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« Il n’arrive pas fréquemment qu’on puisse dire : "Si je n’avais pas vu cela, je ne l’aurais pas cru". Cette impression, on l’éprouve en Chine ; elle incite à témoigner. »

(Alain Peyrefitte, Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera)

         

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Vendredi 13 juillet 2007

Le magazine anglophone The Trend publiait il y a plusieurs mois un article assez effarant sur le thème des Jeux Olympiques 2008 de Pékin ; n’ayant pas eu le temps alors de le traiter sur le blog, je le fais aujourd’hui. Je voulais le citer ici car il est assez représentatif de la croisade anti-chinoise menée par les milieux libéraux d’Europe et des Etats-Unis, et pour qui toutes les occasions, tous les prétextes, sont bons pour disqualifier théoriquement le système chinois et faire campagne pour la nouvelle guerre froide dans laquelle ils se sont engagés. Si vous n’en êtes pas convaincus, faites un tour dans la première librairie venue, allez jeter un oeil aux nouveautés parues sur la Chine dans le rayon histoire, économie ou sciences politiques, feuilletez, et vous comprendrez le sens du mot propagande.

 

Voici donc l’article en question, où prédominent, vous allez le voir, le dépit et l’amertume...

 

« Le 8 août 2006 étaient organisées à Pékin des festivités en grande pompe pour célébrer les deux années séparant la ville de l’ouverture des Jeux olympiques de 2008. Les autorités chinoises accentuaient ainsi d’un cran leurs efforts de promotion. Selon un communiqué de l’agence Xinhua, Pékin avait invité des “millions de citadins à des séances d’exercices matinaux pour fêter l’approche des JO”. Lors d’une conférence de presse donnée devant des journalistes étrangers, des dirigeants du comité d’organisation des Jeux de Pékin ont assuré qu’ils satisferaient les besoins des médias étrangers pendant toute la durée de la compétition, conformément à la demande du Comité international olympique (CIO) et aux usages en vigueur. Une telle déclaration contrastait fortement avec la sévère mise au pas décrétée récemment par le Parti communiste chinois (PCC) à l’encontre de la presse chinoise et des sites Internet. »

 

Je ne voudrais pas rentrer ici dans une nouvelle polémique sur le contrôle des médias, la censure et autres problématiques dont j’ai déjà eu l’occasion de parler et dont je parlerai encore, car je risquerais de me répéter. L’idée des exercices matinaux, elle, me semble très bonne, car j’ai remarqué que beaucoup de Pékinois, surtout parmi les enfants auraient bien besoin de faire un peu de sport s’ils veulent donner d’eux une image « olympique ».

 

« Les intentions du PCC sont pourtant claires. En se servant des Jeux pour alléger la formidable pression qui pèse sur le pouvoir du fait de son manque de légitimité, il cherche à prolonger son régime dictatorial. Comme si, grâce à cet heureux événement, il voulait conjurer le sort néfaste qui menace la dynastie en fin de règne de Zhongnanhai [siège du pouvoir]. Cette habitude de conjurer le sort par un heureux événement est une ancienne coutume chinoise, qui s’appliquait autrefois aux personnes gravement malades pour lesquelles on organisait un mariage dans l’espoir de lever le maléfice. [...] »

 

On pose ici comme un axiome prouvé que le pouvoir du PCC manque de légitimité ; rien n’est plus contestable. On n’avance pas des affirmations comme celles-ci sans démonstration, sauf si on écrit dans l’intention de faire dans la propagande anti-chinoise la plus grossière, ce qui semble être ici le cas. Je dirais, pour faire simple, que le PCC trouve la source de sa légitimité dans l’histoire (l’institution est légitime du fait qu’elle a sorti la Chine du féodalisme) et que cette légitimité ne peut être conservée que par des résultats concrets dans l’action présente. En bref, malgré toutes les difficultés auxquelles un pays de cette envergure est inévitablement soumis, le PCC restera légitime aux yeux de son peuple (car le regard de l’étranger importe peu) tant qu’il pourra le contenter suffisamment, soit maintenir « le meilleur niveau de vie possible pour la plus grande partie possible de la population ». Savoir où s’arrête le « possible » est ensuite une question d’appréciation et dépend de paramètres précis relatifs à la réalité chinoise à un moment donné, et que ni The Trend ni moi ne sommes en mesure de connaître.

 

« Il ne faut pas se leurrer, la Chine actuelle est au plus mal. A cause du poison distillé depuis plus d’un demi-siècle par la culture du Parti et de sa mainmise durable sur le pouvoir, cette société a perdu toute capacité à se rétablir. Dans de telles circonstances, comment les détenteurs du pouvoir, aux prises avec de nombreuses difficultés sur le plan intérieur comme sur le plan extérieur, auraient-ils pu laisser passer la si belle chance que constitue l’organisation des Jeux Olympiques ? Ils s’en servent pour attiser la fierté nationale et, en détournant l’attention de l’opinion publique, libèrent celle-ci de sa sensation d’étouffement. Les JO sont l’occasion de mobiliser la société, de déplacer différentes crises intérieures et de relâcher la corde tendue sur le point de rompre… Tout cela n’est-il pas la manière moderne de conjurer le sort par un heureux événement ?


