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« Il n’arrive pas fréquemment qu’on puisse dire : "Si je n’avais pas vu cela, je ne l’aurais pas cru". Cette impression, on l’éprouve en Chine ; elle incite à témoigner. »

(Alain Peyrefitte, Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera)

         

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revue de presse

Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /2006 13:40

Surprise dans le Renmin Jibao (Quotidien du Peuple, premier quotidien de Chine) de ce matin. On nous apprend qu’un système de « gestion collective » a été lancé dans le domaine de la sylviculture et que les résultats comblent tous les espoirs promis par cette réforme. Ces résultats ? Une productivité accrue, un meilleur contrôle du travail et une augmentation du niveau de vie des travailleurs.

On a toutefois quelque peine à comprendre dans quel sens va le mouvement en Chine… Mao avait créé les communes populaires, s’inspirant du modèle soviétique des kolkhozes, et lancé un grand mouvement de collectivisation. Pour différentes raisons, on avait conclu par la suite que ce modèle n’avait pas porté ses fruits et Deng Xiaoping avait rectifié le tir par une décollectivisation progressive de l’agriculture. Aujourd’hui, qu’en est-il ? On nous parle d’une néo-collectivisation chinoise mais ce terme semble cette fois recouvrir une réalité différente de la précédente : il ne s’agit plus de mise en commun des moyens de production mais de gestion commune des ressources ou plus exactement d’un partage de cette gestion entre les producteurs et l’Etat.

Voici la dépêche de l’agence Xinhua dans sa version complète :

NANCHANG, 26 août (XINHUA) -- La Chine va promouvoir, cette  année, la réforme de son système sylvicole basé sur la propriété  collective, dans le but de favoriser le développement sylvicole et d'apporter davantage de bénéfices aux paysans, a indiqué vendredi  à Nanchang Jia Zhibang, directeur de l'Administration d'Etat des  Forêts de Chine. Jia a fait cette remarque dans son discours prononcé lors  d'une conférence nationale sur la réforme du système sylvicole,  tenue dans la province du Jiangxi (est de la Chine), notant que  cette réforme à l'échelle nationale est nécessaire pour le  développement sain de la sylviculture et qu'elle prendra  probablement fin en 2010. Cette réforme vise à transférer aux paysans davantage de  droits d'exploitation, détenus actuellement par les gouvernements  locaux et les administrations locales des Forêts, a expliqué Jia. Après la réforme, les paysans deviendront les opérateurs de  forêts qui signent des accords de l'exploitation à long terme avec le gouvernement. En même temps, le droit de propriété des forêts  appartient toujours au gouvernement. Jia a dit que le droit d'exploitation permettra aux paysans  de s'engager de façon plus approfondie dans la plantation et  l'entretien des arbres et ils seront capables de gagner plus  d'argent. 

La réforme, menée à titre d'essai dans la province du Fujian( sud-est de la Chine) et la province du Jiangxi (est de la Chine)  au cours de ces dernières années, a stimulé les efforts des  paysans dans l'exploitation forestière et augmenté leurs revenus. Selon des statistiques, la région forestière a doublé en 2005  au Fujian après la réforme. Parallèlement, les revenus en  provenance des exploitations forestières des paysans de la  province du Jiangxi ont augmenté de 41% en 2005 par rapport à  l'année précédente. Tenant compte de la situation différente dans les diverses  provinces du pays, Jia a dit que les caractéristiques locales et  les conseils des paysans doivent être pris en considération dans  la réforme ainsi que les diverses solutions proposées. Jusqu'ici, l'administration avait mené des réformes à titre  d'essai dans les provinces du Fujian, du Jiangxi et du Liaoning ( nord-est), couvrant quelque 15 millions d'ha de forêts. 

Un nombre considérable des paysans chinois vivent dans des  régions montagneuses et leur vie dépend principalement de  l'exploitation forestière. Nombreux d'entre restent parmi les plus  pauvres en Chine. Des experts ont dit que cette réforme aidera ces paysans à se débarrasser de la pauvreté.

