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« Il n’arrive pas fréquemment qu’on puisse dire : "Si je n’avais pas vu cela, je ne l’aurais pas cru". Cette impression, on l’éprouve en Chine ; elle incite à témoigner. »

(Alain Peyrefitte, Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera)

         

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mémoire

Jeudi 12 octobre 2006

Ce matin, le ciel est bleu – c’est assez rare par ici – et les rues sont balayées par un vent frais, presque automnal, chargé de sable du désert. Mais ce jour est un peu particulier : cela fait exactement trente ans que, le 9 septembre 1976, Mao nous a quittés. Trente ans pendant lesquels les changements se sont succédés en Chine mais où la ligne directrice est restée la même : la République populaire est une et indivisible sur son territoire, elle l’est également dans le temps, et c’est la garantie de sa stabilité.

Ayant acheté un petit bouquet de neuf fleurs rouges (pour symboliser le neuvième jour du neuvième mois), je pars à la recherche d’un monument à la mémoire de Mao que j’avais aperçu quelques jours auparavant, pour y déposer ce modeste hommage. J’irais bien à Tienanmen, mais c’est loin et je ne me souviens plus quelle ligne de bus je dois prendre. Après deux heures de marche dans Pékin, je dois me rendre à l’évidence : il m’est impossible de retrouver ce mémorial – bien que ce ne soient pas les statues à l’effigie de Mao qui manquent. Je vais devoir me résoudre à faire un autre usage de mon bouquet.

Dans les rues où je passe, dans un quartier un peu insalubre et ayant l’air d’être en démolition (à Pékin, ce qui n’est pas en construction est en démolition), je vois qu’on a sorti de nombreux portraits du Grand Timonier ainsi que des drapeaux rouges. Des femmes brûlent de l’encens ou allument des bougies sur le pas de leur porte, quelques hommes ont même ressorti leur vieux costume de toile verte, et je vois çà et là le touchant hommage que rend le petit peuple à l’homme qui l’a sorti de la féodalité. Le Parti, m’a dit Bo, s’est quant à lui réuni en privé avec quelques officiels pour célébrer cet anniversaire, et le public n’a malheureusement pas été convié à cette occasion. Qu’importe – la mémoire de Mao appartient à tous les Chinois, et je dirais même à tous les socialistes du monde, car il fut une icône pour les peuples exploités bien au-delà des frontières de l’Asie.

Je laisse les intellectuels occidentaux se moquer ou s’offusquer de cette ferveur presque religieuse chez le peuple chinois ; quand on se trouve face à ces témoignages simples et émouvants de communion populaire, on ne peut que ressentir un profond respect. Voir cela me remet du baume au cœur ; j’en avais bien besoin car j’ai eu l’occasion de m’attrister, toute la semaine, en lisant sur le sujet les éditoriaux et les articles édifiants de nos petits soldats de la pensée unique dans la presse occidentale. La mauvaise foi, la malhonnêteté intellectuelle, voire parfois le révisionnisme historique, s’affichent sans le moindre scrupule dans les pages de nos grands quotidiens, et je me sens à chaque fois blessé personnellement quand la vieille rancœur anti-communiste de mon Europe natale fait reparaître son visage grimaçant aux tribunes. J’en éprouve à chaque fois une grande honte et un sentiment de révolte, dans mon impuissance à ramener toute cette clique aboyeuse à un peu plus d’objectivité.

Comprenez-moi bien : il ne s’agit pas de nier les erreurs de Mao ni même de les relativiser ; elles furent souvent sanglantes (et ce bien malgré lui), mais doit-on vraiment les imputer à un seul personnage et doit-on vraiment appeler criminel un homme qui s’est quelquefois, comme tous, trompé dans ses visions ? Et comment pouvons-nous évaluer honnêtement le bilan de son travail titanesque ?

La Chine était féodale ; elle est maintenant une république.

La Chine était une colonie ; elle est maintenant indépendante.

La Chine était pauvre et affamée ; elle marche maintenant vers la prospérité.

Mao, c’est avant tout cela : la résistance contre l’envahisseur japonais, la libération nationale, la réunification d’un immense territoire, l’émancipation de la femme, la scolarisation des masses, l’autonomie, et le retour si longtemps désiré à une Chine fière d’elle et pouvant compter sur ses propres forces.

Comme il est facile de rouer de coups un cadavre ! Comme il est grossier de flétrir la mémoire d’un homme le jour de son anniversaire ! Et quel affront pour le peuple que cet homme a guidé pendant tant d’années ! Mais les gens, ici aussi, savent bien que la supériorité d’une meute de chiens vivants sur un lion mort n’est qu’apparente. Mao n’est plus de ce monde, mais la construction qu’il a patiemment édifiée est devenue plus forte encore que de son temps et elle est prête à résister à toutes les attaques les plus félonnes de ceux qui vont jusqu’à draper leur haine viscérale du socialisme dans de beaux motifs humanitaires – suivez mon regard… Diffamez, diffamez, tout cela finira dans l’oubli plus tôt que vous ne le pensez. Mais la mémoire des grands, elle, perdurera.