Que ce soit en menant campagne pour remporter l’organisation des futurs JO ou en fêtant la sélection de Pékin comme ville organisatrice en 2001, le PCC a toujours mené de savants calculs politiques. Le compte à rebours enclenché en grande pompe à deux ans de l’échéance était l’une des machines de guerre destinées à permettre à la Chine , cette vieille guimbarde roulant à toute vitesse de façon incontrôlée, d’éviter de se renverser. L’agence officielle Xinhua a ainsi cité un extrait de l’éditorial du Jiefangjun Bao, le journal de l’Armée de libération. Celui-ci, intitulé “Accueillons les Jeux olympiques comme la grande puissance que nous sommes !”, exprimait des sentiments extrêmes, ce qui montre que l’on est tombé d’un complexe d’infériorité dans un complexe de supériorité. Cela prouve que le peuple chinois a urgemment besoin d’une psychothérapie. Se servir des JO pour faire étalage de sa qualité de “grande puissance” est révélateur du fond de la pensée des autorités chinoises. Un tel état d’esprit va complètement à l’encontre de l’olympisme ! [...] Avoir accordé l’organisation des JO au pouvoir communiste, cet ennemi de la civilisation moderne, constitue déjà en soi une violation de l’esprit olympique ! »

 

Quand les propagandistes libéraux se lâchent et perdent le contrôle de leur plume, ils montrent toujours sans fard leur vrai visage. En traitant la Chine de « vieille guimbarde », ce n’est plus seulement au pouvoir politique que notre journaliste s’attaque, ça va beaucoup plus loin. Le fiel que déversent actuellement dans nos médias ce genre de scribouillards est plus que de l’anti-communisme (cela, nous nous y étions déjà habitués depuis longtemps), c’est de l’anti-Chine. En utilisant des insultes et en conseillant au peuple chinois de suivre « une psychothérapie », il nous révèle que le péril jaune l’effraie au moins autant que le péril rouge...

 

Quels sont les symptomes qui nécessiteraient une psychothérapie, selon notre brillant analyste ? Le fait que le peuple chinois ait quitté son ancien complexe d’infériorité. Ah, l’époque bénie où ce peuple était pauvre et colonisé, où il n’était pas là pour nous tenir tête mais seulement pour extraire du charbon des mines... Et maintenant, il faudrait discuter d’égal à égal ? Et, pire encore, il faudrait partager le gâteau ? L’ethnocentrisme, quand ce n’est pas purement et simplement du racisme, a toujours été solidaire du libéralisme, et sa manifestation la plus évidente est souvent le mépris avec lequel il traite ceux qui échappent à son champ idéologique.

 

«  La Chine est au plus mal » : voilà encore une affirmation péremptoire qui n’engage que celui qui l’énonce, mais que la réalité de tous les jours dénie. Si elle est au plus mal, comment expliquer que, sur le plan intérieur, malgré des obstacles énormes, elle évolue, lentement mais sûrement, vers une élévation générale du niveau de vie ? Et que sur le plan extérieur, de manière plus impressionnante encore, elle s’affirme comme une des nouvelles grandes puissances du XXIe siècle ? Voilà des exploits plutôt étonnants pour un pays qui serait au bord de la tombe...

 

Un « régime dictatorial » qui « distille » du « poison » pour « conjurer le sort » (c’est-à-dire le sens de l’Histoire) à l’aide d’une « machine de guerre », et qui serait, par définition et par sa nature communiste, un « ennemi de la civilisation moderne »... Les mots utilisés parlent d’eux-mêmes, et ils rappellent tant ceux de la propagande d’un autre temps (la première guerre froide – car je maintiens qu’elle n’a pas été la dernière) que ce que nous pouvons en déduire simplement, c’est que la civilisation moderne, loin d’être monolithique et à modèle unique comme en rêvent les libéraux, est multipolaire, et que les modèles émergents qui seront peut-être demain les plus solides renvoient bien plus à l’avenir qu’au passé. En conclusion, la « civilisation moderne » dont parle The Trend n’est peut-être moderne que pour quelques heures encore et on comprend que ça lui fasse peur : les défenseurs d’un système sur le déclin ont toujours fait preuve de la même hargne pour se prouver à eux-mêmes qu’ils n’étaient pas encore tout à fait morts.

 

« Beaucoup ont approuvé cette décision avec l’espoir nourri de bons sentiments que cela favoriserait la diffusion de l’esprit olympique en Chine ou que cela contribuerait à aider la Chine à achever sa mutation sociale et à s’intégrer dans la civilisation mondiale moderne. Le problème est que le PCC est l’une des plus grandes formations politiques au monde à s’appuyer sur l’idéologie et que, à ses yeux, l’organisation des JO doit lui permettre de changer le monde, ou du moins de parvenir à ses fins sous le couvert du sport. Si c’était le cas, l’humiliation qu’infligerait le PCC aux Jeux olympiques ne serait en rien inférieure à la souillure historique dont le mouvement nazi d’Hitler a entaché les JO de 1936. »

 

Trois affirmations à couper le souffle dans ce court paragraphe, et qu’il faut à tout prix mettre en lumière pour démonter la supercherie :

 

1 – la mutation sociale que la Chine connaît actuellement aurait pour but de s’intégrer dans la « civilisation mondiale moderne » (et on sait maintenant ce que cette expression veut dire pour notre journaliste)

 

2 – le PCC voudrait utiliser son « idéologie », via les Jeux Olympiques, pour changer le monde

 

3 – les problèmes soulevés par Pékin 2008 seraient comparables à ceux soulevés en leurs temps par Berlin 1936 !