L’innovation et la mixité des modèles semblent être une spécialité chinoise depuis l’avènement de l’économie socialiste de marché. Ce qui tendrait une fois de plus à montrer que Deng Xiaoping, avec les réformes auxquelles il a donné naissance et dont certaines ne sont mises en œuvre qu’aujourd’hui, n’avait rien d’un Khrouchtchev chinois, contrairement à ce que répètent souvent les mauvaises langues et les triomphalistes libéraux. Si ce dernier, avec ses réformes désastreuses et ses opérations de décollectivisation forcée (on appelle ça du « révisionnisme soviétique » dans le langage maoïste, et ce n’est pas dénué de fondements) a conduit lentement l’URSS à son auto-anéantissement, la mutation chinoise, qu’on pourrait qualifier de « liberté sous contrôle » ou de « renforcement de la force publique par des apports privés » lui assure au contraire une place de choix sur l’échiquier géopolitique. Le gouvernement actuel fait à cet égard preuve d’une intelligence assez réjouissante, mais beaucoup de commentateurs occidentaux sont encore trop attachés à leurs préjugés anti-chinois pour l’admettre…

Par David L'Epée - Publié dans : revue de presse
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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /2006 13:46

texte trouvé sur Libération

La Chine est en train de devenir le pays au monde où il y a le plus de dépendance à l'Internet. Parmi les 123 millions d'internautes chinois, 5 millions seraient dépendants, selon les autorités sanitaires. La tendance est très marquée chez les jeunes. Ils seraient 10 % des internautes de moins de 25 ans (contre 1 % au Royaume-Uni) à être «accros» aux jeux en ligne et aux tchats. Les médecins définissent comme dépendante «la personne qui passe plus de cinq heures par jour, pendant plus d'un an, devant l'ordinateur pour autre chose que son travail, qui tend à augmenter les durées, et pour cela réduit son temps de travail, de repos et d'alimentation, et se sent mal si elle est privée de l'Internet». Le phénomène inquiète tellement les autorités chinoises qu'elles ont lancé une campagne nationale contre les méfaits de l'Internet, avec séries télévisées éducatives et flicage des cybercafés où l'on doit désormais présenter une pièce d'identité valide pour prouver son âge.

L'exemple de Zhang Xiaoyi, qui s'est suicidé en décembre 2004 à l'âge de 13 ans après avoir passé trente-six heures dans un cybercafé, n'est pas le seul. Fin juillet, Qiao Qiao, une fillette de 11 ans, a été assassinée par un ado de 16 ans qui lui a volé 5 euros pour aller jouer à un jeu vidéo. Ces drames sont largement exploités par les médias officiels, qui dénoncent «l'opium électronique du peuple». L'avocat pékinois Zhang Chunliang soutient des familles qui attaquent les sociétés de jeux vidéo. Il explique : « Les jeunes ont l'impression de progresser vite et de s'accomplir dans les jeux, alors qu'en société leur vie stagne. C'est comme la drogue. » Malgré les campagnes, le taux de dépendance continue à augmenter.

Uniforme vert olive, blouse blanche et cheveux gominés, le médecin militaire Tao Ran a créé un programme spécial de désintoxication des jeunes à l'Internet. Selon lui, « c'est en train de devenir un problème de société majeur. Les raisons sont multiples : enfants uniques qui manquent de communication avec leurs parents, et surtout un système éducatif qui soumet les élèves à une pression intolérable, avec des professeurs qui manquent de pédagogie. Pour les plus défavorisés, l'Internet est aussi un moyen de s'évader à bon compte quand l'avenir semble sans lendemain. Les autorités découvrent le problème maintenant qu'il est déjà trop important. Comme souvent dans cette société qui change vite, on soigne les effets, pas les causes. »