« Je méprise la poussière qui me compose et vous parle ; on pourra persécuter et faire mourir cette poussière ! Mais je défie qu'on m'arrache cette vie indépendante que je me suis donnée dans les siècles et dans les cieux. Dispersez mes membres aux quatre vents ; il en surgira des républiques. Arrachez-moi le cœur, mangez-le, vous deviendrez ce que vous n’êtes pas : grands. » (Saint-Just)

Par David L'Epée
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Jeudi 12 octobre 2006

Henry Norman Bethune est né au Canada en 1890. Il fait des études de médecine et se spécialise en chirurgie thoracique. Il s'enrôle comme brancardier durant la Première Guerre mondiale. Il entre au Parti Communiste canadien en 1935. En 1936, au plus fort de la répression franquiste contre les républicains espagnols, il rejoint le peuple en lutte dans le maquis et participe, en tant que médecin, au grand combat antifasciste. Là, il met en place des unités mobiles de transfusion.

A la tête d’une équipe médicale de volontaires, il part pour la Chine en 1938, où la guerre contre l'occupant japonais fait rage, et devient chirurgien de l'Armée populaire. Il atteint Yenan, où Mao s’est retranché avec les résistants communistes, vers mars-avril et va peu après dans la région frontière du Chansi-Tchahar-Hopei. Animé d'un fervent esprit internationaliste et faisant preuve du plus grand dévouement et d'une totale abnégation, le camarade Béthune soigne, pendant près de deux ans, les malades et les blessés de la Ve Armée de Route, souvent au péril de sa vie. Il meurt le 12 novembre 1939 en Chine après avoir contracté une infection sanguine au cours d'une opération.

Le 21 décembre de la même année, Mao Zedong lui rend hommage dans un discours et appelle les communistes chinois à le prendre pour exemple. Bethune est enterré dans le mausolée consacré aux martyrs de l'hôpital qu'il a créé à Shijiazhuang, près de Pékin.

Par David L'Epée
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Jeudi 12 octobre 2006
Je viens de découvrir un site intéressant que je conseille à tous mes lecteurs chinois (car il n'est - malheureusement pour les autres - disponible que dans cette langue). Ce site, qui a déjà accueilli 4,6 millions de visiteurs depuis son ouverture en 2003, est une sorte de mémorial numérique dédiée à la Longue Marche et à ses héros. Il a été créé par des jeunes de la Ligue de la Jeunesse Communiste de Chine, dans le but, nous explique le site d'information China.org, de "constituer une véritable plate-forme pour les jeunes Chinois qui souhaitent commémorer les héros et découvrir l'esprit de la Longue Marche". Conçu à la fois comme un site historique, un lieu interactif (plus de 13'000 messages ont déjà été laissés par des internautes !) et une archive audiovisuelle, ce site, par sa richesse et son attractivité, constitue une référence dans le domaine.
 
 
Cette page présente des vidéos de reconstitution des événements ; je n'ai pas encore trouvé s'il était possible de les télécharger pour pouvoir les visionner hors du site, mais elles me paraissent dignes d'intérêt (visuellement, la qualité est très bonne) et elles constituent une première approche pour les Chinois qui voudraient réviser leurs bases d'histoire : http://www.china5000.org.cn/cz/yyzp.htm
Par David L'Epée
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Jeudi 12 octobre 2006

Ce qui est intéressant dans le personnage de Bethune et ce qui est significatif de son aura, c’est qu’il est vraiment devenu un héros national en Chine, ce qui est un chose extrêmement rare pour un étranger. Le texte qui le montre le mieux est certainement ce discours que Mao prononça à sa mémoire le 21 décembre 1939, et que je vous retransmets ici dans son intégralité :

 

Le camarade Norman Béthune était membre du Parti communiste du Canada. Il avait une cinquantaine d'années lorsqu'il fut envoyé en Chine par le Parti communiste du Canada et le Parti communiste des Etats-Unis ; il n'hésita pas à faire des milliers de kilomètres pour venir nous aider dans la Guerre de Résistance contre le Japon. Il arriva à Yenan au printemps de l'année dernière, puis alla travailler dans le Woutaichan où, à notre plus grand regret, il est mort à son poste. Voilà donc un étranger qui, sans être poussé par aucun intérêt personnel, a fait sienne la cause de la libération du peuple chinois. Quel est l'esprit qui l'a inspiré? C'est l'esprit de l'internationalisme, du communisme, celui que tout communiste chinois doit s'assimiler.