 

Je répondrai brièvement à ces trois divagations :

 

1 – Si vous êtes persuadé que la mutation de la Chine va dans le sens d’une intégration à votre mondialisation libérale (celle imposée de l’extérieur par les Etats-Unis), en quoi le développement de la Chine et son importance grandissante sur la scène internationale vous effraie-t-il ? Si vous croyiez vraiment à ce que vous dites, vous vous réjouiriez au contraire de ces Jeux Olympiques, et vous attendriez impatiemment le jour prochain où la Chine deviendrait un second Empire ultralibéral, allié ou vassal du premier. Mais vous n’êtes tout de même pas désinformé à ce point, et vous savez comme moi (vous l’avez prouvé dans le reste de l’article) que la Chine suit un modèle de développement différent, et que face à votre modèle, elle sera désormais une force concurrente et non plus une force soumise ou collaborante. C’est ce qui vous effraie et c’est ce qui me réjouit. Sous la présidence de Jiang Zemin, la Chine aurait pu prendre la voie de la vassalité et satisfaire vos utopies, mais le pouvoir a changé de mains, et le PCC d’aujourd’hui n’est, bien heureusement, plus celui d’hier. Veuillez en prendre bonne note, ça pourra vous servir pour un prochain brûlot anti-chinois.

 

2 – Si le PCC est « l’une des plus grandes formations politiques au monde à s’appuyer sur l’idéologie », je voudrais bien savoir comment vous qualifieriez la vôtre, de formation. Il est vrai que le PCC est peut-être la plus grande, avec plus de 70 millions de membres, sans compter les Chinois non adhérents au Parti et les sympathisant étrangers, mais les formations de votre bord n’en sont pas moins « idéologiques ». Car qu’est-ce que le libéralisme si ce n’est l’idéologie la plus complète (je veux dire la plus totale, voire totalitaire), celle qui fait déborder sa doctrine des domaines strictement économiques et politiques, qui fait pénétrer cette doctrine dans tous les aspects de la vie, jusqu’à la culture, à la philosophie, à la vie privée des individus ? Et qui, de surcroît, pousse le mensonge idéologique jusqu’à affirmer, comme chez Fukuyama, que le libéralisme n’est pas une idéologie puisque son avénement, sous sa forme mondialisée, représente justement la « fin des idéologies », c’est-à-dire, pour reprendre son expression, « la fin de l’Histoire » ? Difficile d’imaginer un raisonnement plus totalitaire.

 

Pour le reste, si on s’en tient à la théorie officielle de l’ « émergence pacifique » de la Chine , il semblerait que ce pays n’ait aucune intention de « changer le monde », dans le sens d’utiliser sa nouvelle puissance militaire ou économique pour imposer son modèle hors de ses frontières, sur un mode impérialiste ou colonialiste. Ce que je dis là devra être vérifié par les faits, bien sûr, et je n’en mettrais pas ma main au feu, mais le respect des souverainetés est au coeur de la doctrine actuelle du PCC.

 

3 – Que dire devant une comparaison si inappropriée et si infâmante ? Quand les libéraux recourent à un antifascisme utilitaire, c’est un peu comme quand ils jouent la carte de l’humanisme : c’est vraiment qu’ils sont à court d’arguments rationnels.

 

On peut lire des articles de ce goût presque chaque jour dans la presse européenne et américaine, et je ne perdrai pas mon temps et le vôtre à les démonter tous un à un, bien que je sois parfois tenté de le faire tant l’excès de mauvaise foi et le mensonge peuvent être exaspérants. Je vous engage seulement à une lecture critique de ce genre de pamphlets, car entre ce qui y est affirmé et la réalité chinoise, le gouffre est souvent abyssal...

 

 

 

Sur le même sujet :

 

-          les Jeux Olympiques de 2008 : le Couronnement du Miracle Chinois ?

par David L'Epée publié dans : polémiques
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Dimanche 20 mai 2007

Un nouvel exemple d’ingérence étrangère dans la vie politique chinoise. Cette fois, ce ne sont pas les Etats-Unis qui s’invitent dans le débat, mais l’Allemagne, comme nous l’apprend une dépêche Xinhua du 15 mai :

«  La Chine a exprimé sa profonde  insatisfaction mardi et sa ferme opposition à la résolution du  Parlement allemand de condamner la rééducation par le travail de   la Chine. "Le Parlement allemand ignore les avancées réalisées par la  Chine dans la construction d'un système démocratique légal, mais déforme la réalité des camps de rééducation par le travail et  s'ingère dans les affaires de politique intérieure de la Chine ", a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires  étrangères de la Chine Jiang Yu.

