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« Il n’arrive pas fréquemment qu’on puisse dire : "Si je n’avais pas vu cela, je ne l’aurais pas cru". Cette impression, on l’éprouve en Chine ; elle incite à témoigner. »

(Alain Peyrefitte, Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera)

         

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Lundi 9 juillet 2007

Saurez-vous deviner qui est cette dame portant en bandouillère un sac marqué de l’étoile rouge et de la phrase « Servir le peuple », célèbre slogan maoïste ? Cameron Diaz elle-même, lors d’un voyage au Pérou ! L’endroit n’était certes pas le mieux choisi (compte tenu de son histoire récente) mais c’est bien la première fois que je vois une star hollywoodienne parée d’un même accessoire que moi...

 

Toujours dans le domaine insolite, le site China.org nous apprend le 15 juin que Hong Kong lancera dès le 1er juillet une nouvelle chaîne de télévision où l’on pourra regarder vingt quatre heures sur vingt quatre la vie quotidienne de deux pandas de l’Ocean Park, offerts récemment par le gouvernement central. Un nouveau Loft Story en quelque sorte, mais avec le sexe en moins – si j’en crois la réputation des pandas.

 

Que l’on reparle des événements de 1989 à Tiananmen dans les médias occidentaux ne fait pas l’affaire des autorités de Pékin qui reçoivent une fois de plus de nouvelles menaces de boycott de leurs Jeux Olympiques. Une dépêche Xinhua datée du 6 juin nous rapporte l’affaire suivante :

 

«  La Chine a exprimé mardi sa forte opposition face à une déclaration faite par un officiel américain reliant les Jeux olympiques de Beijing à l'incident de Tiananmen en 1989. "Les Jeux olympiques constituent un important événement mondial et nous nous opposons fermement à l'ingérence dans les affaires intérieures de la Chine sous prétexte des jeux", a déclaré Jiang Yu, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Le porte-parole du Département d'Etat américain Tom Casey a dit récemment que la Chine devrait être mise sous un contrôle plus strict à l'approche des Jeux olympiques de Beijing. Il a aussi critiqué la Chine pour l'incident de Tiananmen en 1989. Mme Jiang a souligné que la Chine avait eu une conclusion claire à propos de la tourmente politique à la fin des années 1980. Au cours des deux dernières décennies, la Chine a maintenu la stabilité sociale et le développement économique, et obtenu des progrès dans l'édification démocratique et juridique, a rappelé Mme Jiang, ajoutant que le peuple chinois jouissait de la liberté et de divers droits de l'homme. "Le gouvernement et le peuple chinois continueront à suivre le chemin du socialisme aux caractéristiques chinoises", selon la porte-parole.

 

Les Etats-Unis, par leurs propres buts politiques, ont critiqué et attaqué la Chine sans aucun fondement depuis des années, ce qui viole sérieusement les principes dans les relations internationales et constitue une ingérence imprudente dans les affaires intérieures de la Chine. " La Chine en est très mécontente et s'y oppose fermement. Nous demandons aux Etats-Unis d'arrêter leurs erreurs et de s'occuper de leurs propres violations des droits de l'homme aussi bien à l'intérieur du pays qu'à l'étranger", a conclu la porte-parole. »

 

Mais l’Oncle Sam a plus d’une flèche à son arc quand il s’agit de donner l’assaut contre le péril jaune. Lorsque ça ne marche pas sur le front olympique, on essaie à tout hasard sur le front militaire. Le 15 juin, une autre dépêche Xinhua explique :

 

«  La Chine est opposée à l'utilisation de la prétendue puissance militaire de la Chine par un officiel de haut rang du Département américain de la Défense qui exagère la "menace chinoise", a déclaré jeudi 14 juin Qin Gang, porte- parole du ministère chinois des Affaires étrangères. "Nous sommes opposés à ce qu'un officiel américain, sans tenir compte des faits, utilise le problème de la prétendue force militaire chinoise pour exagérer la "menace chinoise" et s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine ", a déclaré Qin lors d'une conférence de presse régulière. Richard Lawless, sous-secrétaire adjoint américain à la Défense chargé de l'Asie-Pacifique, a déclaré mercredi que la croissance de la puissance militaire de la Chine brisait l'équilibre entre la partie continentale de la Chine et Taiwan et allait influer sur l'équilibre des forces régionales voire mondiales, selon le ministère chinois des Affaires étrangères. [...] "Nous souhaitons que la partie américaine puisse respecter ses engagements répétés pour soutenir la politique d'une seule Chine, observer les trois communiqués sino-américains, s'opposer à 'l'indépendance de Taiwan', arrêter la vente d'armements à Taiwan et ne plus envoyer de faux signes aux forces de 'l'indépendance de Taiwan'", a fait remarquer Qin. [...] " La Chine espère qu'à travers ces échanges, les Etats-Unis auront une compréhension correcte de la politique de la défense nationale de la Chine ainsi que de sa position sur le problème de Taiwan", a-t-il dit. »

