QUAND LEXTRÊME-DROITE FRANÇAISE NOUS PARLE DE LA CHINE

En faisant quelques rangements, je suis tombé par hasard sur un vieux numéro de
Cette revue, qui prétend, rompre avec « les interprétations partiales de l’histoire », donne tous les deux mois la parole à plusieurs franges marginales de la nébuleuse des intellectuels de droite et d’extrême droite : royalistes, ultra-nationalistes, anti-gaullistes, légitimistes, fascistes, anti-communistes, etc.
Curieux, je me suis plongé dans la lecture de ce numéro spécial pour apprendre ce que ces gens-là pouvait nous dire d’un sujet qui m’est aussi cher que
Après un article sur les relations Chine-Occident à partir du XVIIe siècle, nous découvrons un entretien avec l’éminent sinologue Léon Vandermeersch qui s’avère très éclairant. Selon lui, la chute du communisme chinois étant inévitable – ce qui reste à prouver, mais c’est une affirmation que la revue claironne à chaque page de son dossier sans cacher une certaine satisfaction –
« Je pense que la complète dévitalisation de l’idéologie officiellement régnante [c’est-à-dire le communisme] pourrait permettre, dans le meilleur des cas, la réactivation des valeurs propres au monde sinisé [confusianisme, taoïsme, bouddhisme], moyennant leur réadaptation à la modernité ; le pire étant le simple envahissement du vide idéologique par la sous-culture mondialisée d’aujourd’hui. »
Ce n’est donc plus seulement une question politique, mais également une question culturelle. Selon M. Vendermeersch, quitte à changer de régime et de modèle dominant, autant vaudrait revenir à un modèle traditionnel conforme à l’identité du peuple chinois. Plus conforme, en tout cas, que le capitalisme occidental qui a largement fait les preuves, sur tous les continents, de son caractère nuisible.

J’espère bien sûr quant à moi que le communisme chinois puisse perdurer, qu’il entame les réformes nécessaires au développement d’une société plus équilibrée, plus égalitaire et moins corrompue qu’à l’heure actuelle, mais si ça ne devait pas être le cas, s’il devait être arrivé à sa chute (ce qui serait tout de même étonnant de la part d’un géant qui s’annonce d’ores et déjà comme la seconde puissance mondiale, seule capable de tenir tête aux Etats-Unis !), alors nous devons appeler de nos vœux l’avènement d’une nouvelle société populaire et anti-libérale – au final, qu’importe la couleur du drapeau qui flottera sur cette société.
Le risque qu’engendrerait un coup d’Etat, un renversement du Parti Communiste Chinois, est énorme : c’est celui qu’en l’absence de projet de société concret, l’anarchie profite aux prédateurs capitalistes, locaux et étrangers, aboutissant à ce « vide idéologique par la sous-culture mondialisée » dont parle Vandermeersch. Voilà, il me semble, au moins une bonne raison de préférer des réformes au sein du PCC plutôt que son renversement pur et simple.
Dans un article intitulé Constantes de
« L’important, pour les stratèges chinois, est de constituer un axe de contrepoids permettant de faire échec à l’unipolarité voulue par Washington et de favoriser au contraire l’équilibre multipolaire, en attendant de disposer des moyens suffisants pour restaurer l’unipolarité chinoise dans le cercle des vassaux, et peut-être même au-delà, au détriment des Barbares. »
D’un point de vue général, l’impérialisme est indubitablement une très mauvaise chose – « Personne n’aime les missionnaires armés » disait Robespierre au sujet des projets d’ « exportation européenne » de
Reste à savoir si
« Ce n’est donc pas un mondialisme chinois qui est en passe de mettre en échec la mondialisation américaine, mais une résistance civilisationnelle et raciale. »