Le système est basé sur des lois spéciales et des  réglementations approuvées et promulguées par le Comité permanent  de l'Assemblée populaire nationale de Chine et le Conseil des  Affaires d'Etat, a poursuivi Jiang, ajoutant qu'il joue un rôle  important dans le maintien de la sécurité publique ainsi que dans  la prévention et la réduction des crimes. [...]  La Chine préconise de tenir un dialogue international et une  coopération sur les droits de l'homme sur la base de l'égalité et  du respect mutuel. "Mais nous nous opposons fermement à toute action visant à  interférer dans les affaires inétrieures d'un pays", a dit la porte-parole. »

Quelques jours auparavant, le 8 mai, Mme Jiang Yu donnait, au nom du Ministère des Affaires étrangères, une conférence de presse au cours de laquelle les journalistes ont pu l’interpeler sur les divers sujets chauds du moment : le conflit au Darfour, les négociations avec la Corée du Nord, la question taïwanaise (mais est-ce vraiment une question de politique étrangère ?), les réclamations américaines sur divers sujets, et, également, cette résolution du Parlement allemand. Au journaliste qui lui demandait son avis sur la question, la porte-parole a répondu la chose suivante – c’est ce que nous apprend le Beijing Review :

« Votre question concerne les affaires intérieures de la Chine. Nous nous opposons à ce que quiconque, que ce soit le Parlement allemand ou tout autre pays, fasse des commentaires déplacés sur les affaires intérieures de la Chine. La rééducation par le travail en Chine n'est pas une sanction pénale, mais une mesure administrative de correction vis-à-vis des auteurs de délits, le but étant de préserver l'ordre public et de prévenir et réduire la délinquance. [...]

Les centres de rééducation par le travail sont tenus de garantir en vertu de la loi les droits et intérêts légitimes des détenus. Ceux-ci jouissent selon la loi du droit de vote, de la liberté de croyance religieuse et de communication et sont à l'abri de toute atteinte à leurs biens personnels, à leur dignité et de tout châtiment corporel ou maltraitance. [...] Le gouvernement chinois soutient depuis toujours les efforts des institutions compétentes des Nations Unies dans la protection des droits de l'homme et a pris une part active aux activités des Nations Unies en matière de droits de l'homme. »

La question serait évidemment de savoir si ce sont les imperfections des « milieux carcéraux » chinois que l’Allemagne critique ou le principe même de rééducation par le travail, car cela fait une grosse différence. En effet, ce système n’est justement pas comparable à un système carcéral traditionnel : il vise avant tout, comme son nom l’indique, à la réinsertion des criminels et non à leur exclusion définitive de la société.

La rééducation par le travail existe maintenant en Chine depuis plusieurs décennies. Elle est née, entre autres, de la volonté de ne pas reproduire les mêmes erreurs que l’URSS, de substituer à une logique d’éradication une logique de réinsertion. Au moment où Staline envoyait tous ceux qu’il étiquetait comme éléments nuisibles dans des goulags où la mort les attendait tôt ou tard, Mao était persuadé que les vrais ennemis du peuple ne sont que des éléments rares et isolés, et que la plupart des fauteurs de troubles ne le sont que par ignorance, par erreur, qu’ils peuvent être ramenés sur le droit chemin à force de persuasion. Ainsi en était-il de certains intellectuels, certains propriétaires terriens, certains bourgeois considérés comme contre-révolutionnaires, et ainsi en est-il aussi, hier comme aujourd’hui, d’un certain nombre de criminels de droit commun. L’homme n’est jamais naturellement mauvais, et il est toujours perfectible ; c’est ce que pensait Mao, pour qui l’éradication pure et simple des ennemis du régime aurait constitué un aveu de faiblesse et en aucun cas une juste résolution du problème.

C’est cette même logique qui avait conduit l’Armée populaire de libération, au temps de la guerre civile, à adopter le même type d’éthique. Lorsqu’un soldat ennemi était fait prisonnier, on ne le brutalisait pas, on le traitait bien, on lui donnait les mêmes droits qu’aux soldats communistes, et après quelques jours, on le laissait rejoindre vivant son unité s’il le souhaitait. Cette méthode surprenante et réellement révolutionnaire dans l’histoire militaire porta ses fruits au-delà des espérances du Parti : les soldats prisonniers, pleins de gratitude et séduits par cet humanisme ainsi que par la justice sociale qui régnait au sein de l’Armée populaire de libération, finissaient, pour beaucoup d’entre eux, par ne pas vouloir rejoindre leur unité et par troquer leur uniforme du Kuomintang contre un uniforme communiste. Ainsi, l’armée communiste, pourtant sous-équipée et très pauvre (contrairement au Kuomintang qui disposait d’armes soviétiques et américaines dernier cri), gagna la guerre en gagnant les masses, parce que la guerre avait été gagnée dans les esprits avant d’être gagnée sur le terrain.

Cette manière de traiter les soldats ennemis et les criminels prisonniers n’a-t-elle pas de nombreux points communs ? Est-ce faire un faux calcul de considérer que celui qui a fauté peut faire amende honorable, et qu’il peut le faire en se rendant utile à la société et en se réintégrant par le travail ? Il y a aussi là un avantage économique certain : un prisonnier de ce type coûte certainement moins cher à la collectivité (dans la mesure où il lui rapporte passablement par son travail) qu’un prisonnier des systèmes carcéraux de nos contrées dont chaque nuit est taxée au contribuable au tarif d’une nuit d’hôtel et qu’on enferme dans des ghettos où il perd toute possibilité psychologique d’un jour réintégrer la société et retrouver son équilibre...