 

Dans les institutions internationales, ça ne va pas mieux. On connaissait l’éternel bras-de-fer entre la Chine et les Etats-Unis, mais celui-ci semble se jouer aussi maintenant dans le jeune Conseil des Droits de l’Homme (où pourtant les Etats-Unis ne siègent pas !). Ces derniers temps, ce Conseil planche sur la mise en place de ses structures, et tous les pays membres ne semblent pas être d’accord. En première ligne de l’opposition à la ligne proposée par le comité dirigeant : la Chine. Le 28 juin, Stéphane Brussard, envoyé spécial du Temps, nous expliquait l’affaire et revenait sur les raisons de la dispute :

 

« Trente-deux semaines de négociations n'ont cependant pas suffi à faire émerger une solution acceptable pour les 47 membres du Conseil. Tout s'est finalement décidé au cours des dernières 24 heures. [...] D'emblée, deux pays menacent le consensus: la Chine et la Pologne. La ministre mexicaine des Affaires étrangères Patricia Espinosa appelle son homologue chinois à Pékin. Commence alors un marathon diplomatique. Jusqu'à 23h50, Luis Alfonso de Alba tient plus d'une vingtaine d'entretiens bilatéraux, seul, sans assistant, sans conseiller. Le délégué chinois s'y rend à de multiples reprises, Pékin ne souhaitant négocier qu'avec le président. L'ambassadeur allemand Michael Steiner, qui préside la délégation de l'Union européenne, également. Défilent aussi une dizaine de délégations dont Cuba au nom des pays non alignés ainsi que la haut-commissaire aux droits de l'homme Louise Arbour, très inquiète de la tournure des événements. Quant à l'influence de Washington sur ces négociations, elle se confirme par l'irruption à deux reprises de l'ambassadeur américain Warren Tichenor dans le bureau du président du Conseil. Les Etats-Unis ne sont pourtant pas membre d'un Conseil pour lequel ils ont refusé à deux reprises de faire acte de candidature (!). [...]


Les Chinois (délégation formée de quatre personnes de Genève et de deux experts venus de Pékin) sont montrés du doigt, accusés de torpiller le consensus à la dernière minute. Ils exigent une majorité d'un tiers des Etats membres pour déposer une résolution visant à mandater un expert pour examiner la situation des droits de l'homme dans un pays et de deux tiers du Conseil pour l'adopter. L'Union européenne juge la requête inacceptable et un bras de fer s'engage entre l'UE et la Chine. Michael Steiner n'a qu'un mot à la bouche: «C'est la guerre des nerfs.» Entre un délégué chinois et un représentant de la Commission européenne, le ton monte. Pour la Chine , sans cette clause, le Conseil risque de reproduire le fonctionnement de l'ex-Commission et de n'adopter des résolutions que contre les pays dits du Sud. Et puis cette majorité qualifiée permettrait au Conseil de remplir une mission plus proche de la conception chinoise du Conseil : s'atteler uniquement aux violations graves et systématiques des droits de l'homme et laisser les Etats régler eux-mêmes les cas mineurs. [...] Conseiller à la mission de la République populaire de Chine à Genève, La Yifan confirme: « Nous aurions pu éviter ce psychodrame si l'Union européenne nous avait pris d'emblée au sérieux. »

 

La Chine semble donc s’en tenir à sa ligne habituelle en terme de politique internationale : plaider pour le Sud contre le Nord et faire valoir les souverainetés nationales contre l’arbitrage des grandes puissances et des institutions internationales. Ca se défend.

