LE REVEIL EN FORCE DU PROTECTIONNISME CHINOIS (III)

Pour notre troisième volet sur l’actualité du protectionnisme en Chine, je vais m’arrêter un peu sur une des réformes les plus importantes de la dernière session de l’Assemblée Populaire Nationale (APN) – outre la nouvelle loi sur la propriété privée – qui est celle de l’égalisation fiscale pour les entreprises chinoises et étrangères.
Rappelons que jusqu’à très récemment, les entreprises chinoises devaient payer un impôt de 33% sur le revenu alors que les entreprises étrangères ne versaient en moyenne que 15% ! Ces privilèges avaient été décidés par le gouvernement pour favoriser l’investissement étranger en Chine et ainsi doper la croissance du produit national brut. Mais la première période de l’ouverture, celle de l’expérimentation, arrivant à son terme, ces privilèges ne sont plus du tout justifiés :
« Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a indiqué lundi que le moment était venu et que les conditions étaient réunies pour unifier les impôts sur le revenu des entreprises domestiques et des entreprises à capitaux étrangers afin "d'équilibrer le terrain de jeu". [...] Le taux unifié d'impôt sur les sociétés permettra d'encourager un système fiscal plus juste, plus conforme et plus transparent pour tous les types d'activités, et d'améliorer la qualité et les normes de l'utilisation de l'investissement étranger en Chine, a déclaré dimanche Jiang Enzhu, porte-parole de la session annuelle de l'Assemblée populaire nationale (APN). "Le projet de loi n'aura pas de forte influence sur les sociétés étrangères et n'affectera pas leur enthousiasme à investir en Chine", a indiqué Jiang.
Le projet suggère un taux d'imposition unique de 25%, selon les rapports précédents. Le processus législatif, initié en décembre dernier, vise à calmer les critiques sur l'injustice ressentie par les entreprises nationales de la structure d'origine à deux taux d'imposition . [...] Beaucoup de gens pensent qu'une telle politique [l’ancienne politique] handicape les sociétés domestiques qui doivent faire face à une concurrence plus dure depuis l'adhésion de
Le 11 mars, la même agence de presse rencontre le professeur Liu Jianwen, président du Centre d’étude du droit financier et économique et professeur à la faculté de droit de Bei-Da (l’Université de Pékin). Il explique en quoi cette nouvelle loi s’inscrit dans le développement logique de l’économie socialiste de marché, une économie où la supervisation étatique occupe une place importante et où la préférence nationale sera amenée à s’affirmer de plus en plus, à mesure que la mondialisation s’étendra, et pour équilibrer cette dernière sur les plans économique et social.
« Interviewé le 9 mars dans la matinée par China.org, le professeur Liu Jianwen a expliqué le projet de
Dans ce domaine, a-t-il poursuivi,
Depuis l'application de sa politique de réforme et d'ouverture, à partir des années 1980,
D'autre part, après la pénétration de capitaux étrangers dans le secteur chinois des services, les entreprises nationales sont confrontées à une forte concurrence avec les entreprises à investissements étrangers. La stabilité sociale et politique de
Trois jours plus tard, le 14 mars, Le Quotidien du Peuple a demandé leur opinion à des députés de l’APN et de
« Yan Xinyuan, député à l'APN, a déclaré de son côté que la "compétition de délaissement d'avantages" pour attirer les capitaux étrangers a permis à des firmes étrangères d'introduire en Chine des projets à haute consommation d'énergie et extrêmement polluants. [...] Il estime que
Pour ceux que la question intéresse, je vous conseille la lecture d’un éditorial explicatif du Quotidien du Peuple qui revient plus précisément sur les tenants et aboutissants de cette réforme. La semaine prochaine, nous parlerons de la nouvelle loi sur la propriété privée.