Le léninisme enseigne que la révolution mondiale ne peut triompher que si le prolétariat des pays capitalistes soutient la lutte libératrice des peuples coloniaux et semi-coloniaux et si le prolétariat des colonies et semi-colonies soutient la lutte libératrice du prolétariat des pays capitalistes. Le camarade Béthune a mis en pratique cette ligne léniniste. Nous, membres du Parti communiste chinois, devons faire de même. Il nous faut nous unir au prolétariat de tous les pays capitalistes, au prolétariat du Japon, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis, de l'Allemagne, de l'Italie et de tout autre pays capitaliste, pour qu'il soit possible d'abattre l'impérialisme, de parvenir à la libération de notre nation et de notre peuple, des nations et des peuples du monde entier. Tel est notre internationalisme, celui que nous opposons au nationalisme et au patriotisme étroits.

L'esprit du camarade Béthune, oubli total de soi et entier dévouement aux autres, apparaissait dans son profond sens des responsabilités à l'égard du travail et dans son affection sans bornes pour les camarades, pour le peuple. Tout communiste doit le prendre pour exemple.

Ils ne sont pas rares ceux à qui manque le sens des responsabilités dans leur travail, qui choisissent les tâches faciles et se dérobent aux besognes pénibles, laissant aux autres le fardeau le plus lourd et prenant la charge la plus légère. En toute chose, ils pensent d'abord à eux-mêmes, aux autres après. A peine ont-ils accompli quelque effort, craignant qu'on ne s'en soit pas aperçu, ils s'en vantent et s'enflent d'orgueil. Ils n'éprouvent point de sentiments chaleureux pour les camarades et pour le peuple, ils n'ont à leur endroit que froideur, indifférence, insensibilité. En vérité, ces gens-là ne sont pas des communistes ou, du moins, ne peuvent être considérés comme de vrais communistes. Parmi ceux qui revenaient du front, il n'y avait personne qui, parlant de Béthune, ne manifestât son admiration pour lui, et qui fût resté insensible à l'esprit qui l'animait. Il n'est pas un soldat, pas un civil de la région frontière du Chansi-Tchahar-Hopei qui, ayant reçu les soins du docteur Béthune ou l'ayant vu à l'œuvre, ne garde de lui un souvenir ému. Tout membre de notre Parti doit apprendre du camarade Béthune cet esprit authentiquement communiste.

Le camarade Béthune était médecin. L'art de guérir était sa profession, il s'y perfectionnait sans cesse et se distinguait par son habileté dans tout le service médical de la VIIIe Armée de Route. Son cas exemplaire devrait faire réfléchir tous ceux qui ne pensent qu'à changer de métier sitôt qu'ils en entrevoient un autre, ou qui dédaignent le travail technique, le considérant comme insignifiant, sans avenir.

Je n'ai rencontré qu'une seule fois le camarade Béthune. Il m'a souvent écrit depuis. Mais, pris par mes occupations, je ne lui ai répondu qu'une fois, et je ne sais même pas s'il a reçu ma lettre. Sa mort m'a beaucoup affligé. Maintenant, nous honorons tous sa mémoire, c'est dire la profondeur des sentiments que son exemple nous inspire. Nous devons apprendre de lui ce parfait esprit d'abnégation. Ainsi, chacun pourra devenir très utile au peuple. Qu'on soit plus ou moins capable, il suffit de posséder cet esprit pour être un homme aux sentiments nobles, intègre, un homme d'une haute moralité, détaché des intérêts mesquins, un homme utile au peuple.

illustration : entretien de Bethune avec Mao

Par David L'Epée
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Mardi 24 octobre 2006

                                 

Il y a cinquante ans, le 23 octobre 1956, éclatait à Budapest l’insurrection que l’on sait contre le pouvoir stalinien. Menée par les ouvriers et les étudiants hongrois, elle finit écrasée dans le sang par l’armée soviétique. Sur le coup d’une généralisation hâtive, Jean-Paul Sartre s’éloigna de la cause communiste et rompit les liens avec tous les intellectuels soviétiques qui avaient laissé faire ça sans dénoncer. Je ne vous ferai pas ici un rappel des événements, je pense que vous en avez tous une vague idée.

 

Si je me permets de noter cet anniversaire sur ce blog, c’est que cette insurrection a beaucoup fait parler d’elle à l’époque en Chine, et a provoqué différents types de réaction. Pour porter un jugement sur cet événement, le Parti Communiste Chinois est embarrassé car le refroidissement (la glaciation, dirais-je même) des relations sino-soviétiques, le retrait des ingénieurs soviétiques, et les velléités d’indépendance de la Chine , ne le poussent pas particulièrement à prendre la défense de l’URSS.