 

Parlons un peu philosophie à présent. Les philosophes de la Chine classique ayant retrouvé, depuis une vingtaine d’années, une grande popularité, les intellectuels sont de plus en plus nombreux à écrire sur le sujet et à proposer des cours. Mais sont-ce là de vrais amoureux de la philosophie ou de vulgaires sophistes attirés seulement par l’apport pécunier ? Dans le cas de nouveaux modules de philosophie ancienne très onéreux dispensés par l’Université de Wuhan, Le Quotidien du Peuple du 27 juin s’interroge :

 

« Confucius, Mencius et Zhuzi, ont tous pris du plaisir dans l'enseignement, la transmission du savoir, aux autres. L'argent n'a jamais été un facteur. Mais les frais énormes dispensés par l'Université de Wuhan laissent une impression d'utilitarisme. L'étude de notre culture nationale est un long processus dans lequel être autodidacte est important. Bien que les conférenciers soient d'un grand niveau académique, ils ne pourraient pas se comparer avec les vrais maîtres des études sur la Chine.

 

L'étude de notre culture nationale est une question de pureté de l'esprit, de vie privée saine, de discipline de la famille, de création d'une société juste et bienveillante, et d'apporter la paix dans le monde. Les conférences à la recherche du profit vont à l'encontre de ces valeurs. Cette mode de l'enseignement motivée par le profit représente une trahison de l'esprit de la culture nationale, et porte atteinte à sa promotion et à son rayonnement. »

 

Confucius et Mencius ne sont pourtant pas les seuls grands anciens à faire les frais de ce manque de respect de la part des modernes. Le Quotidien du Peuple du 25 juin rapporte que certains vieux empereurs ont aussi à souffrir de l’irrévérence des républicains chinois du XXIe siècle :

 

« Durant la saison du tourisme de Chine, il a souvent été demandé aux touristes de se corriger de leurs mauvaises habitudes comme celle de s'asseoir sur des statues. Mais les autorités de la ville de Shenyang dans le nord-est de la Chine ont un problème différent, celui de séchage du linge. Pendant les quinze derniers jours, certains résidents de la ville sèchent au soleil leurs sales vêtements [sic !] sur une statue de Nurhachi, le fondateur de la Dynastie des Qing, la dernière dynastie féodale de Chine qui a été renversée en 1911. »

 

authentique : marque chinoise de chocolat très suggestive... (photo prise sur le blog Made in Beijing)

 

 

 

Sur le même sujet :

 

-          la Chine à l’ONU : la Souveraineté avant Tout

-          Il y a un An : le Barrage des Trois Gorges et le Conseil des Droits de l’Homme

-          La Chine Remet les Etats-Unis à leur Place

-          Chine-USA : à la Veille du Choc des Titans

-          Les Jeux Olympiques de 2008 : le Couronnement du Miracle Chinois ?

par David L'Epée publié dans : revue de presse
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Mardi 29 mai 2007

Un mot, tout d’abord, sur les rédacteurs de Chine Informations, qui, alors que leur site se contentait jusqu’ici et depuis plusieurs années de faire office de revue de presse en récoltant et publiant différentes nouvelles relatives à la Chine , se sont fendus le 10 mai dernier d’un communiqué personnel. Ils y dénoncent les négligences (mais en sont-ce vraiment ?) de Yahoo ! Actualités dans son traitement de l’actualité chinoise :

 

« Yahoo ! Actualités qui propose des actualités sur le monde entier, nous offre aussi quotidiennement des informations sur la Chine et Taïwan. Seulement voilà, notre équipe n'a pas manqué de remarquer des erreurs, qui répétées, nous font douter de la façon dont leur équipe discerne la Chine... Il est arrivé en effet qu'à plusieurs reprises, dans leur section "Chine : toute l'actualité de la Chine , de Taïwan et de Hong-Kong", on y trouve des informations d'autres pays d'Asie comme l'Inde, le Japon, le Vietnam ou d'autres.

 

L'incident ne devrait pas être trop grave si les titres des actualités mal placées n'abordaient pas toujours les mêmes sujets, c'est-à-dire la censure, la propagande, le régime communiste, la prison, etc... On peut comprendre que la Chine  pour Yahoo ! Actualités ne soit pas un centre d'intérêt, mais on se demande comment ils en arrivent à classer leurs actualités : certains mot-clés (cf. précédemment) seraient-ils l'exclusivité de la Chine ? Notre équipe est donc quelque peu déçue de cette façon de travailler de cette entreprise renommée qui participe à ternir l'image de la Chine qui est pourtant assez loin des clichés qu'on peut  lui prêter. »

 

Je m’associe bien évidemment à cette dénonciation et, connaissant l’entreprise en question, je ne pense pas qu’il s’agisse d’ignorance mais bien d’une confusion délibérée participant au fastidieux travail de sape mené par les plus gros lobbys occidentaux contre les intérêts chinois dans le monde.

