HIP-HOP A PÉKIN (II)

Publié le par David L'Epée

première partie du texte :  Hip-Hop à Pékin (I)

Quelques mots encore sur la soirée hip-hop au Yugong Yishan. Toujours conformément aux traditions du genre, le groupe pékinois Section 6 a terminé son show par une open mic session, laissant successivement le micro à tous ceux qui voulaient le prendre. En Europe, les prétendants se seraient piétinés les uns les autres, tant il est vrai, comme je l’ai lu quelque part, que « chez nous, il y a un groupe de hip-hop par cage d’escalier » alors qu’en Chine, pour l’instant, le phénomène est très marginal. Je n’avais pas vraiment l’intention de saisir l’occasion, mais mon amie Jiu Shanmei, qui était avec moi ce soir-là, me poussa au premier rang, affirmant qu’elle ne me laisserait pas quitter la Chine avant de m’avoir entendu raper. « Oho ! un MC étranger ! » s’exclama un des MC’s de Section 6, me faisant signe d’approcher et me tendant le micro. Après avoir interprêté une version raccourcie de Prenez Garde au Réveil (certains de mes amis connaissent la chanson [1] ), j’ai passé le micro à un autre volontaire.

La session s’est poursuivie, de MC à MC, de rapeur confirmé à amateur, dans une ambiance que les amateurs de hip-hop connaissent bien. A mon exception, tous étaient évidemment Chinois, et je pense même Pékinois pour la plupart (si j’en crois l’accent). Nous avons continué ce jeu-là jusqu’à six heures du matin, toujours avec un petit groupe de spectateurs réunis en cercle autour de nous. Jiu Shanmei, fatiguée, était rentrée se coucher ; à quelques rares exceptions, il n’y avait d’ailleurs plus que des hommes dans la salle. Tous largement abreuvés de Tsintao (la bière chinoise par excellence), nous ne voyions plus le temps passer et les heures se succédaient, dans le tressautement des basses et la transpiration, sans que personne ne déclare forfait. Vers la fin, un des rapeurs s’est écroulé en plein freestyle, tombant lourdement sur le sol dans un ultime hoquet. Nous l’avons transporté jusqu’à un canapé à l’autre bout de la salle (il faisait tout de même son poids) où nous l’avons laissé dormir et couver son vin.

Personne, bien sûr, ne comprenait la teneur de mes textes et de mes improvisations (ils ont même eu de la peine à identifier de quelle langue il s’agissait) mais j’ai par contre quant à moi pu exercer mon écoute et je suis maintenant persuadé que le chinois est une langue de prédilection pour le rap. J’ai promis à mes nouveaux amis de travailler à un ou deux lyrics (textes) en chinois et de leur envoyer l’enregistrement dès que j’aurais obtenu quelque chose de passable. Le plus impressionnant pour moi a été d’assister à quelques clash incroyables (voir première partie du texte), que je comprenais en partie, et qui mettaient à la fois à contribution la verve, l’imagination, le débit et la gestuelle des « combattants ». Autour des deux rivaux, nous étions serrés, épaules contre épaules, et nous soutenions successivement l’un ou l’autre, en fonction de leur prestation. Voilà qui redonne envie de se remettre à l’écriture et aux répétitions – ainsi qu’aux cours de chinois... Un grand moment de hip-hop que je n’oublierai pas de sitôt.

[1] Le disque Emincé de Poulet, réunissant des chansons du groupe les Gallapias et de votre serviteur, est toujours disponbible à mon e-mail.

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Publié dans mon quotidien

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M
yéé!<br /> On se réjouit d'entendre tes textes en chinois ! On bosse sur des beats qui iront bien avec.<br /> Garde contact et fait des featuring !<br />  <br /> Tchô
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