LE RAPPROCHEMENT SINO-RUSSE : LE DEBUT DUN NOUVEAU FRONT

Il y a trois semaines, le président chinois Hu Jintao s’est rendu à Moscou pour rencontrer le président Poutine et célébrer le début de l’année de
Dans Le Temps du 27 mars, Frédéric Koller, que nous avons déjà cité plusieurs fois sur le blog, écrit la chose suivante au sujet de cette rencontre entre les deux chefs d’Etat :
« Les temps changent. Car entre le pays le plus peuplé de la planète et le pays le plus vaste, longtemps seules la peur (côté russe) et la rancœur (côté chinois) ont dominé. Désormais, un objectif commun les unit : renouer avec la puissance dans un monde multipolaire pour contrer l'hégémonie des Etats-Unis. [...] Cette cordiale entente devrait encore se renforcer avec la visite depuis lundi à Moscou de Hu Jintao pour inaugurer l'année de
Rien n'incarne mieux ce rapprochement sino-russe que le destin croisé de leurs chefs. Entre l'ex-agent du KGB et l'apparatchik issu des jeunesses du Parti communiste chinois, puis formaté à l'école centrale du PCC, il y a une même rigidité, un même goût de l'ordre, une même aspiration à rayonner au nom de
Il y a deux ans, dans un portrait élogieux de Vladimir Poutine, la revue Orient contrôlée par l'agence Chine nouvelle décrivait le président russe non pas comme un «dictateur» qui renvoyait
Sur le plan international, Moscou et Pékin sont particulièrement soucieux d'empêcher les Etats-Unis de s'installer durablement en Asie centrale. C'est l'objectif non avoué de l'Organisation de coopération de Shanghai qui réunit les deux pays et leurs voisins de la région. Le dossier du nucléaire iranien est une autre illustration de leur position commune face à Washington. Si Moscou et Pékin ont voté les sanctions du Conseil de sécurité le week-end dernier contre Téhéran, ils n'accepteront en aucun cas un recours à la force. »

L’hypothèse d’une radicalisation de la position russe face à l’Occident et aux menaces qu’il représente n’est pas que pur fantasme. Nezavissimaïa Gazeta, un journal russe d’opposition, visiblement pro-occidental, le déplore et décrit, comme exemple de l’ambiance qui règne actuellement en Russie, une manifestation des Nachi (littéralement « les Nôtres », organisation de jeunesse du parti de Poutine) en l’honneur de l’anniversaire des sept ans de présidence de Poutine :
« Le mouvement proprésidentiel Nachi a organisé, dimanche 25 mars, une manifestation antioccidentale sans précédent dans les rues de la capitale. [...] Dès l'aube, l'avenue Sakharov avait été bloquée par des véhicules spéciaux et bordée de cordons de police. L'événement du jour a été le tract distribué au cours de la manifestation. En dix points, il expliquait de façon nette et précise qui est l'ennemi de
La question trois faisait froid dans le dos : "Qu'est-ce que l'Occident cherche à obtenir de
(traduction française : Courrier International)
Un ami du site Salut Public, qui connaît bien
« Durant l’été torride de 1941, personne ne voulait même penser que la guerre allait éclater. [...] A l’été 1991, personne ne voulait même penser que quelques mois plus tard un immense et grand pays n’existerait plus [...] Aujourd’hui, à l’aube du printemps 2007, à nouveau nous ne voulons pas penser que d’ici quelques mois, en décembre, nous allons encore une fois perdre notre pays. Ils vont nous le prendre, l’Amérique va nous le prendre ! [...] Aujourd’hui nous sommes de la pitance américaine… Regardez par la fenêtre : ces arbres, cette terre, ces champs, ces rues, ces lacs sont à eux ! [...] Cette année ils auront une dernière chance d’établir en Russie un commandement extérieur. Car cette année nous auront des élections [...]
[Il faut] immédiatement mettre en œuvre la deuxième partie du plan Poutine. Parce qu’autrement, nous nous transformerons en Irak, Poutine aura le destin de Saddam Hussein et nous celui des Irakiens, planqués dans les ruines, faisant la queue pour de l’eau. [...] Imagine le matin du 21 juin 1941. Imagine que toi et toi seul sais ce qui se passera demain. [...] L’histoire n’enseigne rien, elle ne fait que punir ceux qui ignorent ses leçons. »
Un nouveau combat dont, une fois de plus, l’Europe sera la grande absente...
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