LES RAISONS DE MON VOYAGE
Mon intérêt pour la Chine est né il y a quelques années de cela d’une rencontre avec le célèbre homme de lettres Armand Gatti, invité quelques jours à Neuchâtel par des étudiants de mon université. Armand Gatti, metteur en scène, poète et cinéaste, est également un grand spécialiste de la Chine, pays dans lequel il a vécu à plusieurs reprises et qu’il a beaucoup étudié au cours des dernières décennies (il a maintenant plus de quatre-vingt ans). Il a notamment très bien connu le président Mao, avec qui il entretenait de bons contacts et qui l’a plusieurs fois reçu personnellement. Il a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet et enseigne aujourd’hui encore le chinois en banlieue parisienne. A titre d’introduction très générale, je vous conseille son livre Chine paru dans la collection Petite Planète chez Seuil en 1956.
A la suite d’une de ses conférences, j’ai pu avoir un long entretien avec lui au sujet de la Chine qui a résolument allumé ma curiosité pour ce pays. Dès ce moment, j’ai dévalisé les bibliothèques et les librairies et ai lu un grand nombre d’ouvrages sur la Chine, surtout dans le domaine de l’histoire, et plus spécialement de l’histoire moderne. L’actualité m’y aidant, je me suis ensuite intéressé à des questions d’économie, de géopolitique et de sociologie touchant à l’actualité de ce grand pays.
Une chose en entraînant une autre, j’en suis venu à m’intéresser à la langue chinoise, à la fois pour des raisons instrumentales (son apprentissage était pour moi une condition sine qua non si je voulais un jour aller en Chine) et parce que je la trouvais extrêmement belle et plaisante, comme j’avais pu m’en faire la réflexion en regardant des films chinois (je suis très amateur de cinéma asiatique et ai quelques connaissances dans ce domaine). J’ai pris alors contact avec plusieurs Chinois vivant ou résidant à Neuchâtel pour leur demander des cours de langue, que je payais en nature, c’est-à-dire en leur enseignant le français en retour. A côté des leçons, je poursuivais mes lectures personnelles, suivais l’actualité chinoise (notamment grâce aux journaux chinois on line), visitais quelques expositions d’art chinois et continuais de m’instruire sur les différentes facettes de cette culture.
En dehors des cours de l’Université à Pékin, je n’ai pas (encore) de projet particulier à faire valoir, mais je souhaiterais faire, à titre personnel, un certain nombre de recherches historiques et d’observations sociologiques en vue de l’écriture d’un livre. Je ne peux pas ici en préciser davantage la thématique, car cela dépendra de ce que j’apprendrai sur place, et je souhaite partir sans présupposé de quelque sorte que ce soit. Il est toutefois certain que j’en reviendrai avec un texte, car je ne sais pas exactement ce que je trouverai dans ce pays, mais je sais qu’il y aura de toutes façons quelque chose à en dire. Ce blog est, en quelque sorte, la première pierre.
Quoi qu’il en soit, je n’ai pas l’ambition, comme beaucoup d’Occidentaux aujourd’hui, de partir en Chine pour faire fortune et profiter des opportunités économiques actuelles. Mon intérêt pour ce pays, qui a pris peu à peu la forme d’une véritable passion, est surtout culturel et procède d’une certaine gratuité – et c’est en cela que je me permets de parler de passion. Un peu dans la même démarche qu’Armand Gatti, je suis attiré par la Chine sous l’effet de ma curiosité et d’une certaine connivence que je crois avoir avec l’esprit de ce peuple.
Ceci étant dit, passons à la pratique.