 

Après avoir pris ce qu’il y avait de bon dans le modèle stalinien, la Chine veut maintenant marcher sans béquille, ne comptant que sur ses propres forces, sans dépendre de quiconque, et surtout pas de cet ancien grand frère qu’elle a répudié. En effet, outre le rappel des ingénieurs qui a provoqué une levée de boucliers générale dans le peuple chinois en laissant le pays dans un grand dénuement, le PCC considère maintenant que l’URSS a trahi – pas seulement la Chine mais l’ensemble de ses alliés. Elle a trahi ses alliés parce qu’elle a trahi le communisme ; Lénine n’ayant pas trouvé de successeur digne de lui, Staline a laissé glisser son empire sur la voie de l’autoritarisme et du révisionnisme, révisionnisme qui a été accentué encore par l’accession de Khrouchtchev au pouvoir.

 

Par quoi se manifeste ce révisionnisme soviétique ? Par la reprise d’exploitations de type crypto-capitaliste, par les accomodement diplomatiques avec les Etats-Unis (l’idéologie khrouchtevienne de la « coexistence pacifique »), par la confiscation du débat politique entre les mains d’une nomenklatura sans participation populaire, bref pas une ligne politique à la Liu Shao Qi. Et, comble du comble, au dernière Congrès de l’Internationale, Khrouchtchev a fait lecture de son rapport secret sur les crimes de Staline devant les représentants communistes du monde entier ! Pour la Chine , c’en est trop : Zhou En-laï, qui représente la Chine au Congrès, quitte la salle, furieux, non sans s’être arrêté devant le corps embaumé de Staline pour lui adresser un dernier salut – symbole éloquent...

                                

 

Robert Guillain, journaliste au Monde, évoque en ces termes, en 1965, le grand mouvement anti-révisionniste et anti-soviétique qui a animé le peuple chinois à ce moment (1) : 

 

« L’offensive idéologique est commencée et se poursuivra impitoyablement, la Chine saisissant toute occasion pour dresser son réquisitoire contre les révisionnistes, soit en public dans sa presse, soit en huis clos dans les rencontres communistes internationales. Elle dénonce les theses soviétiques sur la guerre, la paix, l’atome, le désarmement, et leur oppose ses theses dures, qui prêchent les “justes guerres” de libération des peuples opprimés, et la conquête du pouvoir par la violence dans les pays évolués, plutôt que par la voie parlementaire. Elle attaque la notion de coexistence pacifique telle qu’elle est conçue à Moscou ou dans les partis communistes satellites de Moscou. Elle accuse le camp soviétique de capituler devant le tigre de papier de l’impérialisme américain. Les dirigeants soviétiques, dit-elle, se sont disqualifiés en tant que chefs du mouvement révolutionnaire international. C’est aux vrais marxistes-léninistes, sous-entendu les Chinois er leurs amis, de reprendre le flambeau et de ranimer la flamme de la révolte de tous les opprimés, spécialement dans les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud, terrain d’élection de la lutte anti-impérialiste. »

 

Car en réalité, la Chine ne regrette pas Staline. Pourquoi le regretterait-elle ? Staline était devenu son ennemi, le saboteur de ses efforts, et sa ligne était erronée, il se comportait en despote, son culte de la personnalité, contrairement à celui de Mao, n’avait aucun fondement d’odre pratique. Non, la Chine ne regrette pas Staline et elle n’est pas mécontente de la voir mourir, mais Mao, son « meilleur ennemi » craint que le processus de déstalinisation lancé par Khrouchtchev ne puisse tôt ou tard donner des forces aux révisionnistes chinois et provoquer un processus de démaoïsation de la Chine. Bref , il craint qu’au Printemps de Prague ne succès le Printemps de Pékin...

 

Plus tard, dans son célèbre texte Le Pseudo-communisme de Khrouchtchev et les Leçons Historiques qu’il Donne au Monde, Mao reviendra sur ce péril (2) :

 

« La question est d’une importance extrême, c’est une question de vie ou de mort pour notre Parti et notre Etat. Et sa portée intéresse la cause révolutionnaire du prolétariat pour une période de cent, mille ou dix mille ans. Les changements intervenus en Union Soviétique ont amené les prophètes impérialistes à placer leurs espoirs d’une évolution pacifique dans la troisième ou la quatrième génération du Parti chinois. Nous devons faire mentir cette prophétie impérialiste. »

                                          

Le PCC voue donc Staline et Khrouchtchev à une même exécration, mais pour des raisons différentes. Mais malgré cette haine et cette rivalité – car la Chine prétend maintenant prendre la place de leader de la révolution communiste internationale puisque l’URSS s’est « disqualifiée » elle-même – lorsqu’éclate, en 1956, l’insurrection de Hongrie, le PCC la condamne.  

