
CHRONIQUES D'UNE ANNEE A PEKIN, NOUVELLE CAPITALE DU MONDE



La Fête de la Lune, appelée aussi Festival de la Mi-Automne dans la traduction, est certainement la fête traditionnelle la plus vivace aujourd’hui en Chine. Consacrée à la famille, elle consiste avant tout, pour les Chinois, à profiter de la semaine de vacances nationales d’octobre pour passer du temps en famille, quitte à devoir traverser le pays dans des trains bondés pour l’occasion. On y déguste aussi de petits gâteaux confectionnés spécialement pour l’occasion, que j’ai eu l’occasion de goûter, et dont certains sont délicieux – d’autres un peu plus surprenants pour nos goûts occidentaux…



Comme il y a de nombreux étrangers dans mon université et que nous ne sommes pas en mesure, comme le voudrait la tradition, d’aller rejoindre notre famille, la direction a organisé à notre attention une soirée musicale, pour que nous aussi soyons à la fête. Le concept était assez intéressant : proposer aux étudiants et autres collaborateurs de l’Université de présenter des productions musicales de leurs pays respectifs.




Je vais voir de quoi il s’agit. On a dressé une grande scène devant le bâtiment principal, on a pendu de gros lampions rouges, et on a décoré les arbustes de petits ampoules clignotantes qui font plus penser à Noël qu’à une fête d’automne – d’autant que l’automne ici à tendance à ressembler à un écrasant été indien. Après des discours officiels auxquels je ne comprends pas grand-chose, les festivités sont ouvertes. Des danseuses chinoises vêtues de ravissantes et longues robes blanches (voir photo) agitent des rubans rouges ; la chorégraphie est très simple mais du plus bel effet. Ce sont ensuite des femmes et des hommes du peuple Miao (une minorité ethnique chinoise) qui se produisent, avec des costumes flamboyants et d’impressionnants maquillages – je n’ai malheureusement pas pu prendre de photos, par manque d’éclairage.




La partie intéressante du spectacle s’arrête là, car les artistes suivants sont deux Chinois pédants et larmoyants qui nous interprètent un slow tout ce qu’il y a de plus industriel avec des effets de trémolo à bailler et un jeu de scène digne de l’Eurovision – l’Asiavision, est-ce que ça existe ? Puis c’est un groupe multiculturel, avec des Jaunes, des Blancs, des Noirs, en t-shirt de l’Université, qui entament des chœurs de boy-scouts en mimant des mouvements de foule, dans une sorte de comédie musicale de fête de paroisse. A ce stade, je commence à être fatigué et je rentre finir mes zùo ye…



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(Guillain Robert, Dans Trente Ans