Derrière les murs d'une caserne en banlieue de Pékin, se trouve la clinique que le commandant Tao a fondée il y a un an. Ici, des dizaines de jeunes de 13 à 24 ans sont traités pour leur dépendance. Amenés par leurs parents de tout le pays, ils sont très perturbés. Certains ne vont plus en cours, jouent plus de dix-huit heures par jour, revendent les objets de famille pour jouer. Une patiente de 16 ans est persuadée qu'elle a sept maris (rencontrés sur le Net) qui lui ont «offert des habits, une voiture et des diamants» dont elle ne comprend pas qu'ils sont virtuels. La plupart ont la colonne déformée et l'air autiste, sont pâles et nerveux, comme ce jeune qui est fier de pouvoir cliquer «362 fois en une minute» sur sa souris.

La cure mêle entraînement militaire, techniques psychiatriques et médicamenteuses occidentales. Electrothérapie et calmants sont complétés par un suivi psychologique. Quand on pousse la porte d'une salle étiquetée «Troubles comportementaux», on a un sursaut. C'est un véritable arsenal. Des dizaines d'AK-47 et autant de MP5-Navy sont rangés le long des murs. Ce sont des armes réelles mais neutralisées, les mêmes qui sont utilisées par la police et les terroristes dans le célèbre jeu Counter-Strike. Un système de lasers intégrés permet de compter les points. Une fois par semaine les jeunes accros à ce jeu vont faire la guerre «pour de vrai» sur des terrains d'entraînement, jusqu'à épuisement physique total. «C'est pour leur apprendre que c'est beaucoup plus dur en vrai que sur ordinateur», explique une charmante infirmière en blouse blanche et pantalon de treillis, une kalachnikov à la main.

«C'est vraiment fatigant, j'aurais pas imaginé», raconte un jeune en cure. C'est Liu, 17 ans, qui jouait plus de douze heures par jour devant son écran, dans une bourgade de la lointaine province du Xinjiang, quand ses parents l'ont amené ici en lui faisant croire que c'était une colonie de vacances. «Ils m'ont piégé, au début c'était horrible. Ces barreaux, l'entraînement militaire, les séances de psy, les médicaments qui m'abrutissent, et surtout pas d'ordinateur, je voulais vraiment m'enfuir. Et puis je me suis fait des amis, maintenant j'aime bien ça.» Il a presque terminé sa thérapie et se considère guéri, mais il ne veut pas retourner chez lui. «Il n'y a rien à faire là-bas, je vais aller faire ma vie tout seul, loin de mes parents.»

Le commandant Tao est fier d'avoir déjà «désintoxiqué» un millier de jeunes en un an. Autrefois, il traitait des soldats dépendants à la morphine suite à des opérations, puis l'armée l'a fait travailler sur des programmes expérimentaux pour alcooliques, parieurs fous, kleptomanes et obsédés sexuels. Avec l'explosion de l'Internet et des jeux en réseau au début des années 2000, de nombreux parents sont venus lui demander de l'aide dans son service d'hôpital militaire pékinois. La grande muette lui a alors donné carte blanche pour monter ce programme, appelé à s'étendre et à se vendre à l'étranger. «Nous intégrons le meilleur des techniques occidentales et chinoises et nous développons un modèle qui pourra s'exporter», assure-t-il.

Par David L'Epée - Publié dans : revue de presse
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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /2006 13:59
article paru aujourd'hui dans le Renmin Jibao :
 

Le 9 septembre de cette année est le 30e anniversaire du décès de Mao Zedong, fondateur de la République populaire de Chine. Au cours de cette trentaine d'années écoulées, la nouvelle Chine mise en place par Mao Zedong et ses compagnons d'armes a accompli des succès qui retiennent l'attention du monde entier.