 

Autre nouvelle, beaucoup plus surprenante celle-là et provenant (pour autant qu’elle soit fiable) du Quotidien du Peuple du 11 mai : la saturation du marché des emplois sous-qualifiés par les mingongs ne serait bientôt plus qu’un vieux souvenir. Ainsi, malgré une démographie toujours aussi explosive et une exode rurale vers les villes qui n’en finit pas, la situation semblerait se stabiliser.

 

« L'Académie des Sciences sociales de Chine a publié le 10 mai un rapport qui indique que la main-d'oeuvre rurale excédentaire est loin d'être aussi suffisante qu'on l'imaginait et que le pays se trouve actuellement dans la période de transition où la main-d'oeuvre d'excédentaire se change en insuffisante. D'après le rapport, il est fort possible que la pénurie de main-d'oeuvre commencera à partir de 2009 et ce changement entraînera la hausse des salaires des travailleurs urbains et ruraux. [...]

 

C'est pourquoi, y-est-il souligné, la structure actuelle d'approvisionnement de main-d'oeuvre de notre pays commence déjà à évoluer et d'excédentaire, elle devient équilibrée et insuffisante petit à petit. Les effets que cela produira seront l'apparition générale de la pénurie de main-d'oeuvre dans les régions urbaines et rurales de tout le pays. Déjà en 2004, il a surgi le phénomène de manque de main-d'oeuvre sous forme de défaut de mingong (travailleurs migrants d'origine paysanne). Ce phénomène qui est apparu au début dans les régions littorales s'est étendu dans les régions du centre du pays et même vers les provinces qui exportaient la main-d'oeuvre. »

 

Le site Blog en Chine (blog sélectionnant et traduisant en français divers contenus de blogs chinois) est même plus alarmiste : ce n’est pas la stabilisation du marché qui se prépare mais la carence de la main d’oeuvre ! Il titre son article : Catastrophe Nationale – Manque de Mingongs. C’est tout de même difficile à croire...

 

Autre sujet encore, que nous rapporte Le Quotidien du Peuple du 11 mai :

 

« Le maire de Beijing a exprimé sa désapprobation au sujet des panneaux d'affichage promouvant le luxe, disant qu'ils nuisent à l'objectif de maintien de l'harmonie entre les riches et les pauvres. Les panneaux d'affichage prônant des villas et voitures onéreuses et d'autres objets luxueux aux nouveaux riches se voient un peu partout dans les grandes avenues de Beijing, a dit le maire Wang Qishan, au cours d'un séminaire sur la gestion des affiches publicitaires tenu à Beijing. "Beaucoup de panneaux d'affichage utilisent des termes exagérés qui encouragent un luxe qui est parfois inabordable pour les groupes de gens au faible revenu. Cela n'est donc pas favorable à l'harmonie de la capitale", a-t-il dit au cours de cette réunion avec des conseillers politiques de la ville. »

 

Mes camarades neuchâtelois qui liront ces mots se souviendront certainement de l’action que nous avions entreprises contre la publicité dans nos quartiers et qui s’était soldée par une longue polémique médiatique et une victoire au tribunal... Pour ceux qui veulent un brin de nostalgie militante, c’est ici.

 

Autres restrictions, autres censures. Alors qu’on apprend qu’une nouvelle campagne vient d’être lancée, à l’approche de la Journée de l’Enfant, pour virer des rayons des libraires les romans d’horreur (voir ici), le Courrier International du 23 mai nous informe que la municipalité de Hong Kong s’inquiète du contenu « indécent » d’un autre livre tout aussi sulfureux : la Bible.

 

«  La Bible vendue sous blister ? C'est ce que réclament des centaines d'habitants de Hong Kong, qui demandent que l'Ancien et le Nouveau Testaments soient classés comme littérature indécente et interdits aux moins de 18 ans. Le 16 mai, l'Autorité pour l'audiovisuel et le divertissement (TELA), qui contrôle l'édition, avait reçu 1406 plaintes contre les Ecritures. Dans le collimateur : les actes de violence, de viol, d'inceste et de cannibalisme figurant dans la Bible.