Je n’ai pas d’avis arrêté sur la question mais je pense que le Parlement allemand devrait réfléchir à ces questions-là avant de porter des jugements si tranchés sur le système chinois de rééducation par le travail.

par David L'Epée publié dans : polémiques
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Mardi 15 mai 2007

 

Il y a quelques semaines, comme je l’avais noté sur le blog, le Département d’Etat des USA avait attaqué la Chine sur la question des Droits de l’Homme ; il avait eu droit à une réponse très sèche des autorités chinoises qui lui avaient renvoyé la politesse en publiant un rapport incendiaire sur l’état déplorable des Droits de l’Homme aux Etats-Unis et en lui conseillant de nettoyer devant sa porte avant de jouer les gendarmes du monde...

 

Aujourd’hui, c’est la question des minorités religieuses en Chine que le justicier étasunien a pris comme nouvelle cible. Comme chacun sait, les Etats-Unis ne sont pas étrangères à la création et au fonctionnement de certains grands groupes évangélistes en Asie, et elles n’apprécient pas que leurs petits protégés se voient régulièrement remis à l’ordre par les gouvernements locaux. Il n’est pas impossible non plus, si j’en crois certaines sources, que les Américains n’aient engagé quelques intérêts dans une importante secte religieuse chinoise dont je tairai le nom ici (ceux qui connaissent comprendront) et qui, elle aussi – comme par hasard – mène un long travail politique visant rien moins qu’à la chute du régime communiste... Je ne m’avancerai pas plus sur ce point brûlant.

 

Un énième épisode de l’histoire des tentatives d’ingérence américaine dans la vie politique chinoise. Une dépêche Xinhua datée du 8 mai nous explique :

 

« Une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé mardi son fort mécontentement ainsi que sa ferme opposition face à un rapport d'un organisme religieux des Etats-Unis contre la situation religieuse en Chine. La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) a critiqué encore une fois la situation religieuse en Chine et dans d'autres pays en voie de développement dans son rapport annuel 2007, a indiqué la porte-parole Jiang Yu. La partie du rapport concernant la Chine déforme la réalité et accuse la Chine de ses politiques religieuses et minoritaires, ce qui montre encore une fois l'ignorance et les préjugés de cet organisme, a souligné Mme Jiang.


"Il est évident pour tous que le gouvernement chinois protège la liberté de croyance religieuse de ces citoyens en vertu de la loi et que les citoyens chinois jouissent d'une liberté de croyance totale, protégée par la loi", selon la porte-parole. "Nous conseillons à l'USCIRF d'arrêter de s'ingérer dans les affaires intérieures des autres pays sous prétexte de religion", a- t-elle fait remarquer. »

 

La religion semble ici en effet, une fois de plus, n’être qu’un prétexte. Les autorités étasuniennes défendent bien évidemment l’évangélisme, en pleine expansion en Chine, car c’est presque devenu aux USA la religion d’Etat, et parce que ces milieux sont intimement liés au lobby républicain qui a permi la réélection improbable du président Bush. L’évangélisme, la religion la plus expansionniste sur la surface du globe, cherche partout où elle se répand à destabiliser les structures sociales en place pour le compte du modéle américain, ce n’est un secret pour personne.

 

Ces messieurs voudraient aussi défendre les catholiques car certains rêvent encore que le pape Ratzinger fasse sur la Chine le même travail de sape que son prédécesseur Jean-Paul II sur l’Union soviétique... Quant aux bouddhistes, on s’intéresse surtout aux lamaïstes car, par leur revendication d’un Tibet indépendant, ils servent objectivement (quoi que sans s’en rendre compte) les intérêts géostratégiques des Etats-Unis en Asie.

 

A ce propos, les autorités chinoises lançaient il y a quelques jours (le 11 mai) un avertissement au gouvernement belge au sujet des tentatives de subversion des lamaïstes en Europe. C’est ce que rapporte l’agence Xinhua :

 

«  La Chine a demandé jeudi aux pays concernés de rester très vigilants face aux tentatives du Dalaï Lama de saboter leurs relations avec la Chine et de diviser le pays. "Nous souhaitons que les pays concernés puissent redoubler de vigilance contre les remarques et les actions de la clique du Dalaï Lama, destinées à saboter leurs relations avec la Chine et à diviser la patrie", a dit Jiang Yu, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse régulière. [...]

 

Le Dalaï Lama représente une force politique de l"'indépendance du Tibet", à laquelle est fermement opposée le gouvernement central, a-t-elle indiqué. Les paroles et les actions du Dalaï Lama ces dernières décennies ont pleinement prouvé qu'il n'était nullement une simple figure religieuse mais un exilé politique ayant conduit des activités de division de la patrie sous prétexte de religion depuis des années, a souligné Mme Jiang. Peu importe à quelles activités il participe, en quel nom et à quel endroit, il ne s'agit ni d'une simple question religieuse ni d'un acte individuel. »

 

Il y aurait peut-être aussi quelques mots à dire sur les musulmans chinois mais les USA semblent avoir un peu moins de sollicitudes pour ces fidèles-là...

