QUAND LA JEUNESSE ATTIRE L'ATTENTION DES MEDIAS CHINOIS
De retour de Dezhou où j’ai passé le Nouvel-An, je reprends du service en commençant par une revue de presse de quelques nouvelles glânées çà et là dans les médias chinois cette semaine. Le thème de cette revue : la jeunesse.
Une chose qui frappe à Pékin lorsqu’on traverse une cour d’école primaire, c’est que beaucoup de petits Chinois sont gros, trop gros. La faute en est à une mauvaise alimentation (il y a toute une partie de la cuisine chinoise qui use et abuse de friture, ce qui est souvent savoureux mais pas très diététique si on ne mange que ça) et à une hygiène de vie inadéquate, due notamment à l’excès de travail demandé aux écoliers et aux étudiants, entraînant par ailleurs un manque d’exercice. Le Quotidien du Peuple du 26 décembre nous apprend que certains hauts responsables du gouvernement ont décidé de prendre les choses en mains :
« Selon une enquête nationale, 25% des garçons urbains sont trop gros et envrion 70% des lycéens et 83% des étudiants sont myopes. [...] « L'éducation physique constitue une importance vitale dans le programme scolaire. Elle permet non seulement de former un physique robuste mais de développer un esprit de coopération, d'amitié et de persévérance » a souligné la conseillère chinoise d'Etat Chen Zhili lors d'une conférence nationale sur l'éducation physique. Mme Chen a officiellement inité le programme "Education Physique de
En Chine, la poésie est parfois là où on s’y attend le moins...
Le pays n’en a pas fini d’examiner et de juger sa jeunesse. A peine les écoliers relancés sur un sprint ou un cent mètres (et les Jeux Olympiques approchent, ne l’oublions pas), on révèle les résultats d’une nouvelle étude sociologique internationale intitulée « Etude comparative de la conscience vitale des élèves du deuxième cycle de l'enseignement secondaire de
« En ce qui concerne le comportement vital, les élèves chinois ne se résignent pas à une vie fade et insipide et ils aspirent ardemment à la réussite sociale et professionnelle. [...] Dans cet environnement grandiose, les élèves chinois font beaucoup de rêves, aspirent ardemment à une vie heureuse et sont pleins d'espoir dans leur avenir. [...] Mis en comparaison, les élèves chinois se penchent plus vers la collectivité que les autres, mais ils sont en retard en ce qui concerne leur conscience autonome d'existence. [...]
Pour les préoccupations sociales, l'étude montre que les élèves chinois s'intéressent beaucoup plus aux affaires d'Etat par rapport aux élèves des trois autres pays. Les spécialistes ont indiqué que ce phénomène est dû aux raisons suivantes : Primo,
Je ne sais pas exactement ce que signifie la « conscience autonome d’existence » (mais que peut-être tous les lecteurs du Quotidien du Peuple ont l’oeuvre complète de Descartes sous la main), pas plus que je ne comprends quel est « le sens de leur devoir de maître » duquel doivent « s’imprégner » les jeunes Chinois. Maîtres de qui ? Ou les traductions françaises de ces articles sont de plus en plus mauvaises ou le fameux quotidien emploie des plumes de plus en plus mystiques et absconses – heureusement que tout cela se passe dans un « environnement grandiose »...
Cette fois, nous passons dans les pages du Beijing Review, qui, cette semaine, nous parle de l’explosion de la blogosphère chinoise, qui touche de plus en plus de jeunes. Faut-il s’en réjouir ? S’en inquiéter ? La réponse de l’hebdomadaire a au moins le mérite d’être claire :
« Nous devons traiter avec discrétion le phénomène de blog des adolescents. Il faut guider les enfants dans l’utilisation correcte et convenable du blog. En tous cas, les élèves doivent mettre leurs études en première place. Si l’on néglige les études et la vie normale pour l’Internet, le gain ne compense pas la perte. Le blog impose aussi une contrainte éthique. Vu leur manque d’autocontrôle, il vaux mieux que les enfants participent à la cybervie sous l’égide de leurs éducateurs. »
Même si le ton moralisateur de l’article passe un peu mal, je suis globalement d’accord avec l’idée, d’autant que les blogosphères européennes et américaines nous ont donné dans différents domaines les modèles à ne pas suivre. Contrôle et responsabilité de tous restent les maîtres-mots dans l’Internet chinois, et ce n’est que raison, même si ce n’est pas au goût de tout le monde.
En effet, un brillant esprit nommé Youri Regnier a publié cette semaine sur Agoravox un enième article fustigeant l’entrée de Google sur le marché chinois et les conditions auxquelles le célèbre moteur de recherche a dû se plier pour être accepté. Le nouveau cette fois, c’est qu’au milieu de son pamphlet suintant la bien-pensance libérale-libertaire, il se permet de nous parler d’éthique et d’accuser Google d’être immoral. Il est vrai que si Google a passé ce contrat avec le gouvernement chinois, ce n’est pas pour l’idéal d’un Internet propre, mais uniquement pour le profit ; mais l’essentiel n’est-il pas le résultat ? A moins que M. Regnier ne pense que laisser se développer la web-pornographie et l’hyper-violence soit plus conforme à l’éthique ? Mais on ne donne pas d’eau à l’âne qui ne veut pas boire.
Pour finir sur une touche plus amusante et parce qu’il est vrai que les jeunes Chinois ont besoin d’exercice physique, Le Quotidien du Peuple du 29 décembre nous rapporte la tenue d’un concours très particulier organisé à l’occasion de Noël :
« Le 24 décembre 2006, plusieurs couples ont participé à un concours, avec le mari tenant sa femme dans ses bras, comme une activité de célébration de Noël et de