 

Ces plaintes seraient inspirées par un site en chinois lancé anonymement sur la toile, Truthbible.net, qui mentionne notamment l'inceste de Loth avec ses filles. Le Livre saint viole-t-il la législation anti-obscénité de Hong Kong ? TELA n'a pas encore statué, note le site d'informations chrétiennes The Gospel Herald. Le pasteur Wu Chi Wai se dit confiant : "Si le viol est mentionné dans la Bible , ce n'est pas pour l'encourager", déclare le révérend. "C'est une simple question de bon sens... Je ne pense pas que ces critiques reçoivent un grand soutien du public." »

 

Autres articles intéressants lus ces dernières semaines sur Internet :

 

-          Ici le site Aujourd’hui la Chine propose de visionner une vidéo de TF1 sur les nouvelles brigades de la police anti-crachats qui écument (c’est le cas de le dire) les rues du centre-ville de Pékin histoire de faire un grand nettoyage en vue des Jeux Olympiques. Mais ceux qui vivent ici ont peine à croire qu’une habitude si ancrée et si répandue dans la population puisse se perdre en moins de deux ans...

-          Ici le site Chine Informations dresse un constat inquiétant du déséquilibre démographique chinois entre hommes et femmes, un déséquilibre du aux ratés de la politique de l’enfant unique et qui est en phase, surtout dans les campagnes, de déclencher une véritable crise sociale.

-          Ici Le Quotidien du Peuple publie les photos d’un défilé de mode particulier consacré aux costumes traditionnels de la province de Guizhou.

-          Ici l’hebdomadaire Beijing Review publie en français le discours d’amitié sino-japonaise prononcé récemment par le Premier ministre chinois Wen Jiabao.

-          Ici – sans rapport avec la Chine mais très éclairant – le site du collectif Egalité et Réconciliation publie l’analyse lucide de l’intellectuel marginal Alain de Benoist sur les élections présidentielles françaises.

par David L'Epée publié dans : revue de presse
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Dimanche 29 avril 2007

 

Tout d’abord un mot des relations internationales. Bonne nouvelle qui honore à la fois mon pays d’origine et celui où je me trouve : la Chine et la Suisse ont annoncé leur intention de discuter directement avec le nouveau gouvernement palestinien d’union nationale. Notons que de nombreux pays européens, contrôlés étroitement par les lobbys sionistes, n’ont pas eu ce courage.

 

Ce mois-ci, comme nous l’apprend Le Quotidien du Peuple du 17 avril, une enquête a été menée à Shanghai auprès des jeunes pour savoir quelles étaient les professions les plus convoitées. Il ressort de cette enquête des conclusions très intéressantes quant au statut que conserve le poste de fonctionnaire, à la fois héritage de la Chine mandarinale et caractéristique de la structure bureaucratique d’un Etat socialiste :

 

« Les postes plus ou moins désirés se trouvent successivement dans les organisations suivantes : organisations gouvernementales, services administratifs, entreprises monopolistes, sociétés de finances et d'assurance, entreprises compétitives, etc. "Cette enquête montre que l'idée traditionnelle de devenir fonctionnaire est bien enracinée dans notre peuple et que le recrutement d'intellectuels pour les entreprises rencontre encore des difficultés dans notre pays." déclaré Lin Zeyan, directeur adjoint du Centre de Recherche et de Formation des Ressources humaines relevant du Centre de Recherche du Développement du Conseil d'Etat.

 

D'après des experts, nos intellectuels se trouveraient dans une situation moins risquée, plus sûre et plus honorable en travaillant dans les organisations gouvernementales et les services d'utilité publique que dans les entreprises, surtout celles qui ont un haut niveau de marchéisation et de compétition. »

 

Autre sondage, autre sujet. La Commission du travail d’éducation de la municipalité de Pékin vient de publier un Rapport d'études de l'état actuel des étudiants de Beijing en ce qui concerne le concept socialiste de l'honneur et du déshonneur, lequel montre, selon Le Quotidien du Peuple du 28 avril, que les étudiants pékinois, dans leur ensemble, sont « enthousiastes, dynamiques et pleins d’ardeur » :

 

« Les résultats du sondage montrent que parmi les étudiants chinois 57,8% considèrent que se mettre au service du peuple peut traduire le plus la valeur de l'existence et que seuls 10,6% estiment que la richesse et la fortune reflètent le plus la valeur personnelle. Le sondage montre que la plupart des étudiants possède un concept de collectivisme et un esprit de collaboration dont le niveau est relativement élevé. Parmi eux,

 

- 52,6% affirment que leurs camarades sont dotés d'un esprit d'équipe, d'unité et de coopération relativement ou très fort,

- 87,8% expriment leur approbation quant à l'idée qu’à n'importe quel moment il faut en premier lieu tenir compte des intérêts de l'Etat et de la collectivité,

- 69,4% estiment que les étudiants avec qui ils sont en contact recèlent un patriotisme relativement ou très élevé,

- 80,7% exprime leur désapprobation quant à l'égotisme et au narcissisme,

- 90% déclarent leur préférence pour la participation aux actes bénévoles. [...]

