IL Y A UN AN : LE XIE PLAN QUINQUENNAL

Publié le par David L'Epée

Indication sur une poubelle de la mosquée de Xian, avec en surplus des voeux de bonne chance et une belle faute d’orthographe dans la traduction en anglais...

 

Il y a un an, en avril 2005, le gouvernement chinois adoptait son XIe Plan Quinquennal dont le maître mot était « environnement ». A cette occasion, le célèbre économiste Joseph Stiglitz, qu’on ne présente plus (ancien vice-président de la Banque mondiale, prix Nobel d’économie) faisait dans Le Temps un constat très intéressant de la situation chinoise sous le titre «  La Feuille de Route de la Chine  : entre Croissance et Environnement ». C’était le 13 avril 2006, je vous en propose un morceau :

«  La Chine est sur le point d’adopter son XIe Plan Quinquennal, dressant le décor pour prolonger ce qui est sans doute la transformation économique la plus remarquable de l’histoire, tout en améliorant le bien-être de presque un quart de la population mondiale. Jamais auparavant une partie du monde n’avait connu une croissance aussi durable ; jamais auparavant n’y avait-il eu une telle réduction de la pauvreté. L’explication du succès à long terme de la Chine tient partiellement dans son association de pragmatisme et de vision de l’avenir. Alors qu’une grande partie du reste du monde en développement, suivant le Consensus de Washington, est lancée dans une quête d’augmentation du PIB digne de Don Quichotte, la Chine a une fois de plus établi clairement qu’elle cherchait des augmentations durables et plus équitables des niveaux de vie réels.

 

La Chine se rend compte qu’elle est entrée dans une phase de croissance économique imposant d’énormes exigences à l’environnement qui ne pourront durer. A moins de changer de trajectoire, les niveaux de vie finiront par être compromis. C’est pour cette raison que le nouveau Plan Quinquennal met vraiment l’accent sur l’environnement. […] Le gouvernement évoque depuis plusieurs années une société plus harmonieuse, et le plan décrit des programmes ambitieux pour atteindre ce but. […] Les gaz à effets de serre, par exemple, représentent un problème mondial. Alors que l’Amérique proclame qu’elle n’a pas les moyens de faire quoi que ce soit, la Chine a imposé, en l’espace d’un mois après l’adoption du plan, de nouvelles taxes écologiques sur les voitures, l’essence et les produits du bois. »

Ce constat sur la spécificité du développement économique chinois est assez lucide et on n’a pas l’occasion d’en lire souvent de tels dans la presse européenne, mais quant à la question écologique, les réformes n’ont hélas pas pu se faire aussi efficacement que prévues ; c’est ce qu’avouait le 16 mars dernier, et de manière un peu sèche, le Premier ministre Wen Jiabao en réponse à une question du Financial Times (GB) :

« J’ai déjà détaillé, au cours d’une session de l’Assemblée Populaire Nationale, les raisons de l’échec du plan de réduction des consommations d’énergie et de la pollution, et j’ai proposé huit mesures pour y remédier. Je ne reviendrai pas dessus aujourd’hui. »

Retrouvez l’ensemble de ses réponses aux journalistes sur le site francophone de Beijing News.

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