Texte libre

                                

« Il n’arrive pas fréquemment qu’on puisse dire : "Si je n’avais pas vu cela, je ne l’aurais pas cru". Cette impression, on l’éprouve en Chine ; elle incite à témoigner. »

(Alain Peyrefitte, Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera)

         

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Vendredi 21 septembre 2007

« L’auteur de ce nouveau blog citoyen est heureux de vous accueillir sur ses pages. Elles font suite, pour ceux qui l’ont connu, à un autre blog intitulé Au Coeur de l'Empire et écrit par l’auteur entre août 2006 et août 2007 à l’occasion d’un séjour d’un an en Chine populaire. Ce blog racontait les observations et les enquêtes menées à Pékin et en province pour mieux cerner la réalité de la Chine d’aujourd’hui, sous un angle politique, géopolitique, économique, sociologique ou culturel.

 

De retour en Suisse, l’auteur a cru bon, vu le succès d’Au Coeur de l’Empire et les grands changements qui semblent actuellement être à l’oeuvre en Europe et dans le monde, de reprendre la plume et de contribuer, comme tant d’autres, au débat civique et au développement des nouveaux courants de pensée qui agitent les milieux populaire où nous vivons. »

 

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par David L'Epée publié dans : éditoriaux
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Vendredi 27 juillet 2007

Au Coeur de l’Empire : un titre trouvé en urgence, en quelques minutes, lorsque je créais ce blog, pour être sûr que, techniquement, tout soit en place le jour de mon arrivée en Chine.

 

Un titre inexact en fait car, à proprement parler, la Chine n’est pas un empire, du moins pas à l’heure actuelle. Sa structure est celle d’un Etat-nation, et si on accorde foi au discours officiel, celui de l’ « émergence pacifique » et du respect des souverainetés (ce qu’on n’est pas obligé de faire), cela ne devrait pas changer avant longtemps. Si j’ai parlé, un peu maladroitement, d’empire, c’est dans un sens moins scientifique, moins polémique, pour évoquer l’image d’une grande puissance. La Chine n’envahira pas ses voisins, n’annexera aucun pays étranger, ses revendications territoriales se limiteront à ses propres provinces (le Tibet, Taïwan), mais il n’est pas impossible qu’après avoir abreuvé le monde entier de ses produits bon marché, elle commence aussi à diffuser ses idées, sa culture, sa langue – ce dernier cas de figure est déjà en train d’avoir lieu, comme en attestent la multiplication des instituts Confucius à travers le monde et l’engouement croissant un peu partout pour l’apprentissage du chinois. Cette influence doit-elle être associée à de l’impérialisme ? Je parlerais plutôt d’un retour de la multipolarité dans un monde trop longtemps placé sous l’hégémonisme unilatéral des Etats-Unis. J’ai beaucoup parlé sur ce blog des influences étrangères en Chine (que je considère, dans bien des cas, comme potentiellement dissolvantes), et très peu de l’inverse, de l’influence chinoise sur le monde. A présent que je suis sur le point de rentrer en Europe, j’aurai tout loisir d’observer ce phénomène – retour de manivelle de l’histoire.

 

Chroniques d’une année à Pékin, nouvelle capitale du monde : là aussi, l’intitulé est inexact, car j’ai eu la chance, à plusieurs reprises et parfois durant d’assez longues périodes, de quitter Pékin pour découvrir d’autres provinces : Tianjin, le Hebei, le Shandong, le Shanxi... Ma découverte des campagnes, notamment, a été un point fort de mes expériences. Pékin est-elle ou sera-t-elle la nouvelle capitale du monde ? Si, comme je l’espère, l’évolution du monde se fera dans les années à venir dans un sens multipolaire, le monde n’aura plus de capitale, mais plusieurs centres importants apparaîtront : Pékin sera l’un deux, assurément.

 

J’ai eu la chance, entre mes études, mes recherches, mes voyages et ma vie sociale, de pouvoir publier régulièrement des billets sur ce blog, sur les sujets aussi variés que la géopolitique, l’économie, la sociologie, la littérature, les médias ou encore le cinéma. Cela n’aura pas suffi, évidemment, tant ce pays vit dans une permanente effervescence. Courant d’un dossier à l’autre, d’un entretien à une visite, pour tenter d’écrire quelques mots sur les choses qui me paraissent importantes, je n’aurai souvent fait que les effleurer : le néo-protectionnisme, les relations diplomatiques, le contrôle médiatique, la crise nucléaire nord-coréenne, la CCPPC , l’insécurité, la croissance, la morale, l’art contemporain, les luttes souverainistes, la crise écologique, les grands anciens... Tout reste à dire.