 

Le sondage montre que 78,7% des étudiants estiment que l'honnêteté, la sincérité et la fidélité à la promesse faite sont des valeurs morales qui méritent d'être louées et d'être suivies.  [...]


La présente enquête prouve que les dirigeants qui ont exercé une profonde influence sur les jeunes de plusieurs générations, tels que Zhou Enlai et Mao Zedong, sont toujours de bons exemples à suivre aux yeux des étudiants de notre époque . »

 

Comme nous l’avions déjà remarqué à une autre occasion, le gouvernement a décidé récemment et une fois encore de s’adresser directement aux artistes pour leur transmettre des consignes quant à l’esprit qui devait présider à leur travail de création. En novembre dernier, le président Hu Jintao était venu parler devant 8e Congrès de la Fédération des Hommes de Lettres et des Artistes de Chine (CFLAC) et le 7e Congrès de l’Association des Ecrivains Chinois (CWS). Ce mois-ci, c’est Li Changchun, membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du Parti, qui est venu apporter ses conseils aux auteurs de théâtre. Le Quotidien du Peuple du 18 avril nous rapporte ses propos :

 

« Un haut officiel chinois a appelé les auteurs du théâtre moderne à créer davantage d'oeuvres pour refléter la vie quotidienne de simples travailleurs, à l'occasion du centenaire du théâtre moderne chinois, mardi 17 avril à Beijing. [...] "Le théâtre moderne doit continuer à servir le peuple et la société", a-t-il dit. »

 

En Chine, le réalisme socialiste n’est jamais très loin...

 

Pour terminer, dans la catégorie tartuffe, écoutons les paroles doucereuses du colon Walt Disney en terre chinoise, que nous rapporte une dépêche Xinhua du 25 avril :

 

« "Nous serons le Disney de la Chine , mais pas le Disney en Chine", a déclaré le vice-président des  Affaires chinoises de Walt Disney, le 25 avril à Zhengzhou, lors  de sa rencontre avec le président de la province du Henan Li  Chengyu. "La compagnie Walt Disney a toujours attaché de l'importance à  coopérer avec la société et la culture locales, au lieu d'imiter  aveuglément le style occidental", a expliqué M. Tang, ajoutant que "des efforts seraient faits pour comprendre la culture  traditionnelle chinoise et la promouvoir à l'échelle mondiale". »

 

 

Autres textes intéressants à lire sur Internet cette semaine :

 

-          Ici, sur le site du Dezhou Ribao, ceux qui lisent le chinois pourront lire la version originale de l’article que Yiqi nous avait traduit ici il y a quelques semaines sur les activités d’aide aux personnes âgées à Dezhou ; les autres pourront regarder les images...

-          Ici, sur le blog de Cai Chonguo, l’auteur nous raconte la touchante histoire de son premier amour sous la Révolution culturelle.

-          Ici, le blog de la Jeunesse SolidaritéS publie la traduction d’un article du Sanlian Senghuo Zhoukan (Pékin) qui présente avec humour les nouveaux goûts culturels de la petite bourgeoisie chinoise.

-          Ici un journaliste russe, traduit par Le Temps, nous en dit un peu plus sur le vrai visage d’Elstine, qui vient de mourir, et des raisons pour lesquelles le peuple russe n’aimait pas ce « tsar démocrate ».

par David L'Epée publié dans : revue de presse
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Mardi 3 avril 2007

Ces derniers mois, les médias, chinois ou étrangers, se sont longuement arrêtées sur certaines questions d'actualité en Chine auxquelles les lecteurs du blog sont maintenant familiers : contrôle d'Internet, liberté d'expression, blogosphère, télévision, etc.

