Aujourd’hui, le dernier épisode des aventures de Noé au Japon.

Quelques jours plus tard, me voilà de nouveau le sac au dos, à faire mes adieu et je m'envole (en train) pour Kyoto, ancienne capitale du Japon et gardienne culturelle du pays. Ce n'est pas pour rien que l'on surnomme Kyoto "la ville aux mille temples". Malgré une urbanisation assez forte, elle a su garder son patrimoine entre temples bouddhistes, shintoïstes, musées et autres attractions. C'est une vraie mine d'or pour le touriste, raison pour laquelle les lieux ont pour la plupart perdu de leur authenticité originelle. Les cars arrivent en grands nombres, déchargeant leurs cargaisons humaines qui remontent les ruelles jalonnées de boutiques souvenirs menant à d'éminents temples, must-seen de tout bon voyageur. J'allègue ici la critique, ayant moi-même passé par ces points incontournables que sont notamment : le Ginkaku-ji et son homologue le Kinkaku-ji, le Ryoan-ji, le Kyomizudera, Sanjusangendo, Nijo-jo, To-ji, etc... J'ai pu cependant, ayant des contacts dans la ville, me faire guider dans des endroits plus discrets et inconnus qui sont d'autant plus appréciés pour leur calme et leur authenticité.
J'ai eu la chance de pouvoir rester une semaine sur place dans une famille possédant une maison traditionnelle. On m'a fourni la chambre d'ami avec tatami et parois shoji et la pièce était éclairée par la superbe calligraphie et son bouquet de fleurs (ikebana) présents dans l'alcôve (tokonoma) de la pièce. Ce qui est pratique à séjourner chez des gens, outre l'aspect financier évident, est qu'on peut manger local, discuter culture et politique, se rendre compte du mode de vie actuel, obtenir toutes sortes d'astuces et adresses intéressantes à visiter. On m'a donc indiqué un petit marché se tenant une fois par mois devant le temple To-ji et qui s'appelle le Kobosan. On vend sur place toutes sortes d'objets traditionnels, pour certains de bonnes affaires, pour d'autres des reproductions bon marché. Il y a également des yatai, petits magasins ambulants vendant de la petite restauration aux passants (pour les connaisseurs : takoyaki, okonomiyaki, yakitori, dango, yakisoba, dorayaki,...). Je ne sais pourquoi, à chaque fois que je voyais un objet intéressant et m'enquérais du prix, c'était toujours hors de portée. A force de fouiller et farfouiller, j'ai cependant pu trouver un kimono, un joli bracelet et une petite boite en bois (in'ro) pour des coût très raisonnables.
Nara, une des première capitale du pays et également grand patrimoine culturel japonais ne se trouve qu'à quelques kilomètres de Kyoto. Raison pour laquelle j'ai pu faire une excursion d'une journée dans cette ville. Elément caractéristique de l'endroit, le grand nombre de daims en liberté se trouvant dans les immenses parcs de la ville. Comme ils sont là depuis quelques siècles, ils se sont complètement habitué à la présence de l'homme et viennent fréquemment quémander de la nourriture. On trouve à leur attention nombre de petits stands vendant des biscuits pour daim. Certains touristes ignorants, ne comprenant leur fonction, les consomment.
En se baladant dans les parcs, on trouve une grande quantité de temples dont les fameux Kofuku-ji et Todai-ji. Dans ce dernier se trouve la plus grande statue de bronze japonaise de Bouddha mesurant
Quand on évoque Kyoto, Gion, le quartier des Geisha (on dit plutôt Geiko) s'impose rapidement à l'esprit. Mais laissez-moi faire une petite précision avant même toute confusion stupide. Les Geiko sont des femmes versées dans les arts qui sont formées très sévèrement dès l'enfance. Elles ne sont fréquentées que par l'élite fortunée du pays et ne donnent absolument pas dans la prostitution ! De par leur formation, elles représentent une partie du patrimoine japonais en conservant l'apprentissage des arts traditionnels (danse, chants, musique,...) qui tend à être oublié par la jeune génération japonaise.