« Le mont Wushan une fois coupé en deux par un barrage, un grand lac s'étendra au-delà des Gorges du Yangsté ». Cette prédiction faite par Mao dans l'un de ses poèmes se trouve réalisée juste à la veille du 30e anniversaire de sa disparition : le fait que le 5 septembre dernier, on ait confirmé que le niveau d'eau retenu par le barrage des trois Gorges du Yangtsé après sa troisième tranche des travaux a dépassé 156 mètres, marque que ce complexe hydraulique atteint d'ores et déjà, cela avec un an d'avance, les premiers objectifs prévus pour sa mise en valeur.

Du côté de l'exploration spatiale, les Chinois ont également abouti à d'importantes percées pendant la même période : du 12 au 17 octobre 2005, deux astronautes chinois ont accompli avec succès un voyage spatial de 115 heures en créant plusieurs records dans ce domaine. Le fait que la Chine ait réalisé successivement deux conquêtes spatiales habitées montre qu'elle est tout à fait en mesure d'occuper une place de choix dans le secteur mondial des hautes technologies.

Construire une ligne de chemins de fer qui traverse les hauts plateaux du Qinghai-Tibet a été non seulement le rêve de plusieurs générations de Chinois, mais aussi un des plus grands vœux des dirigeants chinois de la vieille génération ayant à leur tête Mao Zedong. S'étendant au total sur 1 956 kilomètres et mise officiellement en service le 1er juillet 2006, la ligne de chemins de fer Qinghai-Tibet, dans laquelle se condensent des aspirations ferventes et les rêves de toute la nation chinoise, est la voie ferrée de haut plateau la plus longue, la plus hautement située, et qui parcourt la plus longue distance de terre gelée dans le monde.

A Shaoshan, village natal de Mao Zedong, les habitants évoquent toujours le souvenir de celui-ci avec une profonde émotion. Mme Tang Ruiren, patronne du fameux Restaurant de la famille des Mao de Shaoshan, ne cache pas ses vives impressions devant les grands changements survenus en Chine pendant les trente dernières années. Devenue aujourd'hui millionnaire en partant d'une petite taverne spécialisée dans le bouillon de haricots mungo et en réussissant à mettre en place des succursales de son restaurant dans une vingtaine de villes grandes et moyennes du pays, Tang fait partie, elle aussi, des partisans inébranlables et propagateurs volontaires de la pensée de Mao Zedong.

En 2006, la Chine célèbre également le 70e anniversaire de la victoire de la Longue Marche accomplie par l'Armée rouge, prouesse inscrite dans les annales historiques comme étant un prodige rarement accompli dans le monde et un important tournant de la Révolution chinoise. Aujourd'hui encore, certains principes élaborés ou définis par Mao Zedong, comme l' "esprit de la Longue Marche", l' "esprit de Yan'an", "servir le peuple" et "rechercher la vérité dans les faits", exhortent toujours le peuple chinois à poursuivre sa "longue marche" en partant d'un nouveau point de départ.

Par David L'Epée - Publié dans : revue de presse
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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /2006 14:51
Suite à mon texte sur la formation militaire dans les Universités, voici une dépêche de China.com qui concerne la formation des lycéens comme gardiens d'un monument dédié aux héros du régime :
 

L'Equipe des Pionniers Adolescents va reprendre du service à côté du Mémorial des Héros du Peuple, sur la place Tiananmen à partir du 30 septembre, a déclaré Hu Jiulong, chef du Département des lycées et des adolescents du Comité du Parti Communiste de Beijing, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue récemment.

Ces lycéens des huit arrondissements de Beijing remplaceront ainsi les gardes et suivront le même entraînement militaire. Cette mesure constitue élément important de l'Education patriotique. « Cela va rétablir un rite irremplaçable et permettre aux jeunes Chinois de vivre leur ardeur patriotique », a-t-il expliqué.

Depuis sa mise en place en 1986, 300.000 jeunes de Beijing ont suivi chaque année un tel entraînement, avec une suspension en 2003 en raison de la crise du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère).