 

Mais pourquoi, demandera-t-on ? Pourquoi ne pas soutenir les ennemis de ses ennemis ? Il y a à cela plusieurs raisons, dont je vais tenter de citer les deux principales :

 

  1. En l’absence d’informations fiables sur la situation en Hongrie, le PCC n’est pas en mesure de savoir qu’il s’agissait d’une révolte populaire ; il craint que ce mouvement ne soit téléguidé et infiltré par les agents de l’Amérique pour porter un coup brutal à son ennemi impérial. S’il faut choisir son camp entre les Etats-Unis et l’URSS, ce sera l’URSS, sans hésitation, car la Chine pense que la reprise de la lutte idéologique entre les deux grands ennemis est le meilleur moyen de rappeler l’URSS à ses responsabilités et de rompre avec la voie de la « coexistence pacifique » lancée par Khrouchtchev. Incompréhension, donc, doublée d’une manoeuvre stratégique tout à fait cohérente.

 

  1. Après le reniement de Staline, la victoire du soulèvement hongrois serait un deuxième coup dur porté contre la puissance soviétique. Et au sabotage intérieur de l’URSS pourrait correspondre, dans une relation symétrique, un sabotage intérieur de la Chine par ses éléments révisionnistes – car c’est aussi ça l’Internationale : une mondialisation des pratiques révolutionnaires et contre-révolutionnaires...

 

Robert Guillain, dans le même ouvrage, a bien compris ce que l’insurrection de Hongrie pouvait avoir de dangereuse du point de vue maoïste (3) :

 

« Jusqu’ici, la doctrine marxiste présentait la marche de l’humanité vers le communisme comme une évolution inéluctable, même si elle pouvait être coupée parfois d’échecs, comme la Commune de Paris, ou d’accidents, comme la révolte de Hongrie. La thèse nouvelle présentée par le président Mao affirme maintenant que la marche au socialisme n’est pas irréversible. Dans une société socialiste mal dirigée, on peut assister à un retour en arrière vers le capitalisme, à travers le révisionnisme. C’est un péril plus insidieux qu’une action contre-révolutionnaire violente, car il procède par une « évolution pacifique » qui se substitue à la révolution, et détourne la dictature du prolétariat vers le révisionnisme, à la faveur d’une dégénérescence du Parti et de l’Etat. »

 

Ca, c’est en gros la version que l’on pourra trouver dans tous les livres d’histoire. Mais la position chinoise ne vous paraît-elle pas un peu monolithique ? Car, que le PCC rechigne à soutenir les insurgés hongrois pour les raisons susmentionnées, on peut le comprendre, mais qu’il fonce tête baissée dans la voie de la répression alors que celui qui tient le bâton n’est autre que son frère ennemi, c’est tout de même un peu étrange...

                                 

 

En reprenant le livre de Robert Guillain, qui a décidemment fait un travail remarquable sur la question, je trouve un élément inconnu de la plupart des historiens et sur lequel il vaut la peine de s’arrêter (4) :

 

« Je me trouvais à Pékin quand il [Mao] a reçu une délégation de socialistes japonais et leur a donné une extraordinaire interview, qu’ils ont publiée peu après à leur retour au Japon et qui n’a pas été démentie du côté chinois. Bien d’autres pays, explique en substance le président Mao, ont comme la Chine à se plaindre des empiètement territoriaux de l’URSS. Il cite, comme territoires ou régions illégalement dominés ou annexés, la Mongolie , des parties de la Roumanie , de l’Allemagne de l’Est, de la Pologne , de la Finlande. [...] Il y a trop d’endroits occupés par l’URSS, poursuit-il, selon le texte publié par la revue japonaise Sekai Shuho en août 1964. [...] L’Union soviétique occupe une région de 22 millions de kilomètres carrés, alors que sa population est seulement de 200 millions d’habitants. Il est temps de mettre fin à cette répartition. »

 

Etonnant, n’est-ce pas ? Voilà qui décadre, dirait-on, avec la position officielle du PCC en 1956. Si la Hongrie n’est pas citée dans la liste des pays « colonisés » par l’URSS, Mao ne se prive pas de citer des bastions soviétiques aussi importants que la Pologne ou l’Allemagne de l’Est ! Que fait Mao dans cet interview si ce n’est appeler les vassaux de Moscou à se soulever contre leurs maîtres ? Et si c’est bien le message qu’il veut faire passer, qu’est-ce qui l’empêche de prendre parti, a posteriori, pour l’insurrection de Hongrie, qui était justement un soulèvement contre l’occupation soviétique ?

 

Il n’est pas exclu que, huit ans après, le PCC ait reconnu, mais sans le dire, que la révolte de Hongrie avait un caractère authentiquement « soviétique » (au premier sens du terme, car elle a vu se mettre en place contre l’occupation russe de nombreux conseils ouvriers dans la plus pure tradition léniniste). Une révolte populaire, spontanée, légitime – mais n’était-ce pas en même temps un péril énorme, ouvrir la porte aux libéraux, aux suzerains étrangers ? cela aurait-il été conforme aux intérêts du peuple hongrois ?...