 

Pour conclure, je ne peux pas m’empêcher de citer Alain Peyrefitte qui, dans les années 1970, traitait déjà du problème chrétien en Chine, mais de manière beaucoup plus pragmatique :

 

« Trois millions de baptisés sur huit cent millions de Chinois, c’est-à-dire 0,4% - alors qu’on en compte 80% dans un pays aussi déchristianisé que la France , « pays de mission ». Sur ces baptisés, quelle proportion souffre de ne pas pratiquer librement son culte ? Un problème qui n’existe guère que pour un Chinois sur mille est-il un problème pour la Chine ? Compte-t-il, auprès de la révolution en marche ?

 

Nos interlocuteurs chinois, si fiers de pouvoir dire que l’on obtient deux récoltes de riz au lieu d’une et que l’on triple le rendement du blé, ne comprennent pas la préoccupation obsessionnelle que nous apportons au statut d’une infime minorité catholique. Un chrétien répondra qu’il ne s’agit pas du statut d’une minorité, mais de l’annonce de la venue du Christ dans le ciel vide de la Chine : une seule brebis perdue compte plus que les quatre-vingt-dix-neuf autres… Un Chinois maoïste répondra qu’il n’entend pas ce langage. »

 

(Alain Peyrefitte, Quand la Chine s’éveillera…, tome II, Fayard, Paris , 1973, p. 202-203)

 

 

Sur le même sujet :

 

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par David L'Epée publié dans : polémiques
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Mardi 24 avril 2007

Liu Yi est une jeune journaliste de Phoenix TV (vous savez, la chaîne de télévision privée chinoise qui avait organisé une élection de Miss Chine en Suisse...).  Postée en France et s’occupant actuellement, entre autres sujets, de couvrir l’élection présidentielle, on la voit de plus en plus souvent sur les écrans. C’était elle, notamment, qui avait interpellé Sarkozy lors d’une conférence de presse sur l’attitude qu’il aurait à l’égard de la Chine en cas de victoire (sa réponse avait été pour le moins évasive).

 

Souvent en butte à la pression des médias français et aux fameux mots d’ordre des lobbys anti-chinois qui les contrôlent, elle a profité il y a quelques jours de son blog pour dire ce qu’elle avait sur le coeur, de manière très franche et directe. Il m’a semblé intéressant de publier cette critique de l’opinion française par une Chinoise. Ses réflexions sur le patriotisme opposé à  la haine de soi et au dénigrement constant de sa propre nation ainsi que sa dénonciation des forces anti-chinoises qui agitent le monde médiatique occidental me semblent du plus haut intérêt dans la mesure où cela s’écarte complètement de ce qu’on entend habituellement dans le prêt-à-penser qui nous est servi quotidiennement. N’hésitez pas à prendre position dans le débat.

 

 

Je ne répondrai pas aux insultes proférées à l’encontre des dirigeants chinois. Je vous invite simplement à venir en Chine, y passer quelques mois, et beaucoup de vos clichés tomberont. [...] Un ami français qui a vécu plus d’un an en Chine me racontait que lorsqu’on lui demandait  - Alors, c’est comment ?  sa réponse favorite était :  - Tout ce que vous savez de mal sur la Chine est faux, et tout ce que vous en savez de bien est faux aussi. J’aime bien cette réponse. C’est vrai : imaginer la Chine comme l’URSS de 1975, c’est totalement ridicule, idiot et naïf. En revanche, imaginer que chaque chinois connaît tout Confucius par coeur, c’est aussi d’une naïveté enfantine. Non, la Chine est un pays comme un autre, à ceci près que : 1) Il est unifié depuis très peu de temps, 2) Il y a 100 ans, il était encore sous domination européenne, 3) Il contient 1 milliard et 260 millions d’habitants, 4) Il est de la taille d’un continent, 5) Il est d’un incroyable dynamisme commercial. Donc, comme les autres… mais dans une phase historique différente.

 

Les Français – et ce sont probablement les seuls au monde – adorent dire du mal de leur propre pays. Combien de fois ai-je été extrêmement choquée, dans des repas en Chine, d’entendre vos concitoyens vomir sur leur propre pays ! Mais voyez-vous, le reste du monde – Chinois y compris – ne fonctionne pas comme ça. Le reste du monde respecte la terre de ses ancêtres, le reste du monde respecte l’Histoire qui a construit sa nation, le reste du monde ne passe pas son temps à détruire ce que des millénaires ont construit.

 

C’est votre problème… et lorsque vous vous offusquez qu’une candidate vous demande d’avoir chacun un petit drapeau chez soi… vous êtes la risée du monde entier. La France est, entendez-le, le SEUL pays au monde où l’on trouve anormal d’aimer son drapeau, ses couleurs, son hymne national.

 

Moi, j’aime la Chine. Je suis fière de ses 6000 ans d’histoire, comme vous devriez être fiers de vos 1500 ans d’histoire à vous depuis le baptême de Clovis, acte fondateur de votre nation. Ah oui, j’oubliais, pour vous, la France commence en 1789 ! Et bien, en Chine communiste, ce n’est pas le cas. Nous ne marquons pas 1949 comme le début de notre pays. Il y a un continuum. La Chine a 6000 ans.

