HONG KONG : « LA VIOLENCE DU STUPRE »
Dernier texte choisi de notre série sur Maria-Antonietta Macciocchi et son livre « De
Pour ceux que ces trois textes auront intéressés, je vous recommande chaleureusement la lecture du livre en entier ; je ne crois pas qu’on le trouve en réédition (inutile de préciser pour quoi – tous les écrivains maoïstes en Europe se sont depuis longtemps résolus au boycott des médias) mais en cherchant chez les bouquinistes ou certaines librairies spécialisées, ça devrait pouvoir se trouver. 
J’arrive ainsi au poste-frontière anglais, qui porte l’emblème de Sa Majesté britannique, et je suis tellement bouleversée que policiers et femmes-policiers me regardent d’un air narquois. Dans le train qui part pour Hong Kong, un jeune Chinois en livrée veut à tout prix nous vendre des cigarettes américaines, du whisky, du chocolat, tout ce qu’on ne trouve pas en Chine, ainsi que de l’eau à des assoiffés. Nous refusons obstinément.
Par la portière, je vois les premières Chinoises habillées à l’occidentale : talons hauts et minijupes sur des jambes auxquelles conviendrait mieux le pantalon. La mode occidentale est sans pitié. Qu’elles sont plus élégantes, les femmes de Chine, dans leurs costumes de toile ! Ces jeunes Chinoises occidentalisées sembles alourdies par la laque sur leurs cheveux bouffants, le maquillage massif sur leurs petits visages – vieilles idoles païennes. [...]
Le retour en Occident par l’entonnoir de Hong Kong est froidement instructif, féroce. [...]
Hong Kong est un saut en arrière dans le temps, un saut d’un quart de siècle : le visage de Shanghaï ou de Canton avant

Une femme nous demande l’aumône. Un vieillard au sourire humilié tend vers nous une paume servile pour y recevoir quelque piécette. Passe un Américain coiffé d’un blanc chapeau texan à
Ainsi, tout recommence, me dis-je, le système des classes, les soumis et les supérieurs, la solitude humaine entassée comme les pierres d’une pyramide pour soutenir, au sommet, quelques élus. Je n’ai qu’une hâte, fuir Hong Kong, cette ville en boîte de la civilisation bureaucratique. N’ai-je pas déjà vu tout ça ? N’ai-je pas vu déjà cette population entassée sur les jonques,qui vit comme des bans de poissons entre l’île de Kowloon et Hong Kong, et ces petits Chinois qui plongent pour aller saisir avec les dents, au fond de l’eau, le demi-dollar local (cinquante centimes) que leur a lancé un riche touriste en canot automobile ? Je revois les écoliers de Torche Rouge.
L’Occident a fait de Hong Kong son avant-poste, avec ses China-watchers, les « guetteurs de Chine », semblables à ceux qui suivent à la jumelle les migrations d’oiseaux, et qui achètent la moindre information sur
Hong Kong, après
(Maria-Antonietta Macciocchi, De