Selon des sources officielles, douze membres de l'Equipe des Pionniers Adolescents divisés en trois groupes seront en poste chaque matin de 9 heures à 10 heures dès le 30 septembre pendant un mois et de nouveau d'avril à octobre prochains, comme chaque année. Revêtus d'uniformes, ils appliqueront les mêmes gestes que les gardes officiels.

un autre article intéressant trouvé cette fois sur Beijing Information. Intitulé "Comment Interprêter Mao", il oppose les visions de trois historiens, un Chinois et deux Américains, sur l'oeuvre accomplie par Mao Zedong en Chine. Analyse très intéressante, qui ne se contente pas de dresser un portrait de façade mais propose des réflexions de fond.
 
Vous pouvez lire l'interview sur le lien suivant : http://www.bjinformation.com/fawen2006/2006-40/200640-fm1.htm
Par David L'Epée - Publié dans : revue de presse
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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /2006 15:01

En fouillant dans mes notes, j’ai retrouvé un éditorial du Rodong Sinmun (Quotidien du Travail), journal nord-coréen, que le Courrier International avait traduit en juillet dernier, à l’occasion des tirs de missiles en direction du Japon. Cet éditorial, paru le 5 juillet, et intitulé « La Politique Militariste est le Principe Grandiose Qui Accomplira notre Grande Œuvre Socialiste » nous apprenait notamment la chose suivante sur la conception nord-coréenne du socialisme :

« La configuration politique du monde nous est désormais favorable et le peuple avance vers une victoire autonome. La dernière décennie, parsemée de victoires et de faits glorieux, nous prouve que la politique militariste est un moyen sûr pour édifier une patrie socialiste puissante et prospère. […] Nous possédons une force révolutionnaire que n’osent pas attaquer les impérialistes américains, qui se prétendent les plus puissants. »

En ces jours de tension suite à l’essai nucléaire de la Corée du Nord, ces lignes ont quelque chose de prophétique. Que devons-nous penser d’une telle prose ?

Par David L'Epée - Publié dans : revue de presse
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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /2006 13:34

J’aimerais soumettre à votre attention un article surprenant paru le 6 octobre dans Libération. Il traite d’une nouvelle campagne lancée par le Parti Communiste en direction des masses concernant les bonnes actions. Son originalité réside dans l’utilisation d’un système de contrôle des « actions vertueuses » calqué sur celui des banques. Misant à la fois sur l’incitation, l’émulation populaire et la contrainte, elle offre un modèle tout à fait nouveau d’assainissement éthique de la société.

Je vous invite vivement à laisser vos opinions sur ce texte ; votre jugement m’intéresse beaucoup. Je donnerai quant à moi mon avis demain sur le blog.

Dans ce quartier, plus d'un habitant sur deux a son numéro de compte moral, tout doit s'additionner, s'équilibrer, la fraude est toujours possible. Madame Wu écrit, tamponne les pages de son sceau à encre rouge, ordonne à ses employées d'aller contrôler les dires des déposants de bonnes actions. C'est une «banquière» affairée, et très consciencieuse. Elle connaît ses bons clients et aussi les mauvais, portés sur l'exploitation de l'autre plus que sur le don de soi. Mais elle manque de moyens.

Dans un autre quartier de la ville, l'un de ses collègues que nous avons contacté a inventé un logiciel pour comptabiliser la moralité des habitants. Les carnets que crache son ordinateur ressemblent aux livrets d'épargne de toutes les banques du monde. Sauf que les bonnes actions remplacent les yuans. […] « C'est un cercle vertueux», explique un gradé du Parti sur CCTV, principale chaîne de la télévision nationale. […]

