LE PETIT RENMINBI QUI MONTE, QUI MONTE...

Ce lundi, la rubrique économique du Temps publiait une analyse très pertinente de Charles Wyplosz, professeur à l’Institut de Hautes Etudes Internationales (IUHEI) sur le taux de change du renminbi et le danger qu’il représente pour la stabilité du dollar. On y apprend notamment que :
- Il est possible que la « manipulation » du taux de change du renminbi par
- En réponse aux réformes protectionnistes prises par Pékin, Washington ne trouve rien de mieux pour réagir et se protéger que... imposer de nouveaux droits de douane ! Ce qui montre encore une fois que les chantres de l’ultralibéralisme sont assez malins pour prôner leur idéologie économique dans le monde entier mais pas assez fous pour l’appliquer réellement chez eux lorsqu’ils sont au pouvoir...
- Des réaction en chaîne dans plusieurs pays du monde en direction d’une intervention plus grande des Etats sur les marchés, c’est aussi ça la nouvelle révolution chinoise – et les travailleurs américains peuvent dire merci.
- Une consommation élevée semblait être la recette miracle de la prospérité dans la logique libérale (cette consommation qui semblait être le point faible de
- Comme le relève M. Wyplosz, la croissance chinoise a permis de sortir de la misère de centaines de millions de personnes et c’est un fait unique dans l’histoire, mais n’oublions pas tout de même (et il le relève aussi) que la formidable épargne chinoise n’a été possible que grâce (à cause plutôt) à un manque sérieux dans le domaine des services sociaux ; là aussi certaines réformes s’imposent-
« Après avoir été maintenu rigoureusement accrochée au dollar, la devise chinoise, le renminbi, a été «libérée» en juillet 2005. Libération est un grand mot pour un taux de change qui reste sous l'œil vigilant des autorités chinoises, dont on sait qu'elles savent exercer un contrôle lorsqu'elles le souhaitent. Réévalué de 2% lors de sa libération, le renminbi est désormais fixé vis-à-vis d'un panier de monnaies, dont la composition est un secret d'Etat. Par rapport au dollar, il s'est apprécié de 6%, en deux ans.
A Washington, on s'étrangle de rage. Les Etats-Unis, il est vrai, connaissent un déficit externe impressionnant. Pendant le même temps,
Tout ceci ressemble furieusement à une farce, et c'en est une. Côté américain, le dollar baisse depuis quatre ans, mais auparavant il montait, malgré un déficit persistant. Le déficit américain date de l'arrivée de Bush à
Côté chinois, le renminbi est à l'évidence contrôlé, et l'idée de prendre le moindre risque compétitif en le laissant s'apprécier librement est totalement exclue. Les petits changements sont destinés à donner des arguments aux diplomates, pas à changer la situation. La vraie source du surplus chinois et de l'accumulation de réserves est symétrique de la source du déficit américain : collectivement, les Chinois épargnent près de la moitié de leurs revenus. Parce qu'ils n'ont ni assurance chômage, ni assurance maladie, ni caisses de pension. Leurs revenus ont beau avoir augmenté de près de 10% par an depuis près de vingt ans, ils ont de bonnes raisons de mettre une bonne part de leur nouvelle richesse de côté. [...]
Une appréciation du renminbi ou l'imposition par les Etats-Unis de droits de douane ne changera rien à tout cela, sauf à casser la croissance économique de
Que dira le Congrès américain quand