NOE PROFESSEUR, GRAPHISTE ET OBSERVATEUR DE LA VIE JAPONAISE

Publié le par David L'Epée

Suite, comme chaque lundi, des aventures japonaises de Noé.

                                                   

 Pour ma subsistance, je continue de donner des cours d'anglais et enseigne aussi le francais. Mon ami neuchâtelois expatrié à Shizuoka m'a refilé un de ses cours de français qu'il a organisé lui-même avec des personnes interessées en louant une salle. Le cours dure une heure et demie et s'intitule "Le Cercle de Francais" ; il comprend cinq femmes adultes d'une bonne cinquantaine d'annees venues certainement plus par loisir que par réel interet pour la langue.

 

 

Nous somme allés une première fois avec mon ami pour qu'il m'introduise et c'est alors qu'il m'a reservé une bonne surprise. Après dix minutes à donner des explications uniquement en japonais à son public débutant, il me lance: « Ah, au fait, je ne t'ai pas dit ? Je dois bientôt partir, j'ai un rendez-vous important ce soir. Je te laisse te débrouiller pour la suite. Les bouquins sont ici sur la table. Bonne chance! ». Et il me laisse devant l'auditoire qui ne comprend pas suffisament le francais pour pouvoir l'employer, avec un livre que je découvre en même temps que mes élèves. Je ne sais pas comment j'ai fait pour la bonne heure restante, mais je m'en suis plutot bien sorti. Il faut croire que mon japonais n'est pas si mauvais que je le pensais...

 

J'ai également pu créer un logo sur l'ordinateur portable de mon collocataire, pour une entreprise de Shizuoka, ce qui m'a rapporté un petit pécule. C'est une compagnie qui exporte des produits japonais de qualité à l'étranger tels que meubles, accessoires, lames, et autres objets traditionnels. Il leur fallait donc une communication assez traditionnelle et typiquement japonaise, c'est pourquoi notre choix s'est porté sur les portiques rouges qui précèdent les temples shintoistes. Leur forme typique en font un des emblèmes graphique du pays. Il a fallu décliner la typographie en lettres romaines et également en kanji (caracteres japonais).

                                    

 

En sortant de la maison pour diverses raisons, je remarque fréquemment des étudiants de l'ecole primaire, secondaire et du gymnase en costume, qui se déplacent dans les rues. Les garcons portent en général une sorte d'uniforme noir à boutonnière et col, et les filles de beaux costumes marins avec jupes et longues chaussettes montantes blanches. Bien que chaque école possède son propre uniforme, on aperçoit cependant une certaine constance dans le style vestimentaire et les couleurs sombres. Les enfants du jardin d'enfants, quand à eux, se coiffent d'un petit chapeau et d'un gros sac à dos avec autocollant fluo. C'est un peu déroutant (surtout pour les filles) au début mais on s'y fait. Par contre, là où c'est plus impressionnant, c'est qu'on les croise à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, en semaine autant que le week-end. N'y a-t-il donc pas de trève pour la jeunesse japonaise ? Durant la semaine, ils enchaînent après l'école avec les juku, des cours privés de soutien, frequentés par deux tiers des étudiants, qui peuvent se terminer vers les 21-22 heures, moment où les parents pourront tranquillement revenir de leur travail pour voir leurs enfants. Vient ensuite le samedi, qui est également un jour d'études dans certaines écoles, et le dimanche, où l'on peut prendre d'autres cours privés, passer des examens, etc... Et ce n'est pas que des ragots sensationnels, je connais certains élèves que j'ai pu questionner moi-même.

 

Un voyage (meme s'il s'étend actuellement sur un plus ou moins long terme) comporte toujours une série de péripéties et de difficultés qui, une fois surpassées, ajoutent au périple un brin de charme et d'excitation. Je n'y fais donc pas exception, et le problème du moment est la prolongation de mon visa. Je viens d'apprendre aujourd'hui qu'il m'est impossible d'étendre mon séjour sans un billet d'avion qui prouve mon depart du territoire nippon. Cela ne fait donc que confirmer le fait que je doive rentre un peu plus directement que prévu en Suisse. Mais le problème ou plutôt les problèmes sont les suivants :

 

1)      N'ayant pas de planning précis, il m'est extrêmement difficile de dire quand je quitterai le pays (je ne sais même pas encore s’il me sera possible de séjourner chez certains de mes contacts japonais et pour combien de temps) et donc de definir une date de depart pour le billet d'avion.

2)      Comment acheter un billet d'avion à l'avance, à des centaines de kilomètres de distance de l'aéroport, dans la langue japonaise, et comment pouvoir payer cedit ticket ?

3)      Je suis parti de Suisse avec deux cartes, l'une bancaire et l'autre postale pour augmenter mes chances de pouvoir retirer de l'argent. Le compte bancaire qui se vide gentiment fonctionne parfaitement, mais pour pouvoir acheter un billet d'avion, je vais devoir utiliser les ressources du compte postal. Petit problème : malgré les recommandations d'une amie japonaise vivant en Suisse, cette carte n'a pas fonctionné dans les divers endroits où je l'ai essayée. J'ai eu beau demander des informations au guichet, ils étaient tellement désolés et mal a l'aise de m'informer aprés quinze minutes de recherche qu'ils ne pouvaient rien faire pour moi qu'ils étaient presque au bord des larmes. Il faudra pourtant bien que je trouve un moyen de libérer le sésame.

 

Mais avec un peu de confiance, quelques connexions et un brin de magie venu du ciel, il n'y a aucun doute que je finisse par trouver une solution. Je vous laisse donc sur cette note de suspens et vous dis à bientot (je devrai si tout se passe bien rentrer aux alentours du début du mois de février).

 

Meilleures pensees a tous.

                              

 

pour écrire à Noé : noe.maeder@heidigmail.com

Publicité

Publié dans voyage de Noé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article