La banque morale n'est pas qu'un objet de propagande télévisuelle. Le concept aurait essaimé des succursales dans tout le pays, selon les données officielles. C'est un des effets du plan d'édification morale édité en 2001 par le comité central du PCC. « L'édification morale consiste à servir le peuple, ce qui différencie distinctement la morale socialiste des autres idéologiesdétaillait la directive. Cela s'adresse non seulement aux membres du PC mais aussi aux masses populaires. » […] Dans les parcs publics, on peut voir des femmes d'âge mûr danser et agiter des fanions en chantant : «La banque morale est une bonne chose, hommes et femmes en ont tous besoin, chacun a son livret ! » Des retraités valides se dépensent pour garnir leur compte, se portant volontaires pour recopier la bonne parole du Parti sur les panneaux publics : « Solidarité, entraide, harmonie entre voisins ». Autant de bonnes actions engrangées pour une vieillesse qui chante.           

En janvier, le président Hu Jintao a voulu réveiller les consciences, un peu assoupies par quelques années de course au miracle économique. Sous le titre « Huit honneurs et huit déshonneurs », document signé de sa main pour en lester la portée, le Président a fixé un nouveau code de conduite et rappelé que la Chine était une République populaire. Parmi les déshonneurs : «Tourner le dos au peuple», «être d'une ignorance crasse», «aimer le confort et détester le travail», «être obsédé par l'argent»... Au crédit des citoyens méritants, patriotisme, travail et respect de la loi. La pyramide du Parti communiste chinois s'est ébranlée : dans les usines, les immeubles, les écoles, des volontaires relayent le slogan présidentiel. Les huit commandements fleurissent sur les murs des villes et des villages, et la banque morale fait de nouveaux adeptes : 3 000 adhérents en 2005, 7 000 en 2006, assure madame Wu. Des enfants, des retraités, beaucoup de femmes, « Tout le monde », dit-elle.

Yue Bo, directeur d'une école primaire que nous avons rencontré à Pékin, a introduit en septembre le système du livret d'épargne morale dans son établissement. A la rentrée, chaque élève s'est vu remettre un carnet vierge à garnir. Un point pour nettoyer la classe, deux pour rendre visite à un vieux voisin solitaire, cinq pour participer aux cérémonies officielles... Le ministère de l'Education a fait de la morale la première des matières à enseigner. […] Désormais, les bonnes actions comptent dans la notation. […]

Par David L'Epée - Publié dans : revue de presse
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Vendredi 20 octobre 2006 5 20 /10 /2006 13:53

On apprend ce matin sur China.com que pour commémorer à sa manière l’anniversaire des 70 ans de la Longue Marche , le Département de la Communication du Comité central (CC) du PCC, le Bureau de la Civilisation du CC et l'Administration d'Etat de la Radiodiffusion , du Cinéma et de la Télévision ont offert à tous les vétérans de cette grande aventure – devinez quoi ? – une télévision couleur !

 

Le but de l’opération, outre la commémoration elle-même, est de lancer une action symbolique pour réduire la fracture numérique en Chine – comprenez entre l’univers de ceux qui disposent d’une télévision et celui de ceux qui n’en disposent pas. Ce cadeau de luxe, qui concerne tout de même 80'000 personnes, car aux vétérans de la Longue Marche (qui ne sont plus très nombreux, le temps passant) on a ajouté de vieux soldats de l’Armée Rouge et des habitants pauvres de huit provinces et régions autonomes – aura été possible grâce à une contribution populaire.

 

Je cite la dépêche :

 

« [Il s’agit de] promouvoir l'édification de la culture harmonieuse et répondre aux besoins culturels et spirituels de la population, surtout des plus défavorisés », explique Zhai Weihua, directeur adjoint du Bureau de la civilisation du CC. .[...] Pei Daqian, ancien soldat de l'Armée Rouge du district de Huining est l'un des bénéficiaires de ce projet. « Grâce au téléviseur, je pourrai acquérir des connaissances scientifiques, technologiques et culturelles. Cela va nous permettre d'avoir encore plus confiance dans la construction de la nouvelle compagne socialiste », déclare-t-il ému.