 

Le site militaire français d'informations Armées.com nous rapportait le 16 janvier dernier que le contenu des programmes télévisés chinois n'était pas encore satisfaisant de l'avis des instances politiques responsables :

 

« "Il y a encore une tendance à la vulgarité dans une partie des programmes télévisés. Les émissions de téléréalité sont trop nombreuses, trop confuses. Une partie de ces programmes sont particulièrement vulgaires", a déclaré cette semaine au cours d'une conférence annuelle Wang Taihua, ministre chargé de l'Administration d'Etat de la radio, du cinéma et de la télévision. M. Wang a précisé qu'en 2007, son administration allait renforcer ses contrôles pour "purifier les écrans".

 

Le ministre n'a pas donné de détails sur les émissions concernées, indiquant simplement que les programmes télévisés devaient davantage refléter les objectifs du régime communiste visant à l'établissement d'une société harmonieuse, qui met l'accent sur la justice sociale et le respect de l'environnement. »

 

Il n'y a malheureusement pas qu'à la télévision que ces problèmes de vulgarité se posent. Avec le développemenet et la diversification des nombreuses technologies audiovisuelles, même les téléphones portables sont aujourd'hui suspects de receler un contenu répréhensible ; c'est ce que nous apprend une dépêche Xinhua du 28 mars :

 

« Les Pékinois qui ont envoyé des  textos ou SMS pornos par téléphone mobile pourraient subir une  amende pouvant aller jusqu'à 3000 yuans (385 dollars) et deux  semaines de détention, a averti le département local de la  sécurité.  Ceux qui vendent de tels contenus feront face à une peine  allant de six mois à trois ans de prison, selon la loi pénale et  la loi sur l'administration de la sécurité publique. »  

 

J?en profite pour amener une petite correction à la présentation que j'ai publiée il y a quelques jours sur ce blog sous le titre de Que faut-il savoir lorsqu'on est internaute en Chine ? J'y écrivais notamment ceci :

 

« Les cybercafés, pour obtenir une licence, doivent répondre aux conditions suivantes : posséder les logiciels adaptés pour bloquer les sites interdits, et conserver pendant au moins soixante jours l'identité de chaque internaute, les sites sur lesquels il est allé et ceux auxquels il a essayé d'accéder, ces derniers étant en général les plus compromettants, et pour cause puisqu'ils ne sont pas accessibles. Ces listes doivent régulièrement être envoyées au Bureau de la sécurité publique qui y donne suite si nécessaire. Outre ces conditions, pour ouvrir un cybercafé, il faut également disposer d'un personnel qualifié et ne pas se situer à moins de 200 mètres d'une école primaire ou d'une zone résidentielle, protection de la jeunesse oblige. »

 

J'ai appris récemment que cette manière de faire était déjà dépassée et que la politique concernant l'ouverture des cybercafés s'était dratiquement restreinte. Elle est à maintenant très simple : on n'ouvre plus de cybercafés. Une dépêche Yahoo Actualités datée du 7 mars nous l'explique :

 

« Craignant l'addiction à internet et la délinquance juvénile, la Chine a interdit l'ouverture de nouveaux cybercafés cette année, rapporte l'agence officielle Chine Nouvelle. « En 2007, les gouvernements locaux ne doivent pas autoriser l'ouverture de nouveaux cafés internet » affirme une directive citée par Chine Nouvelle et publiée conjointement par quatorze services gouvernementaux, dont le ministère de la Culture. [...]

 

La note coïncide avec l'appel des parlementaires, réunis en session annuelle de l'Assemblée nationale populaire, en faveur d'une réglementation plus stricte pour éloigner les adolescents des cybercafés, qui sont souvent perçus comme des foyers de la délinquance juvénile. La Chine a déjà interdit les cybercafés aux mineurs et inflige de lourdes amendes aux opérateurs qui ne respectent pas les régulations. Le pays souhaite endiguer la forte progression du taux d'addiction qui a accompagné l'expansion rapide d'internet dans les dernières années. »

 

Pourquoi lier cybercafé et délinquance ? Car qui dit cybercafé, quant à l'utilisation qu'en font de nombreux jeunes (notamment à travers les jeux vidéos) dit violence. On parle aujourd'hui en Chine de « culture de la violence ». Déplorant la prolifération des représentations de violence et la faillibilité de la censure d'Etat, Le Quotidien du Peuple du 7 mars

 

«  La Chine a besoin d'une loi pour restreindre la "culture de la violence" omniprésente dans les médias du pays afin de protéger les esprits jeunes et vulnérables, a déclaré mardi un législateur, en marge de l'actuelle session annuelle parlementaire. Seule la législation peut limiter la diffusion de la violence dans les médias en définissant clairement où et comment elle peut être diffusée, a dit Peng Fuchun, député à l'Assemblée populaire nationale. Peng, professeur de philosophie à l'Université de Wuhan, dans la province centrale du Hubei, a indiqué que la propagation rapide en Chine d'une culture de la violence, conséquence de la période de transition sociale, avait des effets négatifs sur la morale sociale et gâchait l'épanouissement de la jeunesse.