Je me suis donc rendu dans cet ancien quartier toujours en activité pour voir de près à quoi cela ressemble. Seulement voilà, comme c'est un milieu très discret, il est pratiquement impossible de pouvoir voir quoi que ce soit des maisons de thé closes sur leurs façades extérieures. On peut donc se promener dans ces petites ruelles aux maisons mitoyennes faites en bonnes parties de bois mais exemptes de fenêtres sur la rue. Les touristes sont également présents et attendent devant l'entrée des maisons de thé célèbres l'arrivée d'une Geiko pour la prendre en photo. Ces dernières se font de temps à autre apercevoir rapidement avant de pénétrer dans une maison de thé. Les flashs alors crépitent mais la belle ne prendra pas le temps pour la pose. Heureusement, car sinon il est probable qu'elle n'atteigne jamais son lieu de rendez-vous. Les clients (souvent de riches Japonais) quand à eux se rendent en taxi aux vitres teintées, jusque devant l'entrée des établissements. Ils ont souvent dû être introduit par des personnes influentes pour pouvoir assister à ce genre de soirées très particulières.

Le voyageur en quête d'expériences, un peu déçu par ces apparitions fugitives pourra reporter son attention sur le Gion Corner, un théâtre situé dans le quartier qui donne des performances tout public chaque soir. Evidemment un peu moins intime qu'une soirée en tête-à-tête avec une Geiko, c'est néanmoins l'opportunité pour découvrir plusieurs arts traditionnels. Sur scène sont jouées de petites performances rapides qui donnent un bon aperçu des styles (cérémonie du thé, musique au Koto, arrangement de fleurs, Gagaku, Kyogen, Kyomai, Bunraku). C'était notamment pour moi l'occasion de voir une Maiko (apprentie Geiko) effectuer une danse traditionnelle.
Après d'autres surprises dans cette ville merveilleuse vint fatalement le temps où je dû faire mes adieux à ma famille d'accueil pour me diriger sur Tokyo d'où partait mon avion pour
Comme mon avion partait très tôt le lendemain matin de Narita, aéroport situé en dehors de la ville, et qu'il n'y avait pas de transport à cette heure ci, j'ai dû y aller la veille et dormir (ou du moins rester) sur place. J'avais le droit à vingt kilos de bagages et un sac à main de douze kilos et j'avais scrupuleusement pesé mes affaires pour arriver à cette limite. J'étais donc un des voyageurs les plus chargé du vol. Comme j'avais choisi le vol le meilleur marché, j'ai dû faire une escale de deux heures à l'aéroport de Incheon (Séoul). Autant dire que de la Corée je n'ai vu que le plateau repas de l'avion.
Arrivé dans la capitale, j'ai pu retrouver des amis que j'avais connus lors de mon premier passage dans la ville et nous sommes allés ensemble au karaoké. Nous avons loué une salle pour deux heures où nous nous sommes cassés la voix sur des airs japonais et internationaux. Pendant ce temps, on peut également faire des commandes de boissons à volonté. Puis nous avons poursuivi la soirée dans un izakaya, sorte de petit bistrot où l'on consomme alcool et petite restauration. Le troquet, situé dans une cave, était vraiment populaire et la déco faisait un peu Belle Epoque façon japonaise (un intéressant mélange).
Quand je suis arrivé vers les 17h. à Zurich, je pensais encore faire du stop jusqu'à Neuchâtel en regardant les plaques de voitures sur le parking de l'aéroport et en demandant au gens s'ils voulaient bien me prendre. Seulement voilà, pratiquement toutes les plaques étaient Zurichoises, les autres étant suisse-allemandes. Je me suis donc posté devant l'endroit d'arrivée des voyageurs où attendaient nombre de familles à l'écoute d'une langue familière. Mais voici ce qu'on pouvait alors entendre: Schlüsslï-schlukrrrr di schlaaksii guëttt krrrrrr... Je comprenais tellement mieux le dialecte japonais que cette bizarrerie ! Après une heure à entendre des krrrrrrr j'ai finalement opté pour le billet des CFF qui m'a quand même coûté 45 fois plus cher pour la même distance que le Transsibérien ! Mais comme je n'avais plus trop envie de rentrer à pied...
Je suis actuellement rentré chez mes parents à Boudry où j'y ai trouvé une chambre à ma disposition. Je suis en train d'étudier sérieusement mon projet japonais que je vais réaliser à Neuchâtel et cherche un travail pour mes après-midi et soirées. Si vous avez un bon plan, faites-moi signe !
Voilà, j'espère sincèrement vous revoir et vous dis donc à tout bientôt en terre helvète !














