Bienvenue sur ce modeste blog d’un voyageur inexpérimenté. Je souhaite ici tenir le journal d’un séjour de près d’une année que je vais entreprendre à Pékin d’ici quelques jours.
Etudiant autodidacte en langue chinoise résidant à Neuchâtel (Suisse), j’ai eu la chance de recevoir une bourse de la Conférence des Recteurs des Universités Suisses (CRUS) pour étudier dix mois dans la prestigieuse Language and Culture University of Beijing, une des meilleures écoles de chinois du monde. De mi-août 2006 jusqu’à juillet 2007, je vivrai donc à Pékin pour étudier et découvrir cette mégapole qui s’affirme déjà comme la nouvelle Rome de la planète.
Outre ma formation linguistique, j’en profiterai pour faire connaissance avec la culture locale et vous entretenir de mes découvertes et réflexions. Si le temps et les conditions techniques sur place le permettent, je m’engage à tenir ce blog à jour au moins à un rythme hebdomadaire. J’y traiterai principalement des questions qui m’intéressent le plus : culture, sociologie, histoire, politique, mœurs ainsi que les expériences personnelles qui ne manqueront pas d’émailler mon séjour. Vous aurez la possibilité de réagir librement (du moins aussi librement que la législation chinoise le permet) dans ces pages, de me poser vos questions et de me soumettre vos critiques ; j’y répondrai dans la mesure du possible.
Vous comprendrez que pour certaines sujets un peu délicats, je ne puisse éviter quelquefois l’emploi de périphrases et d’euphémismes : il y a des mots qu’on ne peut pas prononcer partout et je n’entends pas me soustraire à cette bienséance. En effet, en temps qu’étranger, l’attitude que je compte avoir, sur Internet et en dehors, est pour moi très claire : je me soumettrai aux lois et ne chercherai pas à provoquer ni à heurter la sensibilité autochtone. Beaucoup d’autres étrangers, notamment parmi les investisseurs et les conquérants des marchés, n’ont pas compris cette élégance élémentaire et se comportent en vrais colons : ils en font aujourd’hui les frais et ce n’est que justice, car la Chine n’est plus ce pays sous-développé qu’on peut exploiter à sa guise sans prendre de gants – elle est désormais un marché régulier ou, conformément à la logique « gagnant-gagnant » (win-win) mise en place par l’économie socialiste de marché, on traite les affaires d’égal à égal, selon un contrat bien défini. Mon contrat, tout implicite qu’il soit, sera respecté : je me plierai aux règles locales, car je ne suis pas venu ici en touriste mais en découvreur. Lorsqu’on s’engage comme moi à vivre un an seul dans un monde si différent, on cherche avant tout à s’intégrer, et les migrants du monde entier feraient bien de se soumettre à la même éthique.
Mais avant toutes choses, je dois me présenter. Jeune Suisse de vingt-trois ans, étudiant en philosophie et en français, sinologue amateur et passionné par ce pays, spécialement par son histoire moderne. Assez actif sur la région de Neuchâtel, j’ai été secrétaire politique d’un petit parti marxiste de mon canton (je préfère annoncer tout de suite la couleur, car cela risque de se ressentir dans mes analyses) et j’ai exercé diverses activités de journalisme dans la presse et la télévision. J’ai également quelques activités dans les domaines littéraires et musicaux, mais cela ne concerne pas directement le travail que j’entreprends actuellement.
Je ne tiens pas à parler de ma vie privée, mais je dois préciser que je partage ma vie avec une jeune Chinoise, Yiqi, et que je lui dois beaucoup dans l’acquisition de mes maigres connaissances de chinois et de ma modeste connaissance de cette civilisation. Je tiens à lui rendre hommage et à lui transmettre ici mes meilleures pensées. Je l’abandonne en Suisse quelques mois, où elle se prépare pour des examens universitaires de français, mais si elle les réussit, elle me rejoindra à Pékin dans le courant du mois de novembre et viendra m’aider au sein des insurmontables difficultés dans lesquelles je me serai sûrement empêtré d’ici là…


