« AUX FRONTIERES DE LA HONGRIE, ILS NONT PAS REAGI... »

Je reproduis ci-dessous les paroles de Budapest, une chanson très partisane du chanteur français Jean-Pax Méfret sur la révolte hongroise de 1956. Je ne le cite qu’à titre d’ « objet culturel », car du reste, Jean-Pax Méfret est un artiste assez nauséabond : se qualifiant lui-même de réactionnaire, proche de l’extrême droite, engagé sur la scène de la musique dite « identitaire », son oeuvre se résume à des pamphlets anti-communistes et des apologies de l’Algérie française.
Ils étaient plus de cent mille
Ils marchaient dans les rues
La neige tombait sur la ville
Tu ne t’en souviens plus...
Ils venaient pour protester
Ils criaient des slogans
Des ouvriers
Des étudiants
Soudain, ils ont vu des chars
Qui stationnaient sur les boulevards
Ils ont vu les soldats armés
Ils ont chanté
Un morceau d’histoire française
Tout d’un coup, les a fait rêver
Helena avait quinze ans
Elle a pris un fusil
Izvan n’avait que douze ans
Il est mort aussi
Si je chante cette chanson, c’est pour que le souvenir reste
Gloire aux enfants de Budapest !
Soudain, ils ont vu des chars Qui avançaienr sur les boulevards Ils ont vu les soldats tirer Ils ont chanté la Marseillaise Un morceau d'histoire française Dans leur coeur cognait : liberté ! Ils étaient plus de cent mille Ils couraient dans les rues Le sang coulait sur la ville Tu ne t'en souviens plus...
Aux frontières de
Ils n'ont pas réagi
La suite, c'est Prague et Varsovie
Là-bas, il y a des chars
Qui stationnent près des boulevards
Il y a des miliciens armés
Dans les prisons polonaises
On se tourne vers la terre française
En criant : Solidarité !
Si je chante cette chanson, c’est pour que le souvenir reste
Gloire à tous ceux qui luttent à l'Est !

Il me paraît donc intéressant d’observer comment l’extrême droite a pu faire son jeu de cet événement, notamment ici en célébrant un utopique « modèle français » dans l’action des insurgés (allusions à
La révolte de Hongrie est toutefois difficilement récupérable, car au stade actuel de la recherche historique, il semblerait bien qu’elle ait eu lieu de façon tout à fait spontanée, et qu’elle soit le fait du peuple hongrois lui-même, et non par l’action souterraine des agents américains, comme ça a souvent été le cas en URSS (et comme ce le fut plus récemment en Ukraine avec
Car il n’y a pas que les impérialistes qui trouvaient leur compte dans cette déstabilisation de l’URSS. Les fascistes de tous bords, plaçaient leurs espoirs, par idéologie, dans le retour d’un gouvernement ultra-nationaliste débarrassé du communisme (un peu comme cela se passera plus tard en Pologne où les sympathiques ouvriers révolutionnaires de Solidarnosc ont laissé place à d’écoeurants populistes catholiques et xénophobes). Leurs espoirs ont été déçus puisque actuellement, c’est une clique socialiste qui dirige le pays – ce qui ne vaut vraiment pas mieux, si on en croit ce qu’on dit de ce gouvernement corrompu et menteur. Mais pour combien de temps encore ?
Comme vous l’avez vu si vous avez lu la presse ce mois de septembre,
Ce gouvernement est de plus en plus fragilisé, la crise est loin d’être finie, et après Hongrie 56 pourrait bien venir Hongrie 2006, avec un vrai retour du nationalisme hongrois... Entre deux maux, difficile de savoir quel est le moindre.
