'au contraire la réforme et l'ouverture de l'économie chinoise se développent de façon plus approfondie et atteindront un degré supérieur. Mais, compte tenu des changements des situations économiques intérieures, les mesures politiques concernées connaîtront certains réajustements tactiques.

Dans une société civilisée moderne, le logement est un besoin de la vie quotidienne et assurer à chaque citoyen le droit de loger est une nécessité fondamentale de ce genre de société. Pour la Chine qui est un pays socialiste, les conditions prioritaires de la construction, de l'échange et de la distribution des logements c'est le moyen de satisfaire pour l'essentiel les besoins des masses populaires en logements et d'améliorer leur niveau de bien-être en habitat, et non pas d'introduire des investissements ayant pour but la plus-value des biens et des richesses. Dans la conjoncture actuelle où les conditions de logements des masses populaires du pays sont encore très mauvaises et le niveau de bien-être d'habitat très bas, si l'on permet à ces ressources rares et très peu nombreuses de devenir des objets de spéculations des capitaux étrangers, ce sera alors un grave manquement du gouvernement à son devoir.

Cela étant, c'est non sans raison que le gouvernement chinois a pris la décision de limiter les spéculations immobilières des capitaux étrangers. Etant donné qu'il existe divers obstacles et règlements commerciaux entre les différents pays, alors il est tout à fait naturel pour les commerçants de tels pays qui désirent accéder aux marchés d'un autre pays de rencontrer des restrictions à des degrés différents. Les mesures restrictives adoptées par le gouvernement chinois à l'égard des capitaux étrangers souhaitant accéder aux marchés immobiliers sont justement ce genre de restrictions.

D'autre part, la raison de l'application de mesures restrictives du gouvernement chinois à l'encontre des capitaux étrangers qui désirent accéder aux marchés immobiliers intérieurs, c'est que la plupart de ces capitaux a pour objectif de réaliser d'énormes bénéfices et de s'enrichir par la spéculation. D'où viendront ces avantages et ces bénéfices ? Ils viendront sûrement de la population du pays qui sera obligée de payer ses logements à des prix exorbitants. Atteignant son point culminant, ce genre de spéculation suscitera la crise économique intérieure alors que les capitaux étrangers se replieront rapidement laissant les habitants du pays se débattre comme ils le peuvent et les coûts de cette crise seront à la charge de ces derniers. C'est pourquoi la décision du gouvernement chinois de restreindre ce genre de spéculations des capitaux étrangers est entièrement lucide et judicieuse.

Personne et aucune force du monde ne pourraient empêcher l'avance et la progression de la politique chinoise de réforme et d'ouverture sur l'extérieur. Mais ce qui est important pour le gouvernement chinois c'est comment, tout en appliquant cette politique, préserver les intérêts de l'Etat et ceux des grandes masses populaires. Et cela est en même temps l'objectif et le point final de la réforme et de l'ouverture de la Chine.

 

Voilà, il faut l’avouer, des nouvelles qui mettent de bonne humeur. Un Etat qui ne serait pas capable d’exercer un tel contrôle ne correspondrait tout simplement plus à la définition de l’Etat, et la Chine l’a bien compris, elle qui a toujours refusé de se prêter au jeu d’une gouvernance libérale malgré les pressions de l’Occident. Avec un pays, une population et un marché d’une telle ampleur, le Parti Communiste n’a pas d’autre choix, s’il veut que sa politique d’ouverture reste équilibrée, de faire jouer les logiques de l’interventionnisme étatique et de la préférence nationale. Simple question de bon sens.

Qu’en pensez-vous ? Que vous inspire ce texte et que pensez-vous du style, tout de même assez différent du nôtre, notamment dans le dernier paragraphe ? Vos réactions m’intéressent.

par David L'Epée publié dans : économie
ajouter un commentaire commentaires (0)