CHINE USA : A LA VEILLE DU CHOC DES TITANS (I)
J’ai retrouvé récemment dans mes archives un assez long article que j’avais écrit il y a environ deux ans, pour le compte de je ne sais plus quelle revue, au sujet de la rivalité Chine-USA sur la scène internationale. Je m’étais servi, pour le rédiger, et pour changer des médias chinois et occidentaux, de plusieurs articles très percutants parus dans la presse américaine sur ce sujet. Je me permets de le publier sur le blog – en deux parties (à cause de sa longueur) dont voici la première – car je ne pense pas, vu l’évolution actuelle du monde, que cet article ait beaucoup vieilli ; peut-être même, à la lumière de l’actualité, certains jugeront-ils qu’il est en-deçà de la réalité... Vos observations et critiques sont les bienvenues.

Sous la façade de relations diplomatiques pacifiques entre les Etats-Unis et
Les chiffres sont accablants (ou réjouissants, selon le point de vue) : la croissance économique des Etats-Unis, qui n’a pourtant rien d’un pays pauvre, s’élève actuellement à 4,2% alors que celle de
Sur le plan des exportations, la comparaison ne fait que renforcer la supériorité chinoise : les Etats-Unis exportent pour 34,7 milliards par année, alors que
La guerre économique est déclarée. Les Etats-Unis ont-elles encore une chance ? Le plus simple est de le leur demander. Quand les journalistes étasuniens chauvins prennent la plume pour parler de
« Nous sommes en train de perdre la guerre du renseignement contre
Voilà qui est clair. L’offensive est à peine lancée qu’elle semble déjà perdue. Et s’il n’y avait que les journalistes qui amenaient le découragement dans l’opinion publique, le gouvernement Bush pourrait toujours intervenir, au nom du Patriot Act ou de je ne sais quel chiffon de papier, pour les faire taire, mais c’est plus grave, car les responsables stratégiques du pays se joignent au chœur des lamentations. Michel Beuret, dans un article de L’Hebdo intitulé Le Retour du Péril Jaune, nous rapporte la chose suivante :
« Durant des années, cet homme [Michael Pillsbury], conseiller du Pentagone, fut un embrasseur de pandas, comme on appelle chez lui les amoureux de
Il faut avouer que cette méfiance de
Puisque nous en sommes à la question militaire, revenons à James Mc Gregor, du Washington Post, qui, après avoir concédé que l’Amérique n’avait aucune chance dans ce combat, reprend du poil de la bête en évoquant, au cours d’un souvenir plutôt cynique, l’arrogance militaire de son pays :
« Mais
Voilà qui représente bien la pensée impérialiste américaine : être prêt à attaquer à tout moment n’importe quelle partie du monde, et profiter des guerres en cours pour menacer les ennemis potentiels, quitte à instrumentaliser le bombardement d’un pays pour un intimider un autre… Ce qu’oublie de préciser Mc Gregor, c’est que depuis l’époque dont il parle, l’Armée Rouge Chinoise s’est effectivement modernisée, et qu’elle n’a actuellement plus grand-chose à envier à ses ennemis. En témoigne cet article inquiet de Robert D. Kaplan paru dans The Atlantic Monthly à Boston :
« Les forces armées chinoises étudient avec minutie les adversaires potentiels et elles apprennent vite. Leur soft power se développe rapidement, preuve d’un réel don d’adaptation. Si les terroristes sont attirés par les vides sécuritaires, les Chinois, eux, s’intéressent aux vides économiques. Sur toute la planète, les Chinois deviennent des maîtres de l’influence indirecte. Ils établissent des communautés financières et des avant-postes diplomatiques, négocient des contrats commerciaux et de construction. Vibrant d’une énergie martiale, forte d’une paysannerie qui, contrairement à d’autres dans l’Histoire, est fortement alphabétisée,
(seconde partie de l’article dans quelques jours)