 

Nous n’aurons certainement jamais le fin mot de cette histoire...

 

Alors, Hongrie 56 : révolution ou contre-révolution ? Le débat reste ouvert.

                               

 

(1) Robert Guillain, Dans 30 Ans la Chine , Seuil, 1965, p.190 ^

(2) Mao Zedong, Le Pseudo-communisme de Khrouchtchev et les Leçons Historiques qu’il Donne au Monde, 14 juillet 1964

(3) Robert Guillain, Dans 30 Ans la Chine , Seuil, 1965, p. 297

(4) Ibid, p. 193-194

 

pour en savoir plus : Jacques Lévesque, Le Conflit Sino-Soviétique et l'Europe de l'Est, Presses de l'Université de Montréal, 1970

Par David L'Epée
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Samedi 28 octobre 2006

                                

Je reproduis ci-dessous les paroles de Budapest, une chanson très partisane du chanteur français Jean-Pax Méfret sur la révolte hongroise de 1956. Je ne le cite qu’à titre d’ « objet culturel », car du reste, Jean-Pax Méfret est un artiste assez nauséabond : se qualifiant lui-même de réactionnaire, proche de l’extrême droite, engagé sur la scène de la musique dite « identitaire », son oeuvre se résume à des pamphlets anti-communistes et des apologies de l’Algérie française.

 

Ils étaient plus de cent mille

Ils marchaient dans les rues

La neige tombait sur la ville

Tu ne t’en souviens plus...

Ils venaient pour protester

Ils criaient des slogans

Des ouvriers

Des étudiants

Soudain, ils ont vu des chars

Qui stationnaient sur les boulevards

Ils ont vu les soldats armés

Ils ont chanté la Marseillaise

Un morceau d’histoire française

Tout d’un coup, les a fait rêver

Helena avait quinze ans

Elle a pris un fusil

Izvan n’avait que douze ans

Il est mort aussi

Si je chante cette chanson, c’est pour que le souvenir reste

Gloire aux enfants de Budapest !

Soudain, ils ont vu des chars

Qui avançaienr sur les boulevards

Ils ont vu les soldats tirer

Ils ont chanté la Marseillaise

Un morceau d'histoire française

Dans leur coeur cognait : liberté ! 

Ils étaient plus de cent mille

Ils couraient dans les rues

Le sang coulait sur la ville

Tu ne t'en souviens plus... 

Aux frontières de la Hongrie

Ils n'ont pas réagi

La suite, c'est Prague et Varsovie

Là-bas, il y a des chars

Qui stationnent près des boulevards

Il y a des miliciens armés

Dans les prisons polonaises

On se tourne vers la terre française

En criant : Solidarité ! 

 

Si je chante cette chanson, c’est pour que le souvenir reste

Gloire à tous ceux qui luttent à l'Est !

 

Il me paraît donc intéressant d’observer comment l’extrême droite a pu faire son jeu de cet événement, notamment ici en célébrant un utopique « modèle français » dans l’action des insurgés (allusions à la Marseillaise et aux prisonniers qui « se tournent vers la terre française »), et en plaçant cette révolte comme élément déclencheur des troubles qui allaient mener quelques décennies plus tard à la chute de l’URSS (« la suite, c’est Prague et Vasovie »).

 

La révolte de Hongrie est toutefois difficilement récupérable, car au stade actuel de la recherche historique, il semblerait bien qu’elle ait eu lieu de façon tout à fait spontanée, et qu’elle soit le fait du peuple hongrois lui-même, et non par l’action souterraine des agents américains, comme ça a souvent été le cas en URSS (et comme ce le fut plus récemment en Ukraine avec la Révolution Orange ) et comme l’avaient craint la Chine – ce que j’essaie de démontrer dans mon billet d'il y a quelques jours.

 

Car il n’y a pas que les impérialistes qui trouvaient leur compte dans cette déstabilisation de l’URSS. Les fascistes de tous bords, plaçaient leurs espoirs, par idéologie, dans le retour d’un gouvernement ultra-nationaliste débarrassé du communisme (un peu comme cela se passera plus tard en Pologne où les sympathiques ouvriers révolutionnaires de Solidarnosc ont laissé place à d’écoeurants populistes catholiques et xénophobes). Leurs espoirs ont été déçus puisque actuellement, c’est une clique socialiste qui dirige le pays – ce qui ne vaut vraiment pas mieux, si on en croit ce qu’on dit de ce gouvernement corrompu et menteur. Mais pour combien de temps encore ?