 

Vous trouvez que mon discours est “politiquement correct” ? Je me permets de vos rappeler plusieurs choses : 1) Mon travail consiste à parler de la France et de l’Europe aux Chinois, pas l’inverse. 2) Contrairement à ce qui se passe dans vos rédactions, JAMAIS - et je dis bien JAMAIS - n’ai-je reçu une QUELCONQUE pression pour me faire passer ou annuler tel ou tel sujet, changer le contenu de l’un de mes reportages, d’un de mes plateaux, l’axe d’une interview, etc. Quel journaliste français peut en dire autant ?

 

Je me souviens de cette amie, correspondante de France 2 en Chine il y a quelques années, qui en avait assez que sa rédaction lui refuse tous les sujets qui racontaient des choses sympas sur la Chine. Non … la rédaction de France 2 voulait du NE-GA-TIF. Elle, qui aimait tant la Chine , qui avait tant appris, qui vivait quasiment comme une Chinoise, était dégoutée de la propagande négative qu’on lui demandait de produire… Alors… les leçons de morale journalistique…

 

Vous me trouvez crispée ? Je suis arrivée en France début 2001, et je ne savais même pas comment l’on disait “Bonjour”. Je serai ravie de voir comment vous vous débrouilleriez en direct à la télévision chinoise – et en mandarin – dans 6 ans. Je fais de mon mieux, et, comme je suis l’une des seules – la seule ? – journalistes chinoises interviewées à la télévision française, j’essaie d’être sûre de bien comprendre ce que l’on me dit, pour ne pas répondre à côté. Certain journaliste français a même avoué à l’un de mes amis français - A chaque fois que j’ai une Chinoise en plateau, j’aime bien la maltraiter… Alors oui, ça donne un peu la pression.

 

Le blog personnel de Liu Yi : Liu Yi, journaliste chinoise en France

par David L'Epée publié dans : polémiques
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Mercredi 7 mars 2007

Dans le manuel de conversation dont je vous ai déjà parlé, au sujet de la lutte contre la corruption, on apprend d’autres choses intéressantes sur l’apprentissage d’une conversation « politiquement correcte » en Chine. Les exemples seraient nombreux, mais j’ai choisi, au chapitre Zhong guo dian di (« Quelque chose au sujet de la Chine  »), la présentation suivante de la question taïwanaise par un des interlocuteurs – car le manuel est à la fois destiné aux francophones et anglophones voulant apprendre le chinois qu’aux Chinois voulant apprendre le français et l’anglais :

 

 

Tai wan shi zhong guo zui da de dao yu.

Taiwan est la plus grande île de Chine.

 

Ta shi zhong guo ling tu bu ke fen ge de yi bu fen.

Elle est une partie inséparable du territoire de Chine.

 

Tai wan wei ti chun shu zhong guo de nei zheng.

Le problème de Taiwan est purement une affaire intérieure de la Chine.

 

Bu yun xu ren he wai guo shi li gan she.

Nous ne tolérons aucune ingérence des forces étrangères dans cette affaire.

 

Wo men fan dui  « yi zhong yi tai »  he  « tai wan du li ».

Nous sommes contre  « une Chine et un Taiwan »  et  « Taiwan indépendant ».

 

« He ping tong yi »  he  « yi guo liang zhi »  shi wo men yi guan de zhu zhang.

« Réunification pacifique »  et  « un pays avec deux systèmes »  a toujours été notre position.

 

Dan wo men bu cheng dan fang qi shi yong wu li de cheng nuo.

Mais nous ne prenons pas l’engagement à renoncer à user de la force.

 

Wo men bi jiang shi xiang guo jia de tong yi.

Nous réaliserons la réunification de notre pays.

 

 

Voilà, dirait-on, qui est d’actualité, si on en croit l’objectif que s’est fixée cette semaine la CCPPC sur la question du séparatisme... (voir le billet d'hier)

 

 

Sur le même sujet :

 

-          Suisse-Taiwan : les Relations Dangereuses

 

-         « L’annexion complète de Taiwan représenterait l’aboutissement de la Révolution  » (interview de Rex Wang)

par David L'Epée publié dans : polémiques
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Jeudi 22 février 2007

Voilà que Reporters Sans Frontières nous en a encore fait de belles ! Il y a deux semaines environ, Chine Informations publiait un article sur le développement du contrôle d’Internet par les autorités chinoises. Je ne sais pas pourquoi je vous en propose un extrait puisque si vous suivez ce blog depuis le début, vous aurez remarqué que ces grandes tirades « humanitaires » disent toutes strictement la même chose et font toutes preuve de la même partialité – mais voici tout de même la prose en question, toute dégoulinante d’indignation :

                                  

 

«  La Chine a mis en place un dispositif de plus en plus sophistiqué permettant de contrôler l'accès à Internet par la population chinoise, ainsi que de traquer les dissidents au régime. Qui a parlé du respect des Droits de l'homme ? Cette cyber-police a pour objectif de restreindre l'accès à Internet et d'arrêter les dissidents, ce qu'elle a déjà fait à 52 reprises, ces individus étant actuellement en prison. Selon RSF, ceci fait de la Chine la plus grosse cyber-prison au monde. En effet, il n'y aurait que 10 autres personnes emprisonnées au monde pour des motifs similaires (4 au Vietnam, 3 en Syrie et 1 en Tunisie, Libye et Iran), ce qui conforte l'idée de restriction des libertés en Chine.

