UNE ECOLE DANS LA CHINE DES ANNEES 70

Publié le par David L'Epée

Voici un nouvel extrait de Maria-Antonietta Macciocchi, l’auteur que je vous ai présentée dimanche dernier. Dans le passage suivant, l’auteur décrit ce qu’elle a vu en visitant une école primaire. Vous constaterez que c’est assez impressionnant...

 

Puis la maîtresse écrit la directive du 7 mars, que les enfants lisent en choeur, en s’aidant des caractères latins écrits au-dessous des idéogrammes. Cette jeune maîtresse semble avoir dix neuf ans, mais elle en a en réalité vingt six. Elle aussi, en alternance avec le paysan, interroge les enfants :

 

« Jadis, les ennemis de classe ont exploité le peuple. Peut-on s’entendre avec eux ? »

 

Deux enfants lèvent la main pour répondre. La parole est donnée à l’un deux qui dit :

 

« Non. Un jour, un ennemi de classe voulait m’emmener boire et manger. Je n’ai pas accepté en me souvenant des souffrances qu’il avait infligé à mes camarades de l’ancienne société. »

 

Un autre enfant ajoute :

 

« Une fois, ma mère voulait que je danse et que je chante devant un propriétaire foncier. J’ai refusé. Ma mère s’est mise en colère. Quand nous sommes revenus à la maison, j’ai dit à ma mère : « Comment peux-tu me faire danser et chanter pour amuser un ennemi de classe, qui a exploité le peuple et qui t’a exploitée, toi aussi ? Tu n’es pas une femme logique ! »

 

Une autre question : « Faut-il travailler pour la révolution ou pour le bien-être et pour l’argent, pour transformer sa propre pensée ou pour les stimulants matériels de Liu Shao-chi ? »  

 

Trois enfants lèvent la main pour répondre. Une fillette raconte :  

 

« J’avais perdu mon insigne du Président Mao, le plus beau que j’avais, et j’ai pleuré de tristesse chez moi. Mon père voulait me donner de l’argent, m’acheter des jouets et des gâteaux pour me consoler. Mais je lui ai dit : « Non, papa, je pleure parce que j’ai une raison idéale, et tu veux me donner des incitations économiques, comme Liu Shao-chi, pour me corrompre ! »

 

 

 

(Maria-Antonietta Macciocchi, De la Chine , Seuil, 1971, p. 290)

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Publié dans littérature

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