 

Comme vous l’avez vu si vous avez lu la presse ce mois de septembre, la Hongrie pourrait bien rentrer une fois de plus en révolution. Cette fois, celui qu’on veut déloger de son trôle s’appelle Ferenc Gyurcsany, et il est socialiste – ou plus exactement social-démocrate, ne mélangeaons pas tout. Il est accusé d’avoir menti au peuple pour se faire élire et d’avoir mis le pays dans une situation de blocage catastrophique, faisant échouer toutes les réformes lancées. Et ceux qui tiennent la rue sont des nationalistes, passablement noyautés par des groupes d’extrême droite. Etrangement, d’autres groupes dissidents, comme les communistes (ils reviennent !) et les anarchistes semblent trouver leur compte dans les émeutes qu secouent actuellement la Pologne , mais je crains hélas que ces éléments ne soient vite débordés par ceux qui ont pris les rennes du mouvement. Réjouissons-nous de voir les sociaux-libéraux en difficulté, mais inquiétons-nous de ceux qui peuvent prendre leur place.

 

Ce gouvernement est de plus en plus fragilisé, la crise est loin d’être finie, et après Hongrie 56 pourrait bien venir Hongrie 2006, avec un vrai retour du nationalisme hongrois... Entre deux maux, difficile de savoir quel est le moindre.

                                     

Par David L'Epée
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Jeudi 16 novembre 2006

« Si nous parlions de la liberté à l’homme de la rue, il ne nous comprendrait certainement pas. La raison pour laquelle les Chinois n’attachent en réalité aucune espèce d’importance à la liberté, c’est que le mot même qui la désigne est d’importation récente en Chine. »

(Sun Yat-Sen)

                                     

« Ce qu’il [Sun Yat-sen] avait vu en Europe et au Japon lui avait donné à penser que les vices de la révolution industrielle pourraient être épargnés à son pays par l’initiative de l’Etat, au nom d’un socialisme fondé sur la générosité et les tradition morales de son peuple. »  (Emile Guikovaty, 1976)

 

« Le Dr Sun Yat-sen a oeuvré avec opiniâtreté pour l'indépendance nationale, le progrès social et le bien-être de la population, apportant une grande contribution à la nation chinoise. Nous devons faire valoir son esprit splendide et rester fidèle à sa dernière volonté, en travaillant inlassablement pour cette oeuvre. 

 

Le redressement de la nation chinoise nous appelle à continuer à travailler dur pendant une longue période. Nous devons garder dans notre mémoire la volonté du Dr Sen Yat-sen afin de faire progresser la noble cause de la nation qu'est le renouveau du pays.


Les membres du Parti communiste chinois sont les fidèles continuateurs de la cause révolutionnaire de Sun Yat-sen. »

 

(Hu Jintao, 12 novembre 2006)

Par David L'Epée
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Mercredi 28 mars 2007

Quelques photos de l’exposition présentée il y a quelques mois par le Musée Militaire de Pékin pour la commémoration du 70e anniversaire de la Longue Marche. Cette exposition, qui rappelle les grandes étapes de cette expédition militaire sans précédent, a connu, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, un succès sans précédent. La Longue Marche reste pour les Chinois un des épisodes les plus héroïques de leur Révolution.

 

un drapeau de l’époque

 

 

comme dans la plupart des musées chinois, la présentation est plutôt encombrée et on ne laisse pas beaucoup d'espace de mur libre...

 

une peinture représentant le célèbre épisode de la traversée d’un pont sous le feu ennemi

 

et une reconstitution du pont

ici, une reconstitution de la salle de séance du comité du Parti Communiste à Yenan

 

ci-dessous d’autres peintures de diverses scènes de la Longue Marche

 

 

 

 

 

 

 

Par David L'Epée
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Mardi 17 avril 2007

Ce dimanche 17 avril, à Rome, la célèbre maoïste italienne Maria-Antonietta Macciocchi est décédée, à l’âge de 84 ans.

 

Militante communiste puis députée européenne du Parti Radical Italien, elle s’était fait connaître, entre autres ouvrages, par son célèbre livre intitulé De la Chine , écrit suite à un voyage dans la Chine de la fin de la Révolution Culturelle. Ce livre, dont nous avons plusieurs fois parlé sur le blog en en citant de larges extraits, lui valut d’être bannie du Parti Communiste Italien, alors complètement inféodé à l’URSS.

 

Nous garderons le souvenir d’une femme courageuse, communiste authentique, féministe de coeur (dans le sens noble), qui avait tenté de réhabiliter la Chine de Mao dans le cercle de l’Internationale, qui n’avait pas eu peur de défier le Kremlin ni de s’exposer aux foudres et à la censure de la bourgeoisie dominante de son pays. Rejetée à la fois par ses anciens camarades de parti, par les staliniens, et par les médias italiens, elle aura laissé dans l’esprit des Chinois qu’elle a rencontré l’image de ce qu’on appelle ici une « amie-étrangère ». L’internationalisme théorisé par Marx et continué par Mao, elle l’avait compris mieux que beaucoup de ses contemporains européens, fussent-ils communistes, car à l’heure où ceux-ci tournaient leurs regards vers Moscou pour y chercher le socialisme, elle l’avait déjà trouvé. A Pékin.