 

Je viens de voir en passant devant le cinéma de mon quartier qu’on passe dans les salles une nouvelle superproduction relatant l’aventure de la Longue Marche. On voit sur l’affiche, dans une présentation très hollywoodienne, les héros déguenillés à contre-jour dans un environnement hostile, avec le visage de Mao jeune (le Mao de l’époque) en arrière-plan. Il faudra que j’aille voir ça un de ces jours pour me faire une idée. Mais j’attends le retour de Yiqi, pour qu’elle puisse me faire une traduction simultanée...

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Jeudi 26 octobre 2006 4 26 /10 /2006 13:09

Dépêche publiée ce matin par Xinhua :

Plus de 800 prisonniers à Beijing  se sont présentés samedi à un examen biannuel d'entrée  universitaire destiné aux autodidactes.  L'administration des prisons de Beijing a sélectionné huit  sites d'examen et la plupart des prisonniers participant à cet  examen ont choisi d'étudier le droit, la psychologie ou le  marxisme. 

En 1981, la Chine a mis en place un système d'examen destiné  aux autodidactes. Les prisonniers qui obtiennent un diplôme peuvent bénéficient  d'une récompense ou une réduction de cinq mois de leur durée de  détention, selon l'administration des prisons de Beijing. 

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Samedi 28 octobre 2006 6 28 /10 /2006 11:20

     

Une dépêche de Xinhua parue aujourd’hui qui rapporte une décision de l’Assemblée Populaire Nationale sur la lutte contre la dépendance à Internet, un problème qui touche de plus en plus d’internautes chinois :

 

« L'Assemblée populaire nationale de Chine est en train d'étudier un amendement à  la loi pour encourager la recherche et le développement de  technologies qui éviteraient aux mineurs de devenir dépendants d'Internet. 

 

Le projet d'amendement à la loi sur la protection des  mineurs permettrait de prendre des mesures pour organiser la  recherche et le développement de nouvelles technologies, parmi  lesquelles des logiciels qui arrêteraient les jeux en ligne à  l'heure fixée. 

 

Il interdira aussi l'accès des mineurs dans les  discothèques, les bars et les cafés Internet. »

 

Dans un tout autre registre, je rappelle qu’il y a un an, en novembre 2005, la France était secouée dans ses banlieues par les émeutes que l’on sait. Je vous conseille sur le sujet un article très intéressant (peut-être un brin alarmiste) paru dans un quotidien algérien. 
Par David L'Epée - Publié dans : revue de presse
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Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /2006 08:25

Une information curieuse trouvée sur Technovore  : des pirates chinois seraient à l’origine de plusieurs attaques virales contre des sites Internet appartenant au gouvernement américain. Selon les experts, ce piratage n’aurait été possible qu’avec l’autorisation du gouvernement chinois…

 

Des hackers chinois ont lancé une attaque contre le site Internet du Département du Commerce Américain. Les experts en sécurité ont découvert que  les attaques proviennent d’ordinateurs  crackés dans la province  chinoise de Guangdong  et ciblent les serveurs  du bureau d’exportation des technologies du département du commerce. Les consultants en sécurité et des officiels du gouvernement américain estiment que l’attaque n’aurait pas pu être menée sans au minimum un soutient tacite du gouvernement chinois.

 

La cible de l’attaque est donc le Bureau of Industry and Security (BIS), qui gère les exportations de technologies commerciales, mais aussi militaires. Ce n’est pas la première fois que la Chine est accusée de lancer des cyber-attaques. Une attaque des systèmes gouvernementaux au Royaume uni, utilisant une faille de Microsoft Windows Meta File (WMF), l’an dernier pour Noël, avait été tracée jusqu’en Chine.

Par David L'Epée - Publié dans : revue de presse
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«  La Chine est excitante comme peut l’être pour un physicien une équation majeure à poser et à résoudre. »

 

(Guillain Robert, Dans Trente Ans la Chine )

 

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