ECOLOGIE, CAFE AMERICAIN ET EXPECTORATIONS PEKINOISES

Publié le par David L'Epée

Quoi de neuf ces jours-ci du côté de Pékin ? Me revoici avec ma désormais traditionnelle revue de presse pour vous donner quelques nouvelles fraîches de la capitale.

 

Tout d’abord, la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois, qui s’est ouverte la semaine passée et dont j’ai déjà parlé sur ce blog. A côté des représentants « ordinaires » des différents partis et régions (beaucoup de délégués, notamment ceux issus des minorités ethniques, ont pris l’habitude de se rendre en session dans leurs costumes traditionnels), à côté de ces représentants, disais-je, on trouve quelques peoples, et pas des moindres. Le World Economic Forum avait Sharon Stone, la CCPPC a eu ...Gong Li (1) !

 

 

 

La nouvelle nous est rapportée par Le Quotidien du Peuple du 7 mars :

 

« En discussion avec le China Daily lors d'une pause du groupe de discussion de la Conférence Consultative Politique Populaire de Chine (CCPPC), Gong Li a dit qu'elle avait proposé une projet sur la protection environnementale au sommet hiérarchique de l'organe consultatif politique du pays. Ce n'est pas la première proposition soumise par Gong, elle le fait chaque année en tant que membre élue depuis 1998.

 

Dans la proposition de cette année, elle a rappelé l'importance et l'urgence du retraitement des déchets, des eaux usées, et des gas excédant. Même si la nature semble avoir accordé à la Chine quelques éléments défavorables, elle pense que le pays pourrait réaliser un bon travail si les gens prennaient conscience de l'importance de l'environnement et commencaient à agir maintenant. L'interview a été interrompue par d'autres journalistes et membres du CCPPC lui réclamant des autographes. »

 

Vous noterez le sens aigu des priorités des délégués et de nos amis journalistes... Souhaitons tout de même que ce projet soit entendu, tant il est vrai que la crise écologique en Chine est, de l’avis de beaucoup, le problème numéro du pays.

 

Toujours à la CCPPC , on a laissé la tribune à Deng Yaping, un délégué venu parler des Jeux Olympiques de 2008. Il a affirmé que le moment venu, « chaque personne devrait s'introniser ambassadeur de cet évènement. » Ce qui ne signifie rien de moins qu’une réforme en profondeur des comportements des Pékinois. Le Quotidien du Peuple du 13 mars cite longuement les paroles de Deng Yaping, revenant entre autres sur un sujet dont il a déjà été question sur ce blog :

 

« La mauvaise habitude numéro un est de cracher en public. Certains diront que cela n'est pas un grand problème, ou que cela est bien trivial. Mais cela affecte sérieusement notre image. Les étrangers verront à quel point nous ne sommes pas civilisés face à l'étendue de la pratique. Si nous ne nous débarrassons pas de cette habitude, peu importe comment nous sommes bien préparés pour les JO, comment sont propres les rues, comment sont colorés nos ballons de baudruche et nos fleurs, comment sont bien approvisionnées nos échoppes, comment nous parlons couramment plusieurs langues étrangères, comment nous déployons notre accueil chaleureux – du moment qu'ils nous voient cracher, l'image de la Chine en sera touchée.


Dans beaucoup de places publiques, plusieurs panneaux plaident pour ou demandent de ne pas cracher. Mais certains les oublient simplement. Même les pénalités financières ne portent pas leurs fruits. Il est plus difficile d'éliminer cette pratique des Pékinois que de rénover le vieux centre. La principale raison est que les Pékinois ne prennent pas conscience du problème et n'ont pas la détermination de le faire, et le gouvernement de la ville n'a pas d'approche efficace du problème. Fondamentalement, cracher devrait être éradiqué des habitudes, pas juste seulement parce que les Jeux sont un spectacle international, et pas seulement par égard pour les étrangers, mais aussi parce que nous avons besoin d'améliorer la perception de notre communauté et de notre société. »

 

Une véritable croisade qui semble beaucoup préoccuper les autorités depuis quelques mois. Il est difficile, depuis l’extérieur de la Chine , de se rendre compte à quel point l’image donnée au reste du monde par le pays est importante pour les Chinois et à quel point ils y sont attentifs. L’événement des JO n’est que la partie émergente du phénomène. Mais j’avoue qu’à côté de l’appel écologique de Gong Li, un énième débat sur le crachat paraît un peu ...trivial – comme dirait Deng Yaping.

 

Après la CCPPC , tournons-nous vers l’Assemblée Populaire Nationale (APN), où l’affaire Starbucks, dont nous avions parlé il y a quelques semaines, n’a pas fini de faire des remous. Jiang Hongbin, député de la province du Nord-est du Heilongjiang, n’entend pas laisser recoloniser impunément la Cité Interdite , comme le rapporte Le Quotidien du Peuple du 13 mars :

 

« Un législateur chinois a proposé une motion pour retirer "immédiatement" le Starbucks de la Cité Interdite à Pékin, à la suite de nombreuses critiques postées sur internet à propos de la présence du café américain dans le palais impérial. « Starbucks doit d'emblée se soustraire du palais impérial, et ne peux plus être autorisé à entacher la culture nationale chinoise ! » a déclaré Jiang Hongbin. [...]


Le café demeure encore là deux mois après l'initiative en ligne d'un présentateur télé d'information de lancer une campagne pour expulser l'établissement de l'ancien palais, a déclaré Jiang. Bien que celui-ci ait retiré son enseigne extérieure, il incite à avancer vers de substantielles étapes supplémentaires dans le but de retirer définitivement la présence non méritée du service quelque peu exotique. « Tant qu'il sera présent dans le palais impérial, il posera un défi à notre culture traditionnelle ! » a ajouté Jiang.


Rui Chenggang, un présentateur d'information pour la Télévision Centrale de Chine (CCTV) a demandé à Starbucks de se retirer de la Cité Interdite dans un blog en janvier de cette année, lequel a reçu le soutien de plus d'un demi million de "netoyens" (citoyens du net). »

 

Là aussi, nous ne pouvons qu’abonder dans son sens. Comme le comprennent de mieux en mieux et en grand nombre les Chinois, la pénétration sur le marché chinois (et sur des sites historiques millénaires !) de grandes multinationales étrangères n’est pas innocent, et il s’agit pour le pays de rester vigilant s’il ne veut pas devenir la victime de sa propre politique d’ouverture vers l’extérieur.

 

Ce qui nous amène à finir sur cette sage réflexion de Nicolas Chapuis, ministre conseiller de l’Ambassade de France en Chine, qui a dit dans un interview accordé le 8 février à China.org :

 

«  La Chine doit promouvoir sa culture classique, garder les idées progressistes et refuser les idées réactionnaires. Il ne faut pas chercher la démocratie à l'étranger. »

 

A méditer.

 

sur le même sujet :

 

-          Les  Voeux  de  Nouvel-an  du  Parti  Communiste  Chinois

-          Pékin  Institue  la  Journée   de   la  Queue

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-          J’irai  Cracher  sur  vos  Tongs

-          Un  Chinois  Part  en  Croisade  contre  Starbuck

 

(1) une des plus célèbres actrices chinoises

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Publié dans revue de presse

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J'ai ouvert un blog politique sur http://desirsdavenir86000.over-blog.net/ alors venez le voir et dite ce que vous en penser dans les commentaires pour que je l'ameliore, merci d'avance!!!!<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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