 

Comme ultime souvenir, permettez-moi de citer quelques mots extraits de son livre dans lequel elle rend hommage à la beauté de la femme chinoise :

 

« La femme chinoise est donc presque toujours belle : chez elle, en effet, le style réside dans une manière d’être, une inspiration, une tension intérieure, une façon d’être, humaine et fragile, qui la rend belle, parfois très belle. Ce style, ce sont souvent aussi ses mains, impeccablement fuselées. Et l’on comprend mal que des mains si fines et menues, loin de s’abîmer, puissent être toujours soignées et conserver leur élégance. Pour juger une femme chinoise, il faut donc moins recourir aux critères habituels qu’à l’intuition. On les trouvera alors très belles, dans ce perpétuel mouvement intérieur qui les conduit à adhérer aux idées nouvelles, à s’y frayer une voie, à y créer leur propre modèle. »

 

De la Chine , Seuil, 1971, p. 431

 

Maria-Antonietta Macciocchi sur le blog :

 

-          Ils ne Sont pas comme nous – Shanghai et le Fléau Colonial

-          Une Ecole dans la Chine des Années 70

-          Hong Kong : la Violence du Stupre

Par David L'Epée
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Jeudi 26 avril 2007

Indication sur une poubelle de la mosquée de Xian, avec en surplus des voeux de bonne chance et une belle faute d’orthographe dans la traduction en anglais...

 

Il y a un an, en avril 2005, le gouvernement chinois adoptait son XIe Plan Quinquennal dont le maître mot était « environnement ». A cette occasion, le célèbre économiste Joseph Stiglitz, qu’on ne présente plus (ancien vice-président de la Banque mondiale, prix Nobel d’économie) faisait dans Le Temps un constat très intéressant de la situation chinoise sous le titre «  La Feuille de Route de la Chine  : entre Croissance et Environnement ». C’était le 13 avril 2006, je vous en propose un morceau :

«  La Chine est sur le point d’adopter son XIe Plan Quinquennal, dressant le décor pour prolonger ce qui est sans doute la transformation économique la plus remarquable de l’histoire, tout en améliorant le bien-être de presque un quart de la population mondiale. Jamais auparavant une partie du monde n’avait connu une croissance aussi durable ; jamais auparavant n’y avait-il eu une telle réduction de la pauvreté. L’explication du succès à long terme de la Chine tient partiellement dans son association de pragmatisme et de vision de l’avenir. Alors qu’une grande partie du reste du monde en développement, suivant le Consensus de Washington, est lancée dans une quête d’augmentation du PIB digne de Don Quichotte, la Chine a une fois de plus établi clairement qu’elle cherchait des augmentations durables et plus équitables des niveaux de vie réels.

 

La Chine se rend compte qu’elle est entrée dans une phase de croissance économique imposant d’énormes exigences à l’environnement qui ne pourront durer. A moins de changer de trajectoire, les niveaux de vie finiront par être compromis. C’est pour cette raison que le nouveau Plan Quinquennal met vraiment l’accent sur l’environnement. […] Le gouvernement évoque depuis plusieurs années une société plus harmonieuse, et le plan décrit des programmes ambitieux pour atteindre ce but. […] Les gaz à effets de serre, par exemple, représentent un problème mondial. Alors que l’Amérique proclame qu’elle n’a pas les moyens de faire quoi que ce soit, la Chine a imposé, en l’espace d’un mois après l’adoption du plan, de nouvelles taxes écologiques sur les voitures, l’essence et les produits du bois. »

Ce constat sur la spécificité du développement économique chinois est assez lucide et on n’a pas l’occasion d’en lire souvent de tels dans la presse européenne, mais quant à la question écologique, les réformes n’ont hélas pas pu se faire aussi efficacement que prévues ; c’est ce qu’avouait le 16 mars dernier, et de manière un peu sèche, le Premier ministre Wen Jiabao en réponse à une question du Financial Times (GB) :

« J’ai déjà détaillé, au cours d’une session de l’Assemblée Populaire Nationale, les raisons de l’échec du plan de réduction des consommations d’énergie et de la pollution, et j’ai proposé huit mesures pour y remédier. Je ne reviendrai pas dessus aujourd’hui. »

Retrouvez l’ensemble de ses réponses aux journalistes sur le site francophone de Beijing News.

Par David L'Epée
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«  La Chine est excitante comme peut l’être pour un physicien une équation majeure à poser et à résoudre. »

 

(Guillain Robert, Dans Trente Ans la Chine )

 

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