PEKIN INSTITUE LA JOURNEE DE LA QUEUE

Publié le par David L'Epée

Je vous avais parlé il y a quelques temps des reproches adressées par la Chine à ses touristes à l’étranger au sujet de comportements jugés incivils. Je vous avais également parler de l’habitude qu’ont de nombreux Chinois de cracher à grand bruit un peu partout. Le feuilleton des Chinois et des bonnes manières (ou plus spécialement d’une certaine conception des bonnes manières) ne semble pas être fini. Plus l’échéance olympique de 2008 approche, et plus les autorités chinoises, et plus spécialement pékinoises, tiennent à faire de leurs administrés des modèles de grâce et de raffinement.

 

Amendes contre les incivilités, sacs à crachats, exercices de fil indienne, slogans mobilisateurs : l’offensive ne fait que commencer. Le 26 février, Libération nous rapporte l’information suivante :

 

« Les Jeux olympiques de 2008 sont l'occasion de multiples bonnes résolutions. A Pékin, la dernière urgence, annoncée par voie de presse, est d'apprendre à renoncer au resquillage, sport national. Depuis dimanche, chaque 11 du mois devient une «journée de la queue». Comprendre les interminables files qui s'étirent aux arrêts de bus, à l'entrée des sites touristiques et dans les aéroports, fréquentés par les «amis étrangers». Pékin ne veut plus voir qu'une seule tête. Sur la très chic avenue Wangfuging, une armée de retraités volontaires en uniforme bleu s'est chargée de faire respecter le slogan « Faire la queue est civilisé, être poli est magnifique» . Chaque quartier a le sien. Zhang Huiguang, directeur du bureau du développement éthique de la capitale, a expliqué l'esprit de son projet : «Partout où il y a plus de deux personnes, elles doivent attendre en ligne.»  D'où le chiffre 11 choisi pour le jour de la queue. [...]

 

Pas un arrêt de bus à Pékin sans propagande : «Je représente la Chine auprès des étrangers», «Je participe aux JO, c'est un honneur». Des campagnes sont régulièrement lancées contre le dépôt d'ordures sauvage et les crachats. Shanghai, qui se prépare à l'exposition universelle de 2010, a innové, fin janvier, en distribuant des sacs à crachats aux chauffeurs de taxi, afin de contrer l'habitude de certains d'expectorer par la fenêtre. Une annonce qui a déclenché une vague de protestations sur le Net, la plupart des internautes se déclarant «dégoûtés» à l'idée de voyager avec un tel récipient, dont la vocation, de toute façon, «est de finir balancé par la fenêtre» . Pékin se contente pour l'instant d'affichettes pour enrayer le fléau, et de punir les cracheurs et jeteurs d'ordures d'une amende de 50 yuans (5 euros, le prix d'un bon repas au restaurant). »

 

Le symbole du 11 proposé par le directeur du bureau du développement éthique ne manque pas de justesse, si ce n’est qu’une queue de deux personnes à Pékin, ça n’existe pas, même pas le dimanche matin très tôt... Et puis un jour par mois pour la queue, ça laisse tout de même une trentaine de jours chaque mois pour le joyeux désordre pékinois. Si les spectateurs étrangers des Jeux Olympiques veulent de l’exotisme, ils vont être servis !

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Publié dans revue de presse

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