 

Dans un rapport publié vendredi, Reporters Sans Frontières explique que la Chine développe de plus en plus des mesures visant à contrôler Internet, ce qui est d'ailleurs de notoriété publique, le président chinois Hu Jintao ayant déclaré ouvertement le mois dernier vouloir "purifier Internet", ce dernier affectant le développement de la culture socialiste, la sécurité de l'information et la stabilité de l'Etat. [...] Outre la débauche de moyens technologiques de surveillance, la Chine fait également pression sur les sociétés étrangères, en particulier américaines comme Yahoo!, Google, Microsoft et Cisco Systems, afin de leur faire faire ce qu'ils veulent (comme les fameuses restriction du moteur de recherche Google). [...]

 

Les cyber-dissidents chinois encryptent leurs mails, utilisent des outils leur permettant de surfer anonymement et de passer outre les filtres. Mais RSF explique qu'ils ont besoin de l'aide des gouvernements et des sociétés étrangères pour faire respecter la démocratie et la liberté d'expression. »

 

Et ils osent parler de propagande ! Et ils osent donner des leçons au monde alors qu’ils nous serinent à longueur de diatribes, dans tous les médias d’Occident, les mêmes préjugés, les mêmes idées formatées, la même pensée unique ! Mais personne ne saurait-il donc qui sont ces hypocrites, ces tartuffes qui se font appeler Reporters Sans Frontières et qui n’ont jamais travaillé que pour le compte des Etats-Unis, au sein d’une des plus grandes entreprises de propagande internationale ? Discréditer constammer les opposants au pouvoir américain en les accusant de tous les maux et sous un couvert de respectabilité, de fiabilité inattaquable et presque de sainteté : voilà leur stratégie depuis des années et des années.

 

RSF, aux dires de certains, ce serait l’Abbé Pierre, l’Unicef, Mère Theresa, Terre des Hommes et la Croix Rouge réunis, le tout en un ! Bref, du solide, du bien humanitaire, bien incontestable. Etrange, tout de même, qu’on ne les ait pas vus à Guantanamo ni à Abu Ghraïb... Existerait-il tout de même quelques frontières infranchissables pour nos courageux reporters pourfendeurs de tyrans ?

 

Mais écoutez-les ! Ecoutez-les parler, en se bouchant le nez et avec un moue de dégoût outré, de la « purification d’Internet », et avec des guillemets bien évidemment, car la purification ne fait pas partie de leur vocabulaire, et la simple énonciation d’un mot de ce vocable les rend blêmes et les fait hoqueter d’horreur. « Pur ? » Qu’est-ce que c’est que ce gros mot ? cette expression de despote liberticide ? cette insulte au politiquement correct ? Ecoutez-les se lever comme un seul homme lorsqu’on leur parle du développement de la culture socialiste, de la sécurité de l’information et de la stabilité de l’Etat. Qu’est-ce que c’est que c’est que cette hérésie anti-libérale ? La culture socialiste, ils s’en foutent comme de leur première conférence de presse ; la sécurité de l’information, ils sont payés pour ne plus croire à ces niaiseries ; la stabilité de l’Etat chinois, c’est tout ce qu’ils voudraient voir s’effondrer.

 

Ecoutez-les, les doux apôtres ! Ecoutez-les s’apitoyer sur les cyber-dissidents, écoutez-les appeler l’aide des gouvernements et des sociétés étrangères ! Le motif ? La démocratie et la liberté d’expression, comme de bien entendu (baillements divers et variés). Mais est-ce qu’ils vont nous dire, eux qui bouffent des Droits de l’homme dès le petit déjeûner, dans quel article apocryphe, dans quel alinéa caché, ils trouvent que c’est une droit inaliénable que de faire de l’ingérence dans les affaires des autres ? La souveraineté des nations, ça vous dit quelque chose ? « Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », vous vous en souvenez ? C’est du Wilson, ça, pas du chinois, de l’américain, comme vous l’aimez. La paille et la poutre, vous connaissez ? Il y aurait déjà assez à faire par chez vous si vous tenez tant à jouer aux redresseurs de torts !

 

Ecoutez-les aboyer leurs cantiques, vomir leur bonne parole ! leurs principes « universels » ! leur ethnocentrisme néocolonial ! Je me répète, je sais, mais à lire ce qu’on lit, qu’on ne nous reproche pas de penser ce qu’en pense, il y a de quoi se mettre en rogne ! Car ce que RSF se garde bien de dire (et pourtant c’est un point essentiel), c’est qui sont ces pauvres cyber-prisonniers sur lesquels on appelle la miséricorde intergalactique. Des journalistes trop audacieux, des écrivains dissidents ? Il y en a bien quelques uns, et c’est malheureux, mais ceux que l’on incarcère pour des cyber-délits avant tout, ceux-là sont bien moins reluisants. Des pornographes, des trafiquants, des spéculateurs mafieux, des agitateurs sectaires, des fanatiques du genre Falun Gong à qui on promet le ciel et le salut éternel pour peu qu’ils complotent à la chute du régime communiste et qu’ils en rapportent docilement les dépouilles à Washington ! Voil&