NOE LE NOMADE REDEVIENDRAIT-IL SEDENTAIRE ?

Publié le par David L'Epée

Après deux semaines de silence, quelques nouvelles fraîches de notre ami Noé, installé pour le moment dans la ville japonaise de Shizuoka.

 

Cette lettre électronique vous est envoyée depuis la même ville que là où je vous ai ecrit un mois plus tôt. C'est que je m'y suis installé pour un petit moment, certainement jusqu'à la fin du mois de janvier. Une petite présentation s'impose donc.

 

Shizuoka, ville principale de la province du même nom, comprenant trois millions et demi d'habitants, est située à proximité d'une des plus grandes merveilles du Japon : le Mont Fuji, équivalent de notre Cervin national (d'ailleurs visité par un tres grand nombre de Japonais). Géographiquement au centre de l'île principale du pays (Honshuu), elle est cernée au sud par l’Océan Pacifique et au nord par les "Alpes du Sud" (chaine de montagnes).

 

Ma vie actuelle de sédentaire s'enrichit donc de petites habitudes : bouton de la machine à café, porte de la salle de bain qui coince, jour des poubelles, lessives, ménage, etc... Ménage qui d'ailleurs doit fréquemment être effectué à cause de mon collocataire frivole et insouciant qui profite bien à l'extérieur des dernières heures de la nuit. Et vas-y que je laisse traîner ma nourriture et ma vaisselle sale, et mes affaires étalées dans le salon, et mes cheveux dans la salle de bain, et mes lessives toujours dans le tambour de la machine à laver, et le courrier qui s'entasse dans l'entrée... Cela mis a part, c'est quelqu'un de sympathique et social, qui reste très simple, accessible et généreux. Nos rapports se passent donc sans probleme particulier et sans tous la minutie et l'attention que requièrent les relations avec le peuple japonais. Pas de gant a prendre (ils sont rangés dans le tiroir... ou plutôt traînent sur la table de la cuisine).

 

Pour beaucoup de raisons dont certaines déjà évoquées dans ma précédente lettre, ne désirant et ne pouvant plus rentrer sans éviter l'avion, j'ai changé la totalité de mes Traveller's Check en yens. D'ailleurs, maintenant que je me suis installé et que j'étudie, l'ensemble de mes affaires (habits citadins, livres pour mon projet, objets usuels, cadeaux) sont devenus tellement importants qu'il m'est impossible de tous les porter sur le dos.

 

Mon "couineur à pédales" (vélo) est actuellement dans un sale état, tout ammoché qu'il est par la rencontre avec les montagnes de Hakone et une vingtaine de kilos de bagages à supporter. Après la descente de ladite montagne, les freins sont devenus inexistants et c'est les pieds qui prennent le relais pour s'arrêter avant la collision fatale. Le Japon (comme une bonne partie de l'Asie) est un pays cyclopède et la ville de Shizuoka se situe tout en tête du pays dans ce genre de deplacement. Il faut dire que les rues étroites et le sol plat favorisent l'usage du vélo. Ce qui fait donc que c'est assez dangereux de circuler pour les automobilistes, et ajoutez à cela un autre danger public ambulant sur un couineur a pédales tel Gaston Lagaffe et sa Fantastica.... Le vélo ne possède pas non plus de lampe et maintenant que c'est l'hiver, la nuit tombe très rapidement, mais le bruit et les grincements qu'il dégage continuellement avertissent à l'avance les gens aux alentours (fort heureusement car la sonnette s'est détachée sans prévenir, comme le manche gauche du guidon).

 

A la maison, l'hiver se fait sentir plus même qu'en Suisse, bien que la température hivernale descende rarement au dessous de cinq degrés (pas de neige en hiver malheureusement). C'est que les parois de la bâtisse sont fines et l'emploi de portes vitrées coulissantes à une épaisseur seulement n'aide pas à l'isolation. On enclenche donc les petits radiateurs électriques et la climatisation, car il n'y a pas d'autres systèmes de chauffage. Peut-être est-ce à cause des tremblements de terre ou dû à une différence culturelle, mais toujours est-t-il que les maisons nipponnes sont dépourvues de radiateurs muraux. On fait chauffer la bouilloire pour avoir un peu de the vert chaud et apprecier le nabe (sorte de pot-au-feu dans une marmite chauffée au gaz sur la table).

 

Comme je me réveillais pendant la nuit à cause du froid, mon aimable patron m'a prêté un radiateur électrique pour ma chambre et un grand sac de couchage d'intérieur confortable et chaud. Au réveil, c'est donc difficile de s'extraire de ce nid douillet et chaud et il m'arrive de rester malgre moi une bonne heure de plus au lit. Pour la durée de mon séjour, je n'ai pas acheté de juton (literie japonaise) et utilise mon matelas gonflable. Je me suis par contre muni d'une bonne paire de pantoufles utiles en dehors des sols de tatamis (sol de paille tresse japonais).

                                           

 

pour écrire à Noé : noe.maeder@heidigmail.com

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Publié dans voyage de Noé

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