 

Et puis il y a tout le reste. Toutes les pages de notes non publiées, les observations personnelles sur tout et sur rien, autant de matériaux pour un nouveau travail. J’ai l’intention, une fois rentré en Europe, de mettre à profit tout cela et de composer une sorte de livre, sous une forme encore indéterminée, et en me concentrant sur une ou deux lignes directrices [1].

Lorsque j’ai commencé à écrire sur la Chine , je n’ai jamais sciemment cherché à aller à contre-courant, je me suis contenté de conformer ma vision aux expériences que j’avais faites, aux connaissances que j’avais acquises, et à une certaine ligne stratégique. Cette ligne stratégique est ce qui distingue le pur intellectuel du penseur politique : le premier ne cherche que la vérité et dira tout ce qu’il sait, sans se préoccuper des conséquences ; le second, concentré avant tout sur la pratique, tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler et sait évaluer les informations pertinentes et pesant les fins et les moyens. Je suis de la seconde catégorie, la plus pragmatique mais aussi la plus inconfortable, et pour pouvoir prendre la défense de la Chine dans certains contencieux internationaux, j’ai dû avaler bien des couleuvres.

 

La plupart des questions posées aujourd’hui sur la Chine sont des questions géopolitiques et elles n’impliquent pas que la Chine elle-même mais souvent l’équilibre mondial ; en tant qu’Européen, je ne peux pas y être insensible. Parler de la Chine , c’est aussi un peu parler de nous. Suggérer que c’est par la Chine que l’empire étasunien pourrait défaillir, c’est donner un peu d’espoir à l’Europe, à l’Afrique, à l’Asie, au sud de l’Amérique et à toutes les victimes de l’impérialisme et des néo-colonialismes. La vieille opposition communisme-capitalisme n’a plus sa place dans le monde actuel. De nouvelles guerres froides se préparent et sont déjà en cours, souterraines, mais les enjeux ne sont plus les mêmes.

 

C’est d’Asie que j’écris, et je n’oublie pas que la Chine n’a jamais été communiste au sens soviétique du terme – elle n’a non plus jamais été capitaliste au sens anglo-saxon. Le conflit communisme-capitalisme a été, en fin de compte, un conflit intra-occidental, décevant le rêve de Lénine d’une « lutte anti-impérialiste mondiale »[3], mais inspirant néanmoins en Asie (entre autres) des changements historiques conséquents, de la Chine au Vietnam en passant par la Corée , le Laos ou encore le Népal. L’URSS est tombée, mais en Asie, il est resté quelque chose, quelque chose d’essentiel, quelque chose qu’on ne peut pas appeler communisme, mais quelque chose qui sera déterminant pour l’histoire moderne. Cette chose, parfaitement incarnée par la Chine , et partagée par de nombreux pays du sud, cette chose qu’on trouve à la fois dans les nouvelles républiques socialistes d’Amérique latine, dans certains régimes islamistes, dans les nations opprimées du tiers-monde, et jusqu’en Russie même, cette chose, c’est la volonté de changement, l’espoir de voir le bout du tunnel, la haine des colons, des croisés et des missionnaires impériaux, l’aversion pour le système de pensée libéral, son arrogance et sa décadence, le désir d’en finir avec tout ça, de bouter les indésirables et de revenir sur le devant de la scène pour changer radicalement l’orientation du monde.

 

La nouvelle guerre froide verra s’affronter d’un côté les mondialistes néo-libéraux, avec les Etats-Unis à leur tête, et de l’autre les souverainistes du monde entier, les patriotes, les socialistes, les peuples fiers. Un monde aseptisé contre un monde enraciné ; des hommes de brume contre des hommes de chair. Voilà ce que j’ai appris en Chine et voilà ce qui m’a poussé à faire un certain nombre de concessions théoriques, dans le but d’accorder les moyens aux finalités et de ne pas embrouiller les esprits avec un purisme impromptu. Je poursuivrai sur cette voie et j’espère que ceux qui prendront conscience de ces enjeux primordiaux pour l’avenir seront de plus en plus nombreux.

 

Ceci n’est pas ma conclusion. J’ai encore quelques mots à dire avant de prendre le chemin du retour vers la mère patrie. Restez en ligne...

 

 

 

[1] D’ailleurs, s’il venait à passer sur ce blog un éditeur ou un mécène intéressé par mon projet, qu’il n’hésite pas à me contacter sur mon e-mail : david.lepee@unine.ch

 

[2] Par « soviétique », j’entends ici « relatif à l’URSS » et non pas soviétique au sens premier, car les soviets (conseils ouvriers, conseils de soldats, communes populaires, etc.) ont aussi existé en Chine où l’expérience a d’ailleurs été poussée beaucoup plus loin qu’en URSS.

 

[3] « En dernière analyse, le succès de notre combat sera déterminé par le fait que la Russie , la Chine , l’Inde, constituent l’écrasante majorité de la population du globe. » (Lénine)

par David L'Epée publié dans : éditoriaux
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Samedi 26 mai 2007

En me baladant il y a quelques jours sur le site d’informations Aujourd’hui la Chine (site qui propose entre autres choses de petites videos documentaires sur la Chine et où travaille ma « camarade-blogueuse » Camille, du blog Camilleenchine), je tombe par hasard sur un de mes articles que la rédaction du site avait publié récemment, l’ayant lu sur mon blog.

 

Il s’agissait du texte intitulé « J’Irai Cracher sur vos Tongs » et qui traitait de la conception chinoise de la politesse, et plus spécialement de l’habitude de cracher par terre, manière de faire qui choque beaucoup d’étrangers si j’en crois le nombre de commentaires laissé sur mon blog à ce sujet. Etre publié sur ce site d’informations ne me pose évidemment aucun problème, et j’en suis même flatté, d’autant que tous mes textes sont libres de droit et voués à circuler sans entrave sur Internet et ailleurs (l’un d’eux a d’ailleurs été publié récemment dans la revue française Rébellion). Non, là n’est pas le problème, d’autant que le site Aujourd’hui la Chine est un site plutôt bon et que je vais le consulter régulièrement.

L'article en question se trouve sur cette page.

 

Non, ce qui m’étonne juste un peu (mais est-ce vraiment étonnant), c’est que celui de mes textes qui a été le plus repris sur Internet, c’est celui-ci. J’excepte évidemment ma lettre ouverte à Alain Soral (toujours consultable sur Agoravox où le débat n’est pas encore retombé) et celui sur l'anniversaire de la mort de Mao que j’avais jeté comme une grenade incendiaire sur un blog libéral ; ils ne concernent pas l’actualité chinoise et entrent dans une autre catégorie.

 

Ce qui intéresserait donc le plus les lecteurs francophones, ce serait mes digressions sur le crachat ? Mes descriptions minutieuses du processus organique de l’expectoration ? J’ai peine à le croire. Le reste, mes analyses économique, sociologiques et géopolitiques sur la Chine ne seraient que garniture ? Dois-je croire que ce genre de considérations est tout simplement hors de propos, que ce que les gens veulent, c’est juste de l’anecdote croustillante, de l’anodin, du vide ?

 

Il y a de quoi se poser la question, surtout lorsque l’on voit que de plus en plus de blogs francophones d’expatriés en Chine font dans la surenchère dans ce domaine. Non seulement on passe sciemment à côté de l’essentiel mais on en rajoute une couche dès qu’il s’agit de fustiger les Chinois, leurs moeurs barbares, leurs coutumes douteuses, leurs mentalités arriérées... J’exagère à peine. Dans ce climat de désintérêt et d’incompréhension, il paraît donc tout à fait logique qu’un texte léger comme « J’Irai Cracher sur vos Tongs », qui ne bouscule rien, ne remet rien en question, et se paie le luxe de critiquer l’habitude chinoise de cracher un peu partout, rencontre le succès.

 

Comprenons-nous bien, je ne regrette pas de l’avoir écrit, car il faut bien s’amuser de temps en temps et mon respect pour la culture locale ne m’oblige pas à dire oui-amen à tout, mais la différence de traitement entre ce texte, que tous les expatriés saluent et dans lequel ils disent tous se reconnaître, et mes autres textes, qui sont scrupuleusement passés sous silence, peut donner à réfléchir.

 

J’ai mieux compris le silence poli qui entourait, dans la sphère francophone, le contenu de mon blog, lorsque je suis allé lire les commentaires laissés à mon sujet sur Aujourd’hui la Chine.

 

Voici le premier, signé par un certain Nono :

 

« Votre article m'a attiré sur le blog de cet étudiant. Disons le tout simplement : ce qu'il écrit est ébouriffant. Il existe donc des jeunes, qui se sentent encore portés par l'idéologie marxiste (soit), mais qui en assimilent avec naiveté les aspects les plus fascistes. Voilà un blog paradoxal : gentil, mais liberticide, totalitaire et pudibond. Effrayant. »

 

Je ne vais pas jouer à l’étonné : je suis habitué depuis longtemps à ce type de réactions, il est manifeste que la ligne théorique que je défends au sujet de la Chine va à l’encontre de la doctrine enseignée sur le sujet dans l’Occident libéral. Quant à traiter quelqu’un de fasciste aujourd’hui, c’est devenu l’argument ultime de celui qui n’a plus d’arguements rationnels à opposer, je ne m’y arrêterai donc pas plus longtemps. Quant aux qualificatifs « liberticide, totalitaire et pudibond », j’aurais presque envie de les accepter tant je sais ce que leurs antonymes signifient pour ceux qui m’accusent...

 

Mais le commentaire suivant, signé Ronald (celui de la Maison Blanche ou celui du fast-food ?), est encore plus pathétique :

 

« Oui, c'est incroyable qu'on puisse être encore marxiste aujourd'hui alors que nous vivons en démocratie et que le libéralisme, comme système économique et comme mode de pensée, a fait les preuves de son excellence. Je trouve qu'on devrait censurer de tels blogs, car vu le désarroi qui règne actuellement dans une grande partie de la jeunesse, il pourrait encore y en avoir que ce genre d'idées fausses pourraient influencer, et on connaît les résultats que ça donne ! »

 

Tiens donc, et c’est moi qui suis totalitaire ? Pour « l’excellence du libéralisme », on repassera ; ce genre de propos n’est qu’une preuve de plus que cette idéologie est peut-être parmi les plus dogmatiques et les plus décervelantes que l’histoire ait connu. Mais on refuse encore de la juger comme elle le mérite, car le jugement des hommes a toujours hélas une longueur de retard sur le déroulement de l’histoire. Mais cela viendra, je suis confiant.

 

Tout cela pour dire que tous ces compliments m’ont remonté le moral et m’ont confirmé dans l’idée que je n’étais peut-être pas qu’un petit chroniqueur écrivant des plaisanteries consensuelles sur la vie des Chinois. Je souhaite à mes aimables contradicteurs de s’ébourriffer encore à pleine tignasse (puisque selon Nono, c’est l’effet physique que produit la lecture de mon blog), et je leur promets de faire hérisser leurs cheveux plus haut que leurs idées ne se sont jamais élevées. Et quant à cette « jeunesse » en plein « désarroi » qui serait susceptible de mettre le feu à l’Europe si elle continue à me lire, je lui souhaite la bienvenue sur ces pages.

 

Bienvenue aux nouveaux donc, et bonne lecture à tous !

par David L'Epée publié dans : éditoriaux
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Jeudi 3 mai 2007

Je dois dès demain aller passer quelques jours à Dezhou pour rendre une visite familiale. Je serai donc absent de Pékin (et de mon ordinateur) jusqu’à mardi 8 mai. Je vous donne rendez-vous à ce moment-là pour la suite des aventures de ce blog.

 

Bons congés du 1er Mai pour celles et ceux qui se trouvent en Chine en ce moment !

par David L'Epée publié dans : éditoriaux
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Lundi 16 avril 2007

Et me revoilà une fois de plus à mon poste, au coeur de Pékin, après une dizaine de jour d’escapades dans la Chine mystérieuse. Encore tout courbaturé après l’ascenscion du Mont Taï, une des cinq montagnes sacrées de la Chine , j’arrive à peine à descendre les escaliers de l’immeuble ce matin. Heureusement, à la sortie, mon fidèle vélo est là pour me soutenir.

 

A l’occasion d’une visite de ma famille qui débarquait en Asie pour la première fois, je me suis offert une semaine de vacances (avec la complicité officieuse d’un médecin chinois qui a bien voulu me signer un arrêt maladie du fait que j’étais le futur époux de sa nièce), et nous avons voyagé dans les provinces du Shanxi et du Shandong. Traversant la région en tous sens au cours de plus de trente heures de train, nous sommes allés à Xian, l’ancienne capitale du pays, pour visiter les vestiges du premier Empire Qin, notamment le tombeau de l’empereur et les célèbres guerriers de terre cuite, qu’on considère habituellement comme la huitième merveille du monde.

 

Après la visite de Xian, de ses marchés, de son étonnant quartier musulman et de sa mosquée magnifique, nous avons rejoint Dezhou puis Shufou, la patrie de Confucius, dont nous sommes allés visiter la maison et saluer le tombeau. Je vous raconterai tout cela dans les semaines à venir, avec de nombreuses photos.

 

Le blog reprend sa vie habituelle dès aujourd’hui. Comme nous sommes lundi et que le long feuilleton des aventures de mon ami Noé au Japon ont pris fin il y a deux semaines, j’invite ceux qui le souhaitenat à découvrir tous les épisodes de ce périple dans la rubrique Voyage de Noé du blog, dans la marge de gauche. J’ai été très content de pouvoir aider Noé à faire passer ses carnets de voyage sur internet, lui qui était sans cesse sur les routes et presque sans contact avec l’Europe, et me réjouis de le retrouver à Neuchâtel à mon retour au pays, où nous aurons certainement bien des choses à nous raconter sur nos découvertes respectives. Puisse notre amitié inspirer celle entre la Chine et le Japon ! (lire un article intéressant du Beijing Review à ce propos)

 

En ce qui concerne le succès du blog, je suis heureux de constater que mes articles sont de plus en plus lus et repris par d’autres médias. Le quotidien romand Le Courrier, basé à Genève, publiera certainement d’ici peu un entretien que j’ai eu avec l’écrivain et réalisateur chinois Dai Sijie. Ma série de réflexions sur le réveil du protectionnisme chinois (qui n’est pas terminé et que nous retrouverons dès dimanche) rencontre un certain succès puisqu’elle a été reprise, entre autres, par Yahoo Actualités, Chine Informations et le site 01 Podcast qui propose son écoute en mp3. Mon analyse sur le socialisme chinois intitulée Wen Jiabao et les lendemains qui chantent a quant à elle été reprise sur le forum Swissant des Chinois expatriés en Suisse.

 

Salutations à tous mes lecteurs et merci pour votre fidélité !

par David L'Epée publié dans : éditoriaux
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Vendredi 6 avril 2007

 

Je serai, durant les dix prochains jours, dans l’impossibilité de tenir à jour le blog. En effet, ma famille vient me rendre visite en Chine, et nous allons faire un petit voyage du côté de Xian où il y a beaucoup de choses à voir. J’en ramènerai quelques articles et de nombreuses photos que je publierai sur ces pages à mon retour. Si tout va bien, le blog reprendra vie à partir du 15 avril. Je me réjouis de constater que vous êtes de plus en plus nombreux à venir virtuellement me rendre visite et je vous remercie de votre fidélité.

 

A mon retour, je vous proposerai de nombreux nouveaux textes : un compte-rendu de notre voyage à Xian, d’autres récits de mon séjour dans le Shandong, un entretien exclusif que j’ai eu avec l’auteur et réalisateur Dai Sijie (Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise), de nouvelles revues de presse, quelques mots sur l’art contemporain et la cuisine, la suite de notre série économique sur les questions de protectionnisme et le grand retour de notre rubrique littéraire.

 

D’ici là, je vous laisse un peu de lecture en vous renvoyant à quelques textes relatifs à la Chine dont la lecture m’a intéressé ces dernières semaines :

 

-          Ici Mayou et Neric sur le blog Made in Beijing nous racontent comment les médias chinois les ont utilisés pour la cause de l’ « ouverture olympique » ; une manière de faire qui m’a fait penser à mes propres expériences dans le domaine...

-          Ici, sur le site Vox NR, pour ceux qui s’intéressent à l’histoire antique et à l’anthropologie, une étude du très controversé Arthur Gobineau sur l’hypothétique présence d’Indo-Européens dans la Chine antique.

-          Ici le site Blog en Chine traduit et publie une analyse intéressante d’un certain Zhai Hua sur le statut de la langue chinoise dans le monde et ses rapports rivaux avec l’anglais et le français.

-          Ici le site de la Jeunesse SolidaritéS propose une traduction d’un article du journal pékinois Zhonguo Jingji Shibao qui parle de la recherche du juste milieu dans le domaine des moeurs sexuelles chinoises.

-          Ici l’éditorial du Quotidien du Peuple revient sur le parcours de Chirac à la veille de son départ de la présidence, où l’on apprend que les deux seuls points positifs que l’opinion chinoise aura retenu du personnage sont sa défiance envers les Etats-Unis et sa passion pour la Chine.

-          Ici le site d’archives révolutionnaires Chine Pop met en ligne, en français (format PDF) « Le Progrès en Spirale de l’Histoire », un texte très intéressant de Ho Yu datant de 1974.

par David L'Epée publié dans : éditoriaux
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Mercredi 14 février 2007

Dans les jours qui viennent auront lieu les festivités du Nouvel-An chinois, qui tombe cette année le 18 février. Nous partons fêter l’événement à Tianjin et je serai sans connexion pendant quelques jours. Je serai de retour à Dezhou (pour encore quelques jours avant de rentrer à Pékin) le 20 février, c’est-à-dire mardi prochain, et je remettrai le blog à jour à ce moment-là. Cette fois, la date ne devrait pas être repoussée : la connexion vers l’Europe semble s’être définitivement stabilisée après le séisme de Taïwan et je n’ai plus aucun problème d’administration sur le blog.

 

L’année lunaire qui finit est celle du chien, celle qui va commencer est celle du cochon – la mienne ! En effet, le cycle lunaire dure douze ans, et mon année de naissance (1983) était l’année du cochon. Il faudra que je trouve quelque chose de rouge à porter, il paraît que cela porte bonheur pendant son année (j’avais déjà évoqué la question dans le désopilant épisode de la subtilisation du drapeau rouge). Malheureusement pour moi et mes consorts, le gouvernement chinois s’est engagé à ne pas diffuser pendant toute l’année d’image de cochon à la télévision, pour ne pas heurter la minorité musulmane du pays...

 

A mardi et bon Nouvel-An chinois à tous !

par David L'Epée publié dans : éditoriaux
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Jeudi 1 février 2007

Cette fois, je crois que c’est bon, me revoilà !

 

Comme vous en avez peut-être entendu parler, il y a eu il y a plusieurs semaines un assez violent tremblement de terre au large de Taiwan qui, entre autres dégâts matériels (car il y a tout de même eu des morts), a endommagé des cables Internet qui reliaient la Chine au reste du monde. Pendant plusieurs semaines, nous avons donc vécu dans l’autarcie numérique la plus complète, et j’ai dû me résigner une bonne fois pour toutes à mettre mon blog en vacances sans même pouvoir laisser à mes lecteurs un mot d’explication. Veuillez excuser cet incident indépendant de ma volonté.

 

Depuis plusieurs semaines, je me trouve au Shandong, dans l’est de la Chine , et si à Pékin, il était encore possible de recourir à quelques stratagèmes techniques pour accéder à mon blog, c’était devenu ici véritablement impossible (à l’exception des ordinateurs des hauts fonctionnaires du Parti, petite anecdote savoureuse que je vous raconterai à l’occasion). Mais, enfin, depuis aujourd’hui, comme par miracle, tout fonctionne à nouveau, et l’Europe numérique m’est à nouveau accessible.

 

Je recommencerai donc dès demain à publier ici même, et je vous promets moulte nouvelles fraîches concernant la vie à l’extérieur de la capitale, notamment dans les villages pauvres de l’est que j’ai eu l’occasion de visiter. Nous retrouverons également le carnet de route de notre ami Noé qui nous parlera des festivités hivernales au Japon. Question festivités, c’est ici bientôt le Nouvel-An chinois, et il en sera également question. Nous aurons aussi quelques revues de presse insolites, des textes littéraires, et d’autres contributions.

 

Pour tous ceux qui m’ont écrit des e-mails ces dernières semaines (il y avait plus de 35 e-mails sur ma boîte ce matin lorsque j’ai enfin pu la rouvrir !), je vous promets de vous répondre dans les plus brefs délais, du moins dès que j’en aurai le loisir, entre une visite à un vétéran de la Révolution et une séance photo au spectacle du comité de quartier (oui oui, tout ça est au programme !).

 

A demain donc, bienvenue aux nouveaux lecteurs et re-bienvenue aux habitués !

par David L'Epée publié dans : éditoriaux
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Mardi 16 janvier 2007

Mes examens de janvier terminés (tant bien que mal), je suis maintenant en vacances pour le mi-semestre et pour le Nouvel-An chinois. Nous avons fêté cela avec mes 同学 (camarades de classe) dans un restaurant coréen où, cette fois, nous nous sommes abstenus de manger du chien, et nous avons fini la soirée dans le célèbre Bla-Bla Bar de l’Université de Langue et Culture Chinoise, où la bière est meilleure et moins chère qu’ailleurs – quand je dis meilleure, je veux dire que ce n’est pas de la Tsintao , ce breuvage coupé d’eau auquel je n’arrive pas à m’habituer et qui me donne des acidités d’estomac.