 

Le cinéma, la télévision et Internet sont les principaux médias où les contenus violents dominent, selon Peng. L'absence d'un système d'évaluation des films et de censure efficace des productions télévisées expose les adolescents aux scènes de violence dans les médias, a dit Peng, accusant les producteurs de cinéma et de télévision de promouvoir leurs productions en utilisant des descriptions détaillées et saisissantes de la violence, de l'horreur et du crime comme arguments de vente. »

 

C'est un tout autre son de cloche du côté de la presse suisse. Le 17 mars, Le Temps, présent au Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH) a rencontré Cai Chonguo, invité par le festival en question. Nous avons déjà parlé sur ce blog de Cai Chonguo, ancien leader syndicaliste ayant fui la Chine lors des événements de 1989 et lançant désormais, depuis la France , de fréquentes attaques contre le régime communiste. Interviewé par Le Temps, Cai Chonguo s'exprime ainsi :

 

« La censure se renforce. Des dizaines de milliers de cyberpoliciers contrôlent vingt-quatre heures sur vingt-quatre le Net. Aucune société informatique ou serveur n'y échappe. Les 130 millions d?internautes chinois et les 15 millions de blogueurs sont surveillés. Sur chaque blog doit s'inscrire cette annonce: « Dénoncez l'information malsaine. Récompense ». L'autocensure est une arme encore plus efficace que la police. Les dénonciations sont par ailleurs courantes : par patriotisme, pour bien se faire voir d'un supérieur, par jalousie ou même pour des raisons de concurrence économique. Le gouvernement va bientôt publier une nouvelle loi sur les blogs qui obligera à s'annoncer sous son vrai nom. [...]

 

Je suis beaucoup plus pessimiste qu'il y a trois ans. Les sujets sensibles sont de plus en plus nombreux. Malgré le développement d'Internet, on n'est pas plus libre.


[...] Internet est devenu un puissant instrument de propagande, de désinformation aux mains du pouvoir. Les forums de discussion sont filtrés, les articles en faveur de la démocratie occidentale disparaissent. La censure sélectionne l'information, fabrique une fausse opinion publique, on trompe le peuple. Avec le développement d'Internet, les Chinois ne créent pas plus de liens avec le monde extérieur. Au contraire, il y a un risque qu'ils en soient de plus en plus coupés, que le malentendu s'accentue. Depuis dix ans, Internet accompagne la montée du nationalisme et de la xénophobie. »

 

 

Une fois encore, je me permets de publier cette opinion de Cai Chonguo, même si je ne la partage absolument pas, mais je tiens à donner sur toutes les questions relatives à la Chine un faisceau de positions le plus large possible.

Quant à savoir ce que je pense de toutes ces questions brûlants, je ne me répéterai pas une énième fois car cela deviendrait lassant pour mes lecteurs les plus fidèles. Ceux qui auraient raté les épisodes précédents de ce long débat peuvent aller lire les billets ci-dessous :

-         Que Faut-il Savoir lorsqu’on est Internaute en Chine ?

-        Que Faut-il Savoir lorsqu'on est Journaliste en Chine ?

-         La Réglementation cHINOISE D'iNTERNET

-         Liberté des Médias, Criminalité Sexuelle et Violence Juvénile

-         Reporters Sans Frontières Prend la Défense des Pornographes Chinois

-          Flirt avec le Filtre

-          Les Grandes Idées se Côtoient

-          Internet : le Nettoyage Continue

-          La Chine veut Lutter contre la Dépendance à Internet

-          Une Méthode Militaire pour Redresser les Déviances

par David L'Epée publié dans : revue de presse
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Vendredi 23 mars 2007

Comme cela fait plusieurs semaines que je n’ai pas alimenté (sans jeu de mots) la rubrique gatronomique du blog, nous commencerons notre revue de presse d’aujourd’hui par une note culinaire. Le Quotidien du Peuple du 16 mars nous parle du repas pékinois le plus connu à travers le monde : le canard laqué. Mais, au milieu de la description appétissante de la recette, le journaliste a glissé quelques considérations philosophiques pour les moins étonnantes...