Comme nous voilà libres, Yiqi et moi, pour quelques temps, et comme le Nouvel-An qui approche est une fête familiale, nous allons dès demain passer quelques jours à Tianjin, chez sa grand-mère, où nous en profiterons pour visiter le musée de Zhou En-laï (qui a passé sa jeunesse dans cette ville) et déguster les fameux tian bin guo zi connus partout à la ronde.

Vendredi ou samedi, nous irons nous installer un moment à Dezhou, chez les parents de Yiqi. A partir de là, si tout va bien, je pourrai me reconnecter et reprendre la rédaction du blog. Si ça ne devait pas être le cas, attendez encore quelques jours, ça ne saurait tarder. J’aurai ainsi l’occasion de vous parler d’un endroit bien différent de Pékin, un lieu d’observation privilégié pour un 外国人 (étranger) comme moi car la présence étrangère, justement, y est beaucoup moins marquée, pour ne pas dire presque inexistante. Si nous en avons l’occasion, nous voyagerons aussi quelques jours dans une autre région ; je vous tiendrai au courant.

Vous pourrez donc vous reconnecter sans autre sur le blog vendredi ou samedi, je serai au rendez-vous. D’ici là, portez-vous bien et meilleures salutations à tous !

 

PS : Je signale aux intéressés que ma lettre « Je ne Hurlerai pas avec les Loups », publiée ici il y a quelques jours, a été publiée par son destinataire, Alain Soral, sur son site, ce dont je me félicite. Par ailleurs, la même lettre, publiée sur Agoravox, a totalisé au moment où j’écris ces lignes, 236 votes et 117 réactions et commentaires ! Il faut croire que du côté de la France , c’est un sujet chaud en ce moment...

par David L'Epée publié dans : éditoriaux
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Dimanche 31 décembre 2006

Une fois de plus, me revoilà en train de me préparer pour les cours, à 6h30, un beau matin de dimanche... En effet, comme on nous accorde trois jours de congé pour Nouvel An, on « compense » cette largesse sans précédent en travaillant (en étudiant, en ce qui me concerne) tout le week-end d’avant, comme c’était déjà le cas pour la Semaine d’Or, ce qui fait qu’au final nous n’avons qu’un jour de congé supplémentaire par rapport à une semaine habituel...

Mais quoi qu’il en soit, nous allons en profiter pour passer ces trois jours à Dezhou, la ville où habite la mère de Yiqi, afin que je puisse être présenté à cette branche-là de la famille. Dans cette intention, et afin de me soumettre aux traditions chinoises, je viens à l’instant de me raser intégralement le visage. Car ici, il est d’usage pour les jeunes hommes de se présenter à leurs aînés sous un jour imberbe ; c’est, paraît-il, une question de respect. Seuls les hommes mûrs ont le droit de porter la barbe (et ils sont peu nombreux à le faire) ; chez les jeunes, elle est interprétée comme un signe d’irrévérence et reste l’apanage des mauvais garçons. Pour moi, qui m’étais habitué depuis plusieurs mois à porter une barbe de quelques jours, ça me fait un peu bizarre, mais on a connu sacrifice plus exigeant – et cela fait partie du processus d’assimilation.

 

Je serai donc absent de Pékin trois jours, ce qui explique que je ne pourrai pas réactualiser mon blog avant mercredi soir ou jeudi. Quant à la rubrique littéraire dominicale, je la repousse à dimanche prochain. Inutile donc, de passer votre début de semaine à fixer désespérément votre page web en cliquant sur le bouton « actualiser » toutes les trois minutes, cela ne servira rien ; prenez plutôt votre mal en patience et sortez prendre l’air, ça vous fera du bien, ou même – soyons fou – fêtez Nouvel An, si cela vous tente.

 

Bonne et heureuse année à tous !

par David L'Epée publié dans : éditoriaux
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«  La Chine est excitante comme peut l’être pour un physicien une équation majeure à poser et à résoudre. »

 

(Guillain Robert, Dans Trente